vendredi 30 novembre 2012

Il n'y a pas de mal à...


« L’érection du matin est une manifestation d’optimisme d’un pathétique sans égal […] et voilà que comme une horloge bien réglée, ma queue sort fièrement de ma braguette, désespérément inutile, et se dresse pour saluer le jour nouveau. Ainsi donc, chaque matin, je me retrouve face au même dilemme : pisser ou me branler. C’est à peu près le seul moment de la journée où j’ai l’impression d’avoir le choix. » 

Jonathan Tropper - "C’est ici que l’on se quitte"

dimanche 11 novembre 2012

Feed (me) - Back


Il était 10h01 quand j’ai refermé le bouquin sur ses dernières lignes. J’hésitais entre aller prendre ma douche ou un autre café. Je me suis mis l’album « White Ladder » de David Gray et j’ai repensé à ce mot « bromance* » en me demandant si j’en serai capable avec celui qui m’aurait certainement demandé comment je connaissais cette expression si je l’avais utilisée en sa présence. Bref, tout ceci est du passé, inutile de ressasser, chacun à sa vie maintenant ; pourtant et pour des raisons que j’ignore, il reste un point de référence à tout ce que je peux vivre.



Michael : Il ne va pas tarder. Il met un point d’honneur à rentrer tôt quand il a rendez-vous avec un copain de jeu. 
[…]
Mary Ann : Avec un quoi ?
Michael : Un copain de jeu. Un daddy bandant qu’il a rencontré au YMCA. 
[…]
Mary Ann : Comment tu fais ?
Michael : Comment je fais quoi ?
Mary Ann : Pour ne pas être jaloux ?
Michael : Qui a dit que je ne l’étais pas ?
Mary Ann : Alors pourquoi tu acceptes ? 
[…]
Michael : On s’est mis d’accord là-dessus il y a des années. Pour moi, c’est le prix à payer. 
[…]
Mary Ann : Sérieusement, Mouse. Pourquoi ?
Michael : Parce qu’un mec sait comment les mecs fonctionnent. 
[…]
Mary Ann : Mais si deux personnes s’aiment, si elles se marient, bon sang…
Michael : … eh bien, elles ont le bon sens de ne pas bazarder leur relation à cause d’un coup de queue. Elles savent qu’il y a des choses bien plus importantes. 
[…]
Mary Ann : Mais il doit y avoir des règles Mouse. Il le faut.
Michael : On en a. Transparence totale, pour commencer. Ensuite on se retrouve au lit ensemble à la fin de la journée. On s’est engagés pour la vie et notre cœur est exclusivement réservé à l’autre. Comme ça, on a l’amusement et la constance. Si la monogamie prime sur la fidélité, on est sûr de souffrir. Ce sont les mensonges qui te démolissent, pas le sexe.



* Néologisme : Brother et Romance
Extrait : Armistead Maupin – “Mary Ann en automne”
Music : David Gray – “Please forgive me” 

samedi 3 novembre 2012

A la r'tourne


C’est dingue comme ce tableau me parle, il me semble s’agir, en toute modestie, d’un portrait de moi… en ce moment… au saut du lit… une tasse de café fumante dans la main droite qui va me bruler les lèvres dans les secondes qui vont suivre… la main gauche apaisant quelques démangeaisons matinales exclusivement masculines, devant le miroir,  essayant de me (re)modeler une image à peu près présentable que la fatigue transforme en Kandinsky et autre Mijo tant mes nuits ne sont plus reposantes et mes journées longues, longues… très longues…  


« C’est long l’éternité… surtout vers la fin » – Pierre Dac

Tableau : “Morning Brew” - Krink on Watercolour paper 2012

lundi 29 octobre 2012

Uhm ?!?



Lui : Bon weekend !!!
Moi: C'est lundi connard !

mardi 16 octobre 2012

L’arc et la flèche



Il y a cet article ici… Je n’ai pas tout compris, c’est une habitude chez moi, une marque de fabrique. Je ne sais pas ce que l’auteur a ressenti, mais je sais ce que j’ai éprouvé à la lecture de ses mots qui faisaient écho sur un passé que j’ai mis du temps à apaiser. Je ne sais pas l’image qu’ont de moi les lecteurs de ce blog quand je raconte mes petites rencontres, mes aventures sans suite, mes fantasmes sur des mecs que je pense inaccessibles, mon manque de confiance en moi ou à l’inverse une assurance mal dosée et qui donne lieu à des quiproquos, des rencontres improbables, des situations insolites… des échanges qu’ils soient « flop » ou « top ». Manu me demande souvent si au final, toutes ces tentatives relationnelles qui se terminent avant d’avoir commencées ne finissent pas par me désespérer ; et bien non. Quel que soit le retour que j’ai de l’autre : positif, négatif, amusé, flatté, gêné, c’est ce qui peut m’arriver de mieux. J’aime aller au contact de l’autre… j’aime d’autant plus ça maintenant que je suis complètement décomplexé, mieux dans ma peau, dans ma vie et je pense que je ne pourrais plus autant souffrir pour quelqu’un que dans le passé. Je me sens plus indépendant, il est plus difficile de me décevoir mais il est encore toujours possible de me surprendre. La déception est souvent question d’amour propre d’ailleurs ; penser que l’on n’a pas été en mesure de retenir quelqu’un, de le faire changer, d’être « le bon » celui dont il ne pourrait plus se passer. Parfois, c’est juste que l’on tombe sur des tordus, il ne faut pas confondre, ce n’est pas décevant, c’est pathétique… pour eux. Dans la vie, il y a des histoires, des longues, des belles, des courtes, des merdiques, des passionnantes. A terme, elles nous amènent toutes quelque part et nous apprennent beaucoup sur nous même, c’est en ça que je pense qu’il n’y a pas de hasard : « Une flèche ne peut-être tirée que si l’on bande l’arc en arrière aussi, quand la vie nous tire en arrière vers les difficultés c’est souvent pour nous propulser plus loin ».
    


Musique : Abra Moore - Into The Sunset
Photo : RyanGander - "Ftt, Ft, Ftt, Ftt, Ffttt, Ftt..."

jeudi 11 octobre 2012

Tchau !!

Lui : Je suis un hétéro endurci. 
Moi : C'est un bon début. 

Ce n’est pas très drôle au fond, mais cela m’a fait sourire d’apprendre que le mec abattu à Strasbourg et moi avions quelque chose en commun : notre coiffeur… à bien y réfléchir, je préfère que ce soit lui qui y soit passé plutôt que mon coiffeur (qui soit dit en passant est loin d’avoir le look d’un jihad islamiste) car on ne s’imagine pas la difficulté de trouver quelqu’un qui, sans lui donner aucune indication, vous fait la coupe qui va vous changer de gueule... en mieux. Ainsi, on peut se prendre une casquette mémorable avec un beau Brésilien sans aucun regret ; d’une part avec une jolie coupe, d’autre part parce que c’est un client (toujours délicat à gérer ces histoires-là) et pour finir car s’il n’avait pas été hétéro j’aurais encore été capable de le suivre au Brésil au moment même où je viens d’acquérir un appartement. Quelque part je suis soulagé de ne pas à avoir à mélanger mon espagnol avec l’apprentissage du portugais (c'est la seule excuse que j'ai trouvée pour faire mon micro-deuil... elle en vaut d'autres).  Certaines personnes sont vraiment ambiguës  elles vous tripotent toutes la journée (que je te passe la main bien en bas du dos, que j’entrecroise mes doigts avec les tiens quand je te serre un verre, etc.), viennent vous séduire et charmer, pourquoi ? J’en sais trop rien… mais sensible à la séduction (qui rime avec con) je me fais prendre comme une mouche sur un ruban de glue. J’aime bien ça vivre avec des fantasmes, c’est parfois moins décevant pour peu que l’on sache gérer la frustration. Donc demain, je ramène mon Latino à l’Aeropuerto  à l’heure de l’apéro puis retour au boulot pour oublier la gamelle : je sais ça ne rime pas, c’est un peu l’histoire de ma vie d’ailleurs… au début c’est toujours bien et vers la fin… ce n’est pas un happy end... comme quoi, il n’y a pas de « chute » heureuse. 

dimanche 16 septembre 2012

vendredi 7 septembre 2012

Rétrospective - Part.9



« Le chevalier est tombé du cheval, le totem est rongé par les vers et on doit sans cesse réinventer la machine à vapeur – seul le lever du soleil reste fidèle à lui-même. »
Katarina Mazetti "Le mec de la tombe d'à côté"

Circonspect, c’est l’état dans lequel j’étais après avoir lu la carte laissée à son départ. Au recto, une image en noir et blanc d’un autre temps, au verso, des mots choisis, un style, un phrasé. Au point final, dans un levé de sourcils,  j’en étais venu à m’interroger si nous allions nous revoir ou pas. Le livre, laissé sous mon oreiller, était-il lui aussi un message par son contenu ? L’inconscient est souvent le complice de la lâcheté. Bien que n'appartenant à aucun réseau social, il fallut être bien naïf pour croire que je ne sache pas ce qu’il s’y échange. Mon dernier texto, lui demandant de s’expliquer sur la personne avec qui il apparaît en couple sur sa page est resté sans réponse. Dans la foulée, je lui aurais bien écrit, histoire d’expier un peu de colère, qu’il s’était bien foutu de ma gueule durant les trois semaines qu'il a passés chez moi, mais ce serait peine perdue tant ce genre d’individus s’arrange plus facilement avec sa conscience que moi avec ma déception. À bien y réfléchir, je suis également fautif. J’ai bu à la fontaine des belles paroles et me laissant avoir candidement avec la passion d'un jouvenceau qui aurait patienté trop longtemps. L’usure ? L’habitude ? L’expérience ? J’en sais rien… mais le plus dérangeant c’est que ça ne me fait pas grand-chose en fait, je me demande même jusqu’à quel point ça m’arrange.  La blessure est peu profonde et honnêtement, elle tient plus de l’amour-propre que de l’amour tout cours. Pourtant, dans ce genre d’état où l’autre repart sans se retourner, satisfait de ses belles flambées de fornications estivales, je ne peux m’empêcher de me tourner vers le passé, vers celui que j’ai aimé, je pense à lui, je refais un peu notre histoire. Je sais, il ne faudrait pas et je connais trop bien le mot clinique pour ce genre de comportement voire de perversion. Je ne suis pas sûr que ce soit pathétique, c’est en quelque sorte rassurant… car là au moins, je connais la fin. Et ça m’apaise, pour être honnête c’est parfois la seule chose qui me permet de trouver le sommeil. Pour se consoler, rien ne vaut quelques projets, prendre soins de soi. Aussi, j’ai acheté mes billets d’avion ; je me suis dit, tant qu’à prendre des coups autant que cela soit des vrais. Cet hiver, je partirai donc en Asie pour mon entrainement de boxe, histoire de troquer un gros cœur qui pompe dur contre deux poings qui cognent fort.




Musique : Archive "Silent" 

lundi 3 septembre 2012

No Comment



Cannes, rue d'Antibes, Août 2012 


Marseille, quartier du Panier, Septembre 2012



jeudi 23 août 2012

Jusqu’à ce que vie s’en suive


La semaine dernière, tellement excédé par tout, j’aurais pu répondre à n’importe quelles questions en utilisant seulement mon majeur. Je ne suis pourtant pas très famille, je ne sais pas si c’est l’âge qui veut ça ou une certaine disposition d’esprit mais, voir mes Parents, ma Sœur, mon filleul et ma nouvelle petite nièce, m’a fait le plus grand bien. Je n’ai pas pu m’échapper très longtemps de mes obligations et je reste sur l’impression d’avoir passer la majeure partie de mon temps dans le train. Hormis, les sempiternelles querelles mère/fille qui entretiennent d’une certaine manière les coutumes latines, cette pause dans la saison m’a été très bénéfique. Cela me rassure sur mes facultés à éprouver des sentiments car il m’arrive parfois d’en douter… De retour chez moi et comme je l’ai fait dans les transports en commun, je regarde pour la énième fois quelques photos de mon filleul et de moi, avachis dans le canapé, regardant un épisode des Barbapapa. Puis, j’envoie un Email à mon Père listant les contenances des tonneaux de vin ; mon beau-frère est incapable d’en ouvrir une bouteille, il ne jure que par la bière, le plus souvent avec « ses copains », du coup si on veut boire du pinard, on apporte le nôtre ; pour des mecs du Beaujolais comme nous, c’est un coup dur mais pour un mec du Sud-ouest comme lui, c’est une aubaine. Ce ne sont pas des reproches, j’ai souvent serré les dents et les poings dans ma vie alors que maintenant, je me sens à même de faire des compromis. C’est peut-être de l’indifférence en fait, ce serait moins honorable mais tout ce qui peut éviter les conflits est bon à prendre. C’est étrange… j’ai moins peur de l’avenir.


Soyons précis : 

« Beaujolais »

Pièce : Capacité totale 216 L.
Feuillette : Demi-pièce 108 L.
Quartaut : 1/4 de pièce 54 L.

vendredi 17 août 2012

Monochrome


« Le bonheur, c’est tout ce qui arrive entre deux emmerdements... » Jean-Baptiste Lafond

Il y a des moments dans la vie où l’on devrait faire abstraction de tous les problèmes collatéraux pour enfin profiter de ce que l’on attendait depuis longtemps : une rencontre, une vraie ; celle qui résonne et étend ses ondes vers un avenir qu’on espère serein. Puis, il y a la réalité, un boulot qui m’épuise, des conflits professionnels qui remplissent de pleines pages d’un catalogue d’incompatibilités. Cet investissement dans mon travail me fait dire que quand tout cela se terminera dans quelques mois, je me retrouverais certainement avec d’autres problèmes non résolus… et lui.  Lui, il ne se pose pas toutes ces questions, je lui plais, enfin, c’est ce qu’il me dit. Il m’apprécie pour ce que je suis, avec mes contradictions, mes qualités, mes travers. Tout se mélange souvent dans ma vie et je n’ai jamais été très doué pour séparer le bon grain de l’ivraie. Mes angoisses, mes préoccupations, ce stress incessant dans mon travail ont une influence néfaste sur mon humeur, ma sexualité, mon moral, ma libido dans le sens freudien du terme à savoir mon envie de vivre. « Lâcher prise », « relativiser », « se détacher », « prendre du recul », tout ce qui fut en son temps ce que j’inculquais aux autres m’est devenu complètement étranger et inexploitable ; je me sens comme anémier, plus de forces ni de ressources. Actuellement, ma seule ambition serait de passer d’une vie stagnante et tourmentée à une vie stagnante et complaisante. Ce ne sont que dans quelques moments d’euphorie, après deux ou trois verres, une cigarette qui fait tourner la tête, « qu’importe le flacon pourvu qu’on est l’ivresse » de quelques inhalations,  que j’arrive à me donner l’illusion d’être bien sans pour autant être moi… mais lui, alors ? Une fois plus apaisé, débarrassé des contraintes imposées par ce monde qui m’asservi, quand enfin je me sentirai plus « moi », lui me reconnaitra-t-il encore ? 


lundi 23 juillet 2012

Horny





L’autre jour, je repensais à ce dictons « Qui vole un œuf, vole un bœuf » ; un œuf j’veux bien, m’enfin un bœuf,  faut être quand même sacrément balaise. 

mardi 17 juillet 2012

Galériens


Certaines choses me dépassent et ce qui me dépasse arrive très vite à m’épuiser. Au niveau professionnel cette année, si les chiffres d’affaires n’atteignent pas des sommets, en revanche, au niveau connerie, on plonge à des profondeurs abyssales. Les professionnels du management qui me supervisent ont leur propres méthodes qui plombent non seulement le moral du personnel mais leur ôtent également toute motivation… alors, désespérément je nage à contre courant pour tirer mon équipe vers le haut, au risque de me faire couper les mains pour vol d’autorité  et… nager sans les mains, forcément c’est galère.  Ma responsable me fait bien comprendre chaque jour qui passe, de ne pas me fier à l’intitulé du poste inscrit sur mon contrat de travail et de bien vouloir me contenter d’être un exécutant comme elle le souhaite ;  César avait Brutus, Jésus avait Juda et moi j’ai ma N+1, il n’y a qu’elle qui travaille… bien sûr. J’ai le droit à mes réguliers passages au bureau pour faire le point sur mon indiscipline sans pour autant ne recevoir aucun avertissement ; conscient de mon impulsivité, ils ne peuvent se permettre de me perdre à cette période de l’année. Alors, rameurs, ramons, ramez… jusqu’à la ligne d’arrivée, la dernière ligne droite.  

P.S. : Chère N+1, l’illustration de ce post est pour toi en hommage à notre cordiale et productive collaboration. 

jeudi 12 juillet 2012

The Aikiu "Pieces of Gold"

P'tain ! Un mois sans poster, ça craint, non ?!?
J'ai trouvé ce clip, très court, quelque part sur le net, c'est assez amusant. Puis, en lien deux ou trois choses pour exciter les sens. Je crois qu'en ce moment, mon côté libidineux animal transpirant ressort ce qui parfois exacerbe ma sensualité... c'est l'été quoi !


[+] Abercrombie& Fitch, Cute Gay Spot by Bruce Weber
[+] Pinoy Gay Kamasutra
[+] Oil Wrestling

mardi 12 juin 2012

Les yeux dans l'eau


Le soleil n’était pas au plus chaud, mais suffisait à me donner la chaleur qu’il me manquait, tout comme le vent qui venait me caresser ou les embruns qui me léchaient la peau. Ma langue que je passais sur mes lèvres révélait le sel qui venait de s’y déposer. Parfois, auprès des éléments naturels, je retrouve le réconfort qu’il me manque, une certaine tendresse qui me fait défaut. Installé sur mon rock, je n’avais aucune question à me poser, simplement à apprécier ce qu’il se passait à cet instant, goûter au calme, à la tranquillité, au repos, m'allonger et dormir dans une demi-conscience apaisante. Avec peu de courage, j’ai quitté le bord de mer et marché jusqu’à chez moi ; j’ai réalisé combien mes expériences passées m’avaient fatiguées et usées ma patience. Je n’en ressentais aucune tristesse, ce que je suis n’en est pas la conséquence, mais le résultat : m’économiser. J’ai passé trop de temps à rechercher l’attention de l’autre pour finalement en retour ne gagner que quelques minutes d’affection qui paraissaient plus volées que méritées. Alors, peut-être qu’ici, dans le Sud, toutes les conditions ne sont pas réunies pour un véritable épanouissement cependant, il me paraît plus facile de compter sur le soleil pour combler le manque de la chaleur d’un corps ou sur le vent celui des mains tendres qui ne me touchent plus ou encore les embruns me rappelant les baisers d’un cœur aimant. 

Crédit Photo : Bokeh at the beatch by s0mat

vendredi 8 juin 2012

La Pluie avant qu’elle ne tombe*


Non, ce blog n’est pas en jachère. Je suis navré, en ce moment je n’ai aucune inspiration. Vous m’en voulez ? Il y aurait bien des choses à raconter, mais les mots ne me viennent pas aisément et quand je n’écris pas d’une traite, ce n’est pas bon, difficile à lire… indigeste. Peut-être faut-il attendre que les circonvolutions de mon cerveau se fluidifient et se désengorgent des camions bennes qui l’encombre.  Du surmenage ? Sans doute ! Des questions ? Oui, beaucoup ! Les bonnes ? Pas sûr ! Il me semble avoir déjà vécu ce genre de situation, celle de se sentir à un carrefour, savoir qu’il faudra prendre des décisions et enfin choisir la route, la bonne direction. En attendant, je profite du soleil, je prends soins de moi, je n’anticipe que dans de rares cas et le plus souvent professionnels. Je suis sûr d'une chose, c’est un signe : il va se passer quelque chose. Vous savez : c’est électrique, comme sentir la pluie avant que l’orage n'arrive.  


« Il est difficile au milieu du brouhaha de notre civilisation qui a le vide et le silence en horreur, d’entendre la petite phrase qui à elle seule peut faire basculer une vie : où cours-tu ? » Christiane Singer 

* Jonathan Coe 

vendredi 1 juin 2012

Infidèle




« Jouir et faire jouir sans faire de mal ni à toi ni à personne, voilà je crois le fondement de toute morale » Nicolas de Chamfort - 

jeudi 17 mai 2012

Un lapin vaut mieux que deux tu l'auras

Quand la vie me malmène, je me répète souvent que : « de toute façon, la semaine prochaine, je n’y penserai plus et celle d’après j'aurai oublié », vive la suggestion positive et merci Emile Coué. Ce leitmotiv est sommes toutes assez efficace et fonctionne pour un tas de domaines : les emmerdes professionnels, les contrariétés de la vie courante, les rendez-vous queutés. Ce soir, c’était un rendez-vous queuté… dommage. Je suis remonté chez moi très lentement après m’être acheté un Toblerone afin de vérifier que la réputation d’antidépresseur du chocolat était bien fondée. Le premier essai n’ayant pas été concluant, j’en ai racheté un autre sans plus d’effets notables, conclusion : les Suisses nous prennent vraiment pour des cons. Toujours sur le chemin, je n’essayais même pas d’imaginer à quoi aurait pu ressembler cette soirée. En pleine folie furieuse du yield management que ma direction vient de découvrir  et tente d’appliquer à tout et n’importe quoi au boulot, cette nouvelle lubie aura eue l’avantage de m’enseigner l’économie de  rendement de mes neurones pour des pensées non productives (je suis un bon élève). Non, en fait, si je ne me sentais pas super bien, c’était en toute honnêteté, parce que mon orgueil s’était pris une belle droite en 1 round avec victoire par K.O.. Loin de me remonter le moral, je croise Eric Noleau,  âme esseulée, le pas mou et voulant paraître sûr de vers où il allait ;  je me disais qu’après en avoir mis tant dans la gueule à tout le monde, il était bien triste de sortir seul et que la notoriété n'y faisait rien à l’affaire. Une fois chez moi, j’écris ces quelques mots, livrés comme ça, comme ils viennent en me disant : « j’ai vraiment besoin de revoir L.A. ».  Je ne sais pas ce qui restera de tout ça demain matin, au réveil ; ce que je sais en revanche, c’est que la semaine prochaine je n’y penserai plus et que celle d’après j’aurai déjà oublié.      

lundi 14 mai 2012

Ice-breaker

C’est dingue, on ressent déjà l’effervescence. A la veille du début du festival du film, la ville commence déjà à voir apparaître une faune éclectique ou la beauté et le style de certains garçons en tenue d’été en sont presque aussi indécents que l’excentricité de certains autres. Les regards se soutiennent jusqu’au moment de se croiser en espérant que l’autre dira un mot ou fera un geste en s’apercevant que chacun s’est retourné pour voir si la cible a été touchée. C’est une excitation assez électrisante, ces petits jeux pour lesquels j’éprouve toujours du plaisir, à classer soit dans la perversité soit dans un certain masochisme tant ça ne mène à rien. Il fut  une époque bien lointaine où je me serais certainement retrouvé à génuflexion sous un porche, une bite à la bouche, pour officialiser une rencontre aussi éphémère qu’inutile avec un quelconque journaliste étranger en quête d’un peu d’exotisme. Non, moi j’ai craqué sur un petit vendeur de glaces au sourire angélique, 18 ans plus jeune que moi. Décidément, à ce rythme là, je ne sais pas ce que je veux prouver mais je me rapproche dangereusement du détournement de mineur. Pourtant, depuis quelque temps j’essaie d’éviter toute tentative d’approche de mâles ayant moins de 27 ans aussi stupide que cela puisse paraître pour mon entourage qui pense que je n’en profite pas assez. Aussi, ai-je droit à la fameuse rengaine : « tu ne sais pas ce que ça peut donner ». J’en ai cependant une vague idée. Le plus affreux serait qu’il soit sérieux et qu’il s’investisse dans la relation. Aussi beau et charmant soit-il je voudrais lui éviter qu’il  ne devienne une sorte d’Anna Nicole Smith poussant le fauteuil roulant de son  J. Howard Marshall adoré… beurk… sic et re-sic… tout de suite, ça refroidit.

dimanche 6 mai 2012

In & Out


C’est en voyant son sourire que deux magnifiques fossettes rendaient encore plus beau, que  je tombais sous le charme de l’ouvreur du cinéma quand en me donnant mon passe pour le festival « In & Out », ses quelques mots plein d’hésitation me permirent de comprendre que, quelque part, derrière moi, devait se trouver son copain. La salle plongée dans l’obscurité, je découvrais le film de Marie Losier « The Ballad Of Genesis & Lady Jaye » et je réécoutais avec plaisir la musique de Breyer P-Orridge Genesis, documentaire qui m’a d’autant passionné que récemment je m’étais penché sur le travail d’Orlan, revu des films de Cronenberg ; je crois que tout ce qui touche au corps, à sa maîtrise, sa transformation, me fascine jusqu’à une certaine subversivité. Puis, dans un tout autre genre,   l’autre film de la soirée était celui de Andrew Haigh « Weekend » : bouleversant et ouvrant sans doute la voie à un cinéma gay différent, plus universel où chacun est capable de se reconnaître… et cela a plutôt bien fonctionné avec moi, renvoyé directement à des questionnements et des choix qui dans le passé (peut-être encore aujourd'hui) m'ont pris de court : tout donner pour quelqu’un et au final s’oublier soi-même ou privilégier sa carrière et passer à  côté d’une histoire qui ait du sens… un sens qui peut être trop dur à assumer. Deux films d’amour finalement, l’un qui raconte comment deux êtres décident de se fondre en une seule entité par amour et l'histoire d'un autre couple, dont l'un qui pour la même raison, ne s’oppose pas au choix de l'autre. Je suis ressorti la boule à la gorge, un peu remué… le bel ouvreur m’a sourit, vous savez, ce genre de sourire qui veut dire « désolé ». Je suis rentré chez moi et je me suis mis l’album de John Grant « Queen of Danemark » dont un titre faisait partie de la B.O. de Weekend.


John Grant "Marz"

[+] Bande annonce « The Ballad Of Genesis & Lady Jaye » de Marie Losier (2011)
[+] Bandeannonce « Weekend » de Andrew Haigh 

dimanche 29 avril 2012

Happy Together


« Et merde, fait chier… » me suis-je dis en me levant de mon fauteuil pour dégoter un kleenex et m’essuyer les yeux. Elles venaient de loin ces larmes, elles attendaient patiemment l’ouverture des vannes par un déclencheur qui fut en ce dimanche, après une dure semaine et quelques contrariétés, ce film chinois sur fonds de Tango argentin ; film magnifique par le traitement de l’image, le jeu des acteurs, le rendu des émotions… Puis, je suis sorti faire ma cure de vitamine D espérant que le soleil apaiserait ces vilains symptômes d’angoisse et qu’un peu d’UV atténue mes yeux boursouflés. Je n’étais pas triste pourtant, ni même nostalgique, c’était peut-être simplement le moment qu’elles avaient choisi pour sillonner mes joues en dessinant au sel de petits chemins blancs que les embruns auront vite fait d’effacer.

« Je suis resté à Taipei avant de retourner à Hong Kong. J’ai visité le marché de nuit de Liao Ning. C’était très animé. Je n’ai pas vu Chang mais j’ai vu sa famille et j’ai enfin compris pourquoi il était si heureux et tellement libre où qu’il soit, c’est parce qu’il avait toujours un endroit vers lequel revenir. Je me demande ce qu’il va se passer quand je vais revoir mon père ? On verra… J’ai pris la photo de Chang, car je ne sais pas si je le reverrais, ce que je sais, c’est que si je veux le revoir, je sais où le trouver »


[+] 春光乍洩 Happy Together de Wong Kar-wai (1997) 
[+] Bande annonce de Happy Together 

vendredi 27 avril 2012

Jimah-gine



Les choses arrivent comme ça, parfois, quand j’ai tout autre chose dans la tête que de vouloir à tout prix qu’il se passe enfin quelque chose dans une vie quasi stagnante actuellement. Je me sentais assez léger et plutôt heureux, épris d'empathie pour ce bloggeur dont j’avais encore les mots à l’esprit, exprimant un bonheur teinté d'angoisse pour une  relation naissante, tanguant entre tout ce qu’il y a faire et la peur que tout se défasse ; redoutant le passé et son lot d’expériences comme s’ils étaient dotés de pouvoirs maléfiques capables d’influer sur le présent en préparant les châtiments de demain.  Tout en descendant cette interminable rue dont je pourrai donner le nom de chaque enseigne en passant devant les yeux fermés, je pensais… je pensais qu’il ne pouvait y avoir que des âmes bonnes et sensibles pour craindre le futur à ce point et imaginer que le bonheur, même le plus mince, le plus court ne peut être acquis qu’en contre partie d’une souffrance.  Puis, une voix derrière moi semble m’interpeller, je me retourne, on me sourit ; « tu veux aller boire un verre », c’est bien à moi qu’on parle. Grand, brun, magnifique sourire, beau et un indéniable charme attirant… je suis pris par surprise alors je balbutie un timide « oui »… Nous partageons un demi, pendant une heure quelques bouts de nos vies, il prend mon numéro, je le raccompagne, je sens sa main sur ma taille, il m’embrasse, il m’embrasse encore… je remonte la rue sans me retourner sans l’intention de me constiper le cerveau sur ce qui pourrait advenir mais la modeste prétention de  garder en mémoire ce court instant de satisfaction et, d'en rester là… pour l’instant... 

dimanche 22 avril 2012

mardi 17 avril 2012

Cérémonie du Thé – Part.1

« Thé-Con ! »

Pour contrer mon appétit avant qu’il ne vire à la boulimie je m’en suis remis aux vertus du thé vert qui ne sont plus à démontrer pour ce qui est de drainer et de bruler les graisses. Aussi, en toute intimité, je me suis organisé une petite cérémonie «Gong Fu Cha », tout bien dans les règles : j’ai réchauffé ma théière à l’eau chaude, mis à la bonne proportion mon meilleur thé, versé l’eau chaude, pris le temps d’humer le parfum du breuvage, vidé la première eau, reversé une eau chaude sur les feuilles ainsi rincées,  puis laissé infuser en imaginant déjà tout les bienfaits curatifs… bu à petites gorgées, en alliant mon attention de purifier mon organisme et mon intention d’apprécier ce moment de pur bonheur. Après cette semaine de détox et pour me féliciter de mon infaillible volonté à conserver une hygiène de vie saine, je me suis tapé un quart de baguette avec deux belles tranches de jambon cru. 

vendredi 13 avril 2012

Funeste oraison de la pensée positive

« Rien n’est plus réel que le rien » Samuel Beckett -




Il est environ 22h00 et avant de rentrer, je me suis posé devant le rond point à regarder les voitures comme une vache dans son champ regarderait les trains passer, en me disant, que je faisais, moi aussi, parti de la famille des ruminants ; je crois que je me sens seul. Le boulot ne me laisse pas une minute de répit. Masse de travail, appels téléphoniques durant mes pauses, emails et autres textos durant mes jours de repos, etc.. Mis à part le téléphone, c’est moi qui aie l’impression de ne pas décrocher. Je pense être dans l’épicentre de ces moments de la vie où j’ai le sentiment de ne rien vivre à part un métro-boulot-dodo version raccourcie à boulot-dodo. Mes sorties se raréfient si ce ne sont mes deux heures de sport un jour sur deux, dans lesquelles je me dépense comme un dingue en me laissant attirer (en un mot) par le physique de quelques garçons qui m’ignorent. J’aime ça en quelque sorte, mes fantasmes me rassurent  sur mes capacités à toujours avoir du désir. Cette semaine, plus qu’une autre, ce à quoi j’ai pensé s’est effectivement réalisé : panne Internet au taff, contretemps, changement de plannings, rendez-vous professionnels imprévus, et autres galères mais évidemment, malgré y avoir pensé très fort, je n’ai pas recroisé cet homme qui m’a dit un « bonjour » engageant l’autre soir… allongeant ainsi la liste de mes fantasmes, un de plus… peut-être à ranger dans le rayon pensées positives. 


jeudi 29 mars 2012

En pelote



« C'est bien la pire peine de ne savoir pourquoi sans amour et sans haine , mon coeœur a de la peine.» - Verlaine


Crédit Photo : Gonzalo Bénard

lundi 12 mars 2012

La théorie de la tasse de café

Ces derniers jours, je n’ai pas été très loquace. Rien ne me venait, du moins par écrit, donc j’ai peu posté en février. C’est surtout une suite d’images qui s’est succédé comme si pendant 29 jours j’avais vécu dans un roman-photo. Mois bizarre, le plus court de l’année et celui qui pourtant me semble le plus long, faisant émerger avec beaucoup de perspicacité mes ressentis ambivalents et exacerbant ma cyclothymie. Tantôt de bonne humeur ou pas, plein d’énergie ou lymphatique. J’observe les autres, je mate, je flirte, je joue un peu… avec mes fantasmes surtout. Des regards se croisent, certains fuient le mien ou le soutienne ce qui déterminera le plaisir ou la frustration qui suivra ce petit jeu qui ne mène pas à grand-chose si ce n’est à me palucher, ce qui tient plus de l’urgence que de la lubricité. Je ne me plains pas d’une certaine solitude puisque je ne fais pas beaucoup d’efforts pour faire le premier pas. Je me cache souvent derrière mon travail en me disant qu’étant donné le temps que je lui consacre, il n’en reste plus beaucoup à accorder à quelqu’un et ça c’est une putain de bonne fausse excuse. Et puis, il y a les gaffes ; ce beau mec que je vois s’approcher de moi à grands pas, un immense sourire, qui me serre une main insistante en me demandant comment ça va : « Euh… bonjour… on se connaît ? ». Putain, la honte ! On fréquente la même salle de sport. Je vois se dessiner sur son visage une déception indescriptible qui m’amènera à présenter mes excuses la prochaine fois que je le croise. Je me suis senti très mal après, sans doute par empathie. Je n’arrête pas d’y penser.  Je me dis que je me prends la tête pour rien mais en y  réfléchissant un minimum, j’en viens à penser que je manque d’attention ; trop concentré à garder mon équilibre comme si je marchais sur une poutre posée entre deux buildings. Il y a sans doute une partie de stress mêlant vie professionnelle, vide sentimental et autres frustrations ; plusieurs nuits ce mois-ci, je me suis réveillé en sueur dans un lit complètement trempé comme si j’avais couru un marathon. Et, dans l’après-midi, surgissant d’un passé de plus de 20 ans,  je me suis souvenu de ce que m’avait dit un ami pour éveiller l’attention sur ce qui nous entoure sans être trop focalisé sur soi: « on doit mener sa vie comme on sert une tasse de café, pour ne pas en renverser de partout, il faut tenir la soucoupe bien en main, avoir confiance en soi, ne pas se focaliser sur la tasse et marcher d’un pas assuré droit devant soi ». 

Crédit Image : Fahad0850

mardi 21 février 2012

L'inconnu de la semaine


Matthieu c'est pas la tienne !


mardi 14 février 2012

Valentin qui ?!?



Précisez votre statut : 


[X] En couple
[X] Amoureux 
[X] Célibataire
[X] J'aime les pizzas 





Anthony Hamilton "I used to love someone"

lundi 13 février 2012

Ça va couper...


Un couple de retraités du Maine-et-Loire ont découvert une lame de cutter dans une boîte de bœuf bourguignon... et 20 minutes titre : "Lame de cutter dans une boîte de conserve: Les juges n'ont pas encore tranché"

...la lame ne doit pas être assez aiguisée…

Source : 20 minutes

jeudi 2 février 2012

Saint Sens

Lentement mes yeux se sont ouverts sur moi. J’étais planté là, au milieu de collines et de vallons à perte de vue ; un lieu inconnu qui ne m’était pas étranger. Des couleurs si inhabituelles, l’herbe était-elle verte ici ? Une brume, légère comme un velours violet m’entourait d’une douceur humide , léchant mes fins habits et mes pieds nus. J’étais l’autre, l’autre était moi, me disant simplement dans un sourire  si calme et sibyllin « ça va aller, part maintenant, part ». J'hésitais à me laisser là mais pas à partir et je m’éloignais déjà en m’observant toujours immobile jusqu’à ce que cette brume devenue d’une épaisse froideur me rende imperceptible ; de toute façon j’étais si loin de ce que je suis à présent qu’il ne me restait plus qu’à pleurer sur ce que oncques je ne reverrai et à m’éveiller déjà. 

Crédit : "Le rêve de l'arbre" 

mardi 24 janvier 2012

Brève

Luc, derrière son comptoir, faisait couler mon café du matin ; il s’excitait tout seul en lisant dans je ne sais quels tabloïds le témoignage d’une rescapée du  Concordia.

Luc : Non mais tu te rends compte !! Quelle idée d’aller faire une croisière quand on ne sait pas nager.

Moi : bien t’sais, moi j’prends bien l’avion et je ne sais pas voler.


Crédit : peinture de Narcisse Davim 

dimanche 22 janvier 2012

Tout à l’envers

Il n’y a rien que je trouve plus déprimant que les dimanches. Surtout ceux, mi-figue, mi-raisin ou la grisaille à raison de toutes tentatives pour essayer d’occuper la journée. Mater un film ? Ecouter de la musique ? Ouvrir un bouquin ? Aller marcher en bord de mer ? Toutes propositions recevaient la même implacable sentence : « pas envie ».  En triant paresseusement mes albums de Jazz sans aucune conviction, je lorgnais du coin de l’œil mon plaid qui semblait me murmurer de loin « ne serais-tu pas mieux dans la chaleur de mes fibres, à t’accorder une heure ou deux de sommeil » ; ne pouvant le faire taire et malgré mes deux paumes sur les oreilles pour au moins atténuer ses appels, je succombais lâchement, sans aucune volonté mais avec un plaisir honteux. Avant de fermer les yeux, je me suis demandé depuis combien de temps j’essayais de digérer cette enclume que j’avais avalée je ne sais quand et qui me rendait si flegmatique.  Après cette sieste qui me donnait la ferme impression d’avoir perdu mon temps, je louchais en luttant de toutes mes forces contre ma myopie pour tenter d’un seul œil téméraire d’apercevoir l’heure qu’il était sur la petite pendule du four pas tellement prête à coopérer (la garce)… Cet effort mental, qui me conforta dans l'idée que je n'avais pas recouvert la vue, me donna cependant l’impulsion physique pour préparer mon sac et aller au sport, les écouteurs dans les oreilles… il est 19h et je me dis que je fais vraiment tout à l’envers, jamais comme les autres. Dans l’ascenseur je me suis trouvé plutôt pas mal… L’année de plus acquise cette semaine n’était donc pas la cause de mon effondrement d’énergie de ces derniers jours, pensais-je. On a toujours besoin de plus philosophe que soi pour avancer et c’est Britney Spears qui me donna un début de réponse avec « Baby give me one more time ». Ne me demander pas comment cette chanson est tombée sur ma playlist, cela relève des grands mystères de l’univers comme le bigbang, les statues de l’île de Pâques, le comportement homosexuel, etc. Mais c’est bien le temps et surtout l’attente qui m’a affaibli ces derniers jours. En fait, en envoyant un message nous sommes tous plus ou moins consciemment ou non dans l’attente d’une réponse. Plus on y met de sincérité et d’espoir et plus l’attente est proportionnellement longue et douloureuse. Je peux tenter de me raisonner, relativiser… rien n’y fait… c’est ainsi. Moi et mon caractère séquentiel m’obligent à ne rien foutre et à me mettre en veille tant que je n’ai pas de réponse…  c’est usant. Ceci-dit le côté nettement positif, c’est que j’ai banni ce côté névrotique du challenge empirique : « si en trois pas j’arrive à la voiture rouge, j’aurais un message dans ma boîte Email » mais il faut dire aussi qu’on voit de moins en moins de voitures rouges de nos jours, et comme je ne sors que le soir, avec ma myopie ce n’est pas évident enfin bref…  Je suis revenu du Gym relativement crevé mais satisfait. Mon plaid était roulé en boule sur le lit et faisait beaucoup moins le fier ;  je ne l’entendis pas de toute la soirée. Je me suis simplement dit que finalement malgré tes promesses, d'être prêt pour notre relation, d’avoir changé et évolué, l’homme que tu es reste avec la mécanique d’origine, il est bien rare de faire du neuf avec de l’occasion… regarde moi, j’ferai toujours les choses à l’envers, jamais comme les autres… et je serai toujours myope. 


« Il y a des limites très étroites à l’expérimentation sur les êtres humains. Vous pouvez les forcer à répondre à n’importe quoi mais jamais les forcer à faire quoi que ce soit. Quant aux autres animaux, bien sûr, on ne peut rien leur demander mais on peut tout leur faire faire.» "L’homme-dé" Luke Rhinehart –

vendredi 13 janvier 2012

Polterg-Ex

REVENANT : 1°) Âme d'un mort qui se manifesterait à un vivant sous une forme physique, apparition, esprit, fantôme  2°) Personne qu'on n'a pas vue depuis longtemps et qu'on ne s'attendait pas à revoir. Larousse –


En cette période, où l’Europe est plongée dans "l’austérité", la mienne est plutôt sexuelle et je m’emploie avec "rigueur" à m’occuper de mon petit robert (aucun lien de parenté avec Larousse). Je m’aperçois, non sans étonnement, que j’arrive à prendre plus de plaisir tout seul qu’avec quelqu’un ; j’ai mes périodes comme ça. D’ailleurs, quand quelque fantôme du passé décide de faire sa réapparition, il est assez amusant qu’il choisit bien son créneau alors que de mon côté et en son temps j’étais arrivé sois disant « trop tôt » ou « trop tard », tout dépend l’angle de connerie sous lequel on l’envisage. Alors quand ce spectre refait surface après vous avoir bouffé les méninges par son souvenir pendant des années, il choisit les grands moments de solitude où par dépit vous pourriez envisager de remettre ça ou alors de vous mettre le doute sur le bien fondé d’une relation naissante. Si ajouté à cela notre Gasper vit à l’étranger en se foutant éperdument du décalage horaire, vous êtes réveillé à 3h00 du matin par une suite de textos cherchant à savoir si vous avez toujours des sentiments pour lui. Je suis bien désolé, mais moi à 3h00 du matin, je ne philosophe pas, j’ai des sentiments pour quiconque, je ne connais personne : JE PIONCE !! Péniblement, j’écris une réponse du genre « je t’envoie un Email demain » et étant donné que demain c'est aujourd'hui, que maintenant je suis bien réveillé, il me reste toute la nuit pour réfléchir à ce que je vais mettre dedans. Je soigne mon Email, le relie plusieurs fois et trois semaines plus tard aucune réaction ou réponse ne m’est parvenues me laissant entendre que je suis désormais en mesure de postuler pour rejoindre l’équipe des Ghostbusters. Que nénies, ma prétention n’aura jamais raison de sa culpabilité et de ce besoin irréductible d’exorciser une conscience trop lourde. Aussi, comme toute bonne âme en peine qui se respecte et ne pouvant trouver le repos dans un univers qui ne nous appartient plus ni à l’un ni à l’autre, j’aurais ma trimestrielle apparition accompagnée de ma récurrente… nuit blanche.


Basement Jaxx - « Good Luck » (Feat.Lisa Kekaula)

mardi 10 janvier 2012

Black is (definitely) Black – Part. 2

L.A. juin 2007
0
Al : you like black men, don't you ?
Moi: Say, I like men, whatever their color !





jeudi 5 janvier 2012

Résolutions

Les débuts d’années sont toujours propices aux bonnes résolutions. Vous savez, celles qu’on a toujours du mal à tenir car aux alentours du 3 ou 4 janvier, une fois qu’on a bien décuvé, on est plein d’énergie ce qui nous pousse à mettre la barre un peu trop haute. Mais puisque j’ai tenu celles de l’année dernière, je me suis dit qu’en 2012 je pouvais encore me lancer quelques challenges toute proportion gardée.


Courir en bord de mer une fois par semaine : pour me sortir de la salle de sport et prendre l’air. Je suis à trois minutes à pied de la promenade et je ne vois la mer qu’entre deux immeubles quand je daigne mettre un pied en ville. J’ai bien l’intention de profiter de ce privilège qui est d’habiter sur la côte.



Prendre le soleil : car j’en ai marre d’être en hiver comme en été aussi blanc que la cuvette de mon chiotte. J’pense que je ne frôlerais pas un cancer de la peau pour quelques UV dans le but d’avoir un teint un peu plus hâlé.    




Prendre un jour par semaine pour m’occuper de moi : un bain, un massage, l’esthéticienne, entretenir ma pilosité [ !?!], me détendre histoire d’entretenir ce que m’a donné la nature qui est ce qui est m’enfin ce n’est pas une raison de lui montrer trop d’ingratitude.




Déléguer : surtout au boulot afin de ne pas supporter de charge de travail supplémentaire qui empiète sur mon temps libre déjà très restreint. Je crois que c’est aussi une bonne chose pour mes collègues également afin de les responsabiliser un peu.



Ne plus considérer mon travail comme le centre de ma vie : et être présent dans la vie de ceux qui regrettent mes longs silences comme ma famille, mes amis, sortir, essayer de reprendre le contact avec une certaine sociabilité. Ce dernier point est somme toute le plus délicat car il touche directement à  un trait de caractère qui m’a construit m’enfin…

Allez… courage…   



A Man Called Adam - "Superman"

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