jeudi 31 juillet 2008

Open your mind

Parfois, j’ai du mal à croire que ce grand mec baraqué ait pu être, il y a encore peu, à la limite de l’homophobie. Je me rappelle qu’au collège et même au lycée, ce genre de macho invétéré qui porte l’hétérosexualité à son paroxysme, qui charme les minettes en rotant leur bière bruyamment et surtout qui sont capables sur un coup de nerfs de vous faire rentrer un type tout entier dans une coquille de pistache, m’ont toujours témoigné une affection bienveillante et sans préjugés. C’est le cas de Maxence, qui m’en sort parfois des cocasses. C’est souvent l’occasion d’éclat de rires devant un bon chawarma que j’aurais, du coup, un peu de mal à digérer. Je crois aussi que c’est la libre expression qu’on laisse aux autres qui fait qu’ils se sentent à l’aise. Au départ, quand il ponctuait à la place de points ou de virgules ses phrases par des « p’tain d’enculé » ; « ce pédé », « cette tafiole » et autres allégories d’une haute qualité littéraire, il me faisait un signe de la main pour bien montrer que cela n’était pas dirigé contre moi. Désormais, il ne prend même plus cette peine, puisque maintenant comme avant cela ne me touche pas. Parfois, il me sidère par ses questions et sa sincérité, morceau choisi :

Maxence : attends, honnêtement Nico, j’ai vraiment du mal à imaginer un homme avec la bite d’un autre dans la bouche.
Moi : ah bon ?! Mais, ta bite dans la bouche de ta copine, ça ne te pose aucun problème
Maxence : mais je sais qu’elle aime ça !!
Moi : ah vouai ! bhein moi aussi j’aime plutôt ça
Maxence : heu, mais il y aussi, enfin tu sais quoi… la sodo et tout ça quoi
Moi : c’est effectivement une zone érogène, tu devrais essayer. Tu sais, le sexe pour moi c’est comme la bouffe : du plaisir, des nouveautés… en plus pour apprécier il faut déjà goûter et en ce qui me concerne je ne suis pas difficile : j’aime tout !
*
Si l’homme ne change pas, il est tout de même capable d’évoluer et ça, c’est plutôt rassurant.
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lundi 28 juillet 2008

AnaCROCnisme


Cette tendance à avoir de l’avance sur les évènements est bien plus énervante qu’ostentatoire. Si je passe la plupart du temps pour un petit « nerveux », il apparaît pourtant clair, que je fais preuve d’une nonchalance s’accentuant avec l’âge. Peut-être pour freiner le rythme de ma vie finalement ? J’ai toujours eu cette impression frustrante que j’arrivais dans l’existence des autres beaucoup trop tôt. Quand je dis trop tôt, je ne parle pas en heures, semaines ou mois… mais bien en années ! A la trentaine, je me suis demandé si je n’en demandais pas un peu trop aux autres ainsi qu’à moi-même ? Si je n'avais pas une vision trop idéaliste des concepts comme l’Amour, la vie à deux, la vie de famille ? Un garçon, qui ne se voulait pas vexant mais qui pourtant a piqué ma sensibilité, m’a dit récemment : « Tu ne sais pas très bien ce que tu veux, je pense ». Et cela m’a fait réfléchir car je ne me suis jamais considéré parmi les personnes qui ne savent pas ce qu’elles veulent, savent à peine ce qu’elles ne veulent pas mais qui en attendent toujours plus. Je crois que l’expérience m’a mis dans une phase de latence. A force d’entendre des phrases du genre : « Je ne suis pas prêt », « c’est trop tôt », et blablabla… j’ai finit par attendre le bon moment pour les gens que j’aimais et ce parfois pendant des années, anéantissant pas mal d’opportunités qui au fond ne me manquent pas. Quelques dindes aux marrons plus tard et autres St Sylvestre foirées, des SMS, appels téléphoniques, Emails, me rappellent à l’ordre. Quand j’ai la chance comme récemment qu’ils tombent tous la même semaine, ça me met dans un état de nervosité bizarre. J’ai l’angoisse facile, les larmes me montent aux yeux sans savoir quelles émotions mettre dessus. A celui qui m’a dit un jour que je ne savais pas ce que c’était qu’aimer, je pourrais aujourd’hui lui répondre : « je crois que si toi tu l’avais su, tu ne m'aurais pas fait poireauté».

dimanche 20 juillet 2008

Oh my god(e)


Dans ces moments-là, je me débecte. J’étais sorti dans la ferme intention de m’acheter mon premier jouet sexuel comme on passe chez l’arabe du coin pour une boite de Mikado afin de palier une petite faim. Je ne savais pas encore quel aurait été le model, la taille, la couleur, etc. de l’engin mais je me doutais bien que le choix ne manquerait pas de toute manière. Pas de bol, le sex-shop était fermé. Ce ne fut pas une grande déception. Du coup, je me suis rabattu sur le premier établissement affichant un drapeau multicolore. Une fois entré, j’essais d’afficher quand même un comportement évocateur pour qu’il n’y ait aucune équivoque sur ma présence ici. De beaux corps, de charmants visages, des sourires engageants… bref, quelques poissons dans le bocal. Pourtant, je ne me sentais pas trop l’aura d’un séducteur et j’étais plutôt en panne d’affection plus qu’autre chose. Le souci souvent, c’est que ceux qui sont prêts à vous la donner ne sont pas ceux de qui vous aimeriez la recevoir. Au moment même ou l’accroche victorieuse de nos regards s’est engagés avec un bel Italien, un Belge qui ne failli pas à sa réputation de buveur de bières est venu s’asseoir à côté de moi pour me blablater en flamant des choses qui auraient été dans un autre contexte certainement très intéressantes (si c’est toutefois possible) mais qui ici, anéantissaient toute chance de parfaire ma culture Latine. L’autre, intarissable sur ses multiples qualités et biens immobiliers m’a finalement obligé à courir derrière mon Apollon et lui écrire mon numéro de téléphone sur une cigarette à l’aide d’un stylo emprunté au Kebab d’en face : vraiment grotesque ! ! ! Il y a des soirs où la fierté personnelle prend un bon coup de botte derrière les oreilles puisque c’est là que j’ai finit par me la mettre.

vendredi 18 juillet 2008

Gay-lurés !

Sortir avec eux, c’est risquer voir sa réputation de garçon sage en prendre un coup ; de toute manière je ne pense pas vraiment avoir cette réputation là. Intronisé par Sèb, j’ai fait la connaissance de Jérèm et Kahlid. A eux trois, j’ai nettement l’impression d’avoir un remake d’un film entre : Priscilla folle du désert, Boy Culture ou encore The Broken Hearts Club. Ils sont sans pitié et en quelques secondes ils démontent une personne en deux trois phrases assassines pour le rhabiller pour un hiver qui sera manifestement rude. Hors de question de jouer « sa » susceptible sans quoi on rentre chez soi en pleurant et en se rongeant les ongles. Ils les ont toutes dans le crâne et ils ont bien compris que "dans la gêne, il n'y a pas de plaisir". Puis, il faut bien l’avouer, au fond (il faut plonger un peu profond quand même) ils sont attendrissants. Il est bien ici le piège. Entre les sorties, les verres (0 C° d’alcool : ça me change !), partie d’Uno, je me suis abandonné dans la douceur bienfaisante qu’ils dégagent à leur façon : un regard, un geste tendre… des gestes trop tendres parfois. Finalement, la Blogosphère a du bon ; rencontrer ceux qui ne sont qu'une suite de mots sur un écran et être surpris car ils dépassent largement l'idée que l'on s'en faisait. Maintenant "ya" plus qu'à attendre la prochaine sortie "ma fille".

samedi 12 juillet 2008

Alien


Bien sûr, je pourrais emprunter le bord de mer, mais cette longue rue qui traverse la ville de part en part me fascine autant qu’elle me fatigue. C’est une jungle urbaine où la faune éclectique cache le vide sous les apparences qui brillent. On passe de la mamie qui vous bouscule mais à qui il faudrait dire « pardon » sous peine de se prendre un coup de parapluie Prada bien placé à la bimbo aux lèvres difformes bourrées de collagène injecté au pistolet à colle et à la peau du cul tellement tendue par le dernier lifting à la mode qu’elle ne sait plus comment marcher avec ses talons ; d’une petite pute de 14 ans dont le seul problème existentiel est de retrouver ses lunettes Gucci dans un sac Vuitton décidément trop grand au mec « métro » qui ne supporte pas d’être maté (mais qui adore ça quand même) et qui sort son regard 22 long rifle en bandant comme une bête. Parfois, je me surprend à rire en imaginant tout ce petit monde sous la forme de primates déambulant dans la forêt équatoriale. Dans ce microcosme du luxe les règles de conduite et de séduction me font regretter certaines villes d’Europe et d’ailleurs où j’ai vécu. Alors je m’évade, je redécouvre les voyages en train, le nez à la fenêtre, les écouteurs dans les oreilles, un bouquin ou un stylo dans les mains. J’adore les gares, les aéroports … je m’y sens comme sur mon territoire quel que soit la ville ou le pays, moi, qui pourtant n’habite nul part. C’est étrange quand j’y pense, de me sentir aussi bien dans les zones de transit alors que j’ai l’impression que ma vie sera un cul-de-sac tant que mon cœur ne se posera pas en même temps que ma valise. Peut-être que je ne voyage pas assez loin… puisque l’amour reste définitivement pour moi un concept extra-terrestre.

jeudi 3 juillet 2008

La gravité n’existe pas


En me levant ce matin là, je me sentais … comment dire ? Dissolu…, ma tête devant le miroir ressemblait plus à un Picasso qu’à la mienne. Je ne me sentais pas très bien mais ça allait. Je me demandais quelle nuit j’avais bien pu passer et si elle avait été vraiment reposante. J’émis un léger grognement de lassitude avec des manies très masculines, en baissant lentement les yeux vers le bas de mon corps. Comme bien souvent (et ça, ce ne peut-être que masculin), elle était levée avant moi. Du coup, j’hésitais maintenant entre un petit plaisir en solitaire ou une longue douche dépurative. J’optais pour la première option en me disant d’une part que cela ne me priverait pas de ma douche (l’inverse étant moins évident) et d’autre part, parce que la masturbation à ce pouvoir fascinant de répondre aux fantasmes les plus lubriques en éprouvant parfois plus de plaisir seul qu’avec quelqu’un. Oté d’une frustration, je la remplaçait par une autre : « Qu’elle sera ma journée si je n’agis pas ? Sera-t-elle réduite à néant ? ». La douche m’a fait du bien, mais je sens que j’ai mal au cœur. Une remontée acide du passé qui n’a rien à voir avec les bières que j’ai éclusées la veille. Décidément, je retrouve dans le Sud de la France, une autre Californie, avec des émotions ambivalentes que je savais gérer là-bas mais pas ici. Quand je drague ici, j’ai l’impression de faire le tapin. Je n’aime pas l’image que cela me renvoie, ça m’inhibe, ça m’énerve. Pourtant, en sortant ce soir là, je savais que je ne rentrerai pas seul. En quelques instants… il m’a fait planer et j’ai traversé une nouvelle fois l’Atlantique. Comme d'hab le vol est prodigieux et l'atterissage catastrophique.
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