vendredi 30 mai 2008

Poste restante

Jules : tu t’y es mal pris Nico
Moi : ah ouai ?! et comment aurais-je du m’y prendre ? « Salut ! j’voudrais un carnet de timbres, un recommandé avec accusé de réception et sortir avec vous s’il vous plaît ».
Jules : mais tu ne te rends pas compte… ce mec reçoit une carte, sur son lieu de travail, avec inscrit dessus : « je vous trouve charmant mais je ne sais pas comment vous aborder » ya de quoi prendre peur.
Moi : moi j’trouve ça plutôt romantique, en tout cas j’aurais appelé ou envoyé un mail juste par curiosité
Jules : C’est déjà un signe Nico s’il n’a pas répondu. En plus, si c’est le mec que j’ai vu l’autre jour, je ne sais vraiment pas ce qui te plaît chez lui, il est vraiment commun
Moi : et bien à moi il me plaît, je lui trouve beaucoup de charme, j’aime son regard et son sourire quand il daigne sourire évidemment
Jules : et qu’est-ce que tu comptes faire maintenant ?
Nicolas : demander un formulaire de transfère d’adresse et espérant tomber sur lui au guichet quand je le remplirais. Au moins il fera peut-être le rapport entre moi et la signature de la carte.
Jules : tu veux que je te dise Nico, il te manque vraiment 2 ou 3 semaines de cuissons.

mercredi 21 mai 2008

Les lois de l'attraction

Il y a trois ans (environ), je suis tombé amoureux dingue de mon opticien. Ce n’était pas un canon de beauté, mais je lui trouvais un charme fou. Je me surprenais le matin à passer devant la vitrine du magasin et faire en sorte que nos regards se croisent. Cela arrivait assez souvent… je voyais dans ses yeux plus d’interrogations qu’un réel jeu de séduction. Les méandres des idées qui traversent l’esprit humain sont telles les voies du Seigneur… impénétrables. J’ai finit par coller un jour sur la vitrine du magasin, juste avant qu’il ne ferme, une feuille A4 avec un smiley qui disait : « si tu veux te faire offrir un verre, appelle-moi » ; oser ne demande qu’un moment d’embarras (et un peu de scotch). Il ne m’a jamais appelé, et pour cause… Quelques semaines plus tard, en reprenant ma voiture, je le vois s’approcher de moi, rouge pivoine, manifestement gêné mais, de ce côté-là, je n’avais rien à lui envier. Je me doutais bien qu’il n’allait pas me proposer un plan « sous-sol de parking ». Il était juste garé à côté de moi. Chacun essayait tant bien que mal de trouver la serrure de la portière. Puis il s’est retourné et il m’a dit : « Je suis navré, je ne suis pas homo ». Je n’imagine même pas les efforts que ça à du lui demander de me dire ça, moi qui avait joué la carte de la lâcheté avec mon morceau de papier et mon ruban adhésif. Je suis resté bouche bé. J’ai du balbutier un truc du genre : « heu… bhein… c’est pas grave… j’suis désolé ». Il est parti et à l’arrière de sa voiture, j’ai vu deux sièges pour enfants ! Et dans ma tête résonnait cette petite phrase : « La honte putain ; putain la honte ! ». Si cette anecdote me revient à l’esprit et qu’elle me fait sourire c’est que je suis sur le point aujourd'hui de me ridiculiser de nouveau avec mon postier.

dimanche 18 mai 2008

Nombre d'Or

Je voudrais être telle la pyramide de Chéops, le temple de Salomon ou encore le Parthénon. Je voudrais être un tableau de la renaissance, une église romane dont il a donné les proportions. On dit que tout ce qui est bâtit sans respecter ce rapport précis quelque part finit par s’effondrer. Pourtant il y a bien un moyen que les proportions précises qu’il donne et qui permettent de peindre, sculpter m’aide également à construire ma vie. C’est un secret millénaire. Ce nombre est-il un produit de l’imagination humaine ? Il se vérifie pourtant dans la nature : dans le rapport d’écartement entre les feuilles des arbres afin d’éviter que, mutuellement, elles ne se fassent de l’ombre, dans le nombre qui définit l’emplacement du nombril par rapport à l’ensemble du corps humain. Seulement voilà même avec la formule est-il possible d’enrichir son existence par les forces cachées qu’il recèle ?


( 1 + √ 5 ) : 2 = 1, 618033988
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mercredi 14 mai 2008

Quand Cannes...

... commence son festival, c’est la fête au bling-bling, lunettes noires, sacs Vitton, petits crâneurs bobo, starlettes de pacotille. Des rues surchargées d’affiches, des palmiers qui ploient sous les lumières, des caméras à l’affût et des appareilles photos qui crépitent… la ville n’en peut plus… comme elle, je fatigue sous ce tape à l’œil excentrique. La croisette ressemble pendant deux semaines à une foire au « m’as-tu vu », le bord de mer sera à l’issue de cette mascarade un vrai dépotoir, laissant giser sur son sable des sirènes siliconées en manque de cocaïne pour supporter l’âge de leurs écailles fanées. Aujourd’hui ça commence et pourtant, encore hier, sur la croisette, au soleil couchant, sous les bruits des voitures et autres klaxonnes, je l’ai vu seul sur la plage, ce garçon habillé en noir et je n’ai plus entendu que le bruit des vagues.


mardi 13 mai 2008

Evidence : mot de l’ignorance


Marlène : P’tain Nico, j’ai vraiment pas la forme en ce moment
Moi : c’est passager sans doute ?
Marlène : oui peut-être, je n’en sais rien, ça fait un moment que ça dure
Moi : tu devrais te bouger un peu, faire du sport, sortir, voir du monde
Marlène : oui, c’est certain, je ne devrais pas me laisser bouffer par mon boulot comme ça
Moi : tu manges bien au moins ?
Marlène : je mange trop surtout
Moi : et ton sommeil, il te permet de récupérer ?
Marlène : oui… enfin… il faut juste que…
Moi : « il faut juste… » que quoi ?
Marlène : il faut juste que je pense bien le soir à ne pas prendre mon laxatif en même temps que mon somnifère
Moi : ?!?

vendredi 9 mai 2008

Hydrométrie

La confiance se gagne au goûte à goûte...
... mais elle se perd en litres
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vendredi 2 mai 2008

Des cadences du plaisir – Part. 3

Lui : Nous ne devrions pas rester ici.
Moi : vous semblez bien sûr de vous
Lui : je vous ai observé depuis votre arrivée. C’est la première fois que vous venez ici.
Moi : c’est une question ?
Lui : non
Moi : et vous, c’est la première fois ?
Lui : oui
Moi : Vraiment ?!?
Lui : non ! (il éclata de rire)
J’eus l’autorisation de me retourner une fois que son étreinte se fit moins forte.
L’appréhension fut de courte durée quand j’aperçu le visage latino et plein de charme de ce mec habillé en Armani (un peu too much peut-être). Plus grand et plus large que moi, il me souriait et commençait déjà par me ramener à l’étage supérieur : « on monte » me dit-il. Il me tenait la main comme si nous nous connaissions depuis des mois ! Toujours en me tenant la main, il regardait dans les pièces ouvertes celle qui nous conviendrait le mieux (c'est-à-dire : libre). Les pièces ressemblaient beaucoup au vestibule, sauf que les canapés avaient une assise beaucoup plus large (tiens donc !). Nous avons fini nos verres. Une hôtesse est entrée. Elle a déposé un linge prêt de nous. En débarrassant nos flûtes vides, sa poitrine était si proche de mon visage que je me suis demandé un instant si je devais lui glisser avec les dents un bifton entre les nibards. J’avais un peu peur qu’elle reste aussi !
Lui : tu as quel âge ?
Moi : est-ce si important ?
Lui : (sourire) non, pas vraiment.
Il s’est approché avec timidité de mon visage en disant : « Je peux ? » : trop craquant, à l’opposé des préjugés que je pouvais avoir des personnes qui fréquentent ce genre de lieu surtout que maintenant, j’en faisais partie. Il a commencé à m’embrasser avec une onctuosité incroyable. Il dégagea la chemise de mon pantalon avec une maîtrise totale de la situation et dans le respect de mon corps. Il déplia le linge assorti qui s’étendit dans une quasi perfection sur le canapé. J’étais dans un autre monde. J’étais simplement transporté par le moment présent, l’exotisme de sa peau, son toucher et certains mouvements sauvages parfaitement contrôlés. Je laissais ses lèvres épaisses envelopper ma bouche tandis que sa langue la pénétrait. Jamais on ne m’a mis un préservatif avec autant de dextérité. Cela n’aurait pas cassé le charme, j’aurais presque eu envie d’une leçon. Je fus en lui à deux reprises mais il n’y eu aucun temps mort dans nos étreintes ; purs moments de jouissance sur le temps suspendu de l’éphémère. Il me rhabilla avec le sourire. J’ai pris autant de plaisir dans ce moment délicat que quand il ôta mes vêtements. J’étais comme subjugué par sa patience et cet « after » respectueux. Nous avons pris un dernier verre en bas, il m’a tendu une carte de visite avec uniquement un numéro de téléphone en caractère gras. « Ne prends pas cette peine, je n’appellerai pas » lui dis-je. Compréhensif et pas surpris, il a souri… j’ai presque eu un remord. Je l’ai embrassé tendrement dans la douceur de ses bras épais et j’ai regagné le hall d’entrée… peut-être sous son regard. L’homme qui m’avait accueilli m’a demandé si je comptais revenir, ce à quoi j’ai répondu « Pourquoi pas ?» avec des yeux qui lançaient des points d’exclamation. Il a pris mes coordonnées et quelques jours plus tard j’ai reçu un pli scellé opaque. A l’intérieur il y avait une sorte de bulletin d’adhésion avec un montant qui me fit vite comprendre que Karim m’avait fait un joli cadeau ce soir là, mais aussi quelques flyers et une dizaine de cartes de visite blanches avec dessus mon numéro de portable… en caractères gras.
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