dimanche 29 avril 2012

Happy Together


« Et merde, fait chier… » me suis-je dis en me levant de mon fauteuil pour dégoter un kleenex et m’essuyer les yeux. Elles venaient de loin ces larmes, elles attendaient patiemment l’ouverture des vannes par un déclencheur qui fut en ce dimanche, après une dure semaine et quelques contrariétés, ce film chinois sur fonds de Tango argentin ; film magnifique par le traitement de l’image, le jeu des acteurs, le rendu des émotions… Puis, je suis sorti faire ma cure de vitamine D espérant que le soleil apaiserait ces vilains symptômes d’angoisse et qu’un peu d’UV atténue mes yeux boursouflés. Je n’étais pas triste pourtant, ni même nostalgique, c’était peut-être simplement le moment qu’elles avaient choisi pour sillonner mes joues en dessinant au sel de petits chemins blancs que les embruns auront vite fait d’effacer.

« Je suis resté à Taipei avant de retourner à Hong Kong. J’ai visité le marché de nuit de Liao Ning. C’était très animé. Je n’ai pas vu Chang mais j’ai vu sa famille et j’ai enfin compris pourquoi il était si heureux et tellement libre où qu’il soit, c’est parce qu’il avait toujours un endroit vers lequel revenir. Je me demande ce qu’il va se passer quand je vais revoir mon père ? On verra… J’ai pris la photo de Chang, car je ne sais pas si je le reverrais, ce que je sais, c’est que si je veux le revoir, je sais où le trouver »


[+] 春光乍洩 Happy Together de Wong Kar-wai (1997) 
[+] Bande annonce de Happy Together 

vendredi 27 avril 2012

Jimah-gine



Les choses arrivent comme ça, parfois, quand j’ai tout autre chose dans la tête que de vouloir à tout prix qu’il se passe enfin quelque chose dans une vie quasi stagnante actuellement. Je me sentais assez léger et plutôt heureux, épris d'empathie pour ce bloggeur dont j’avais encore les mots à l’esprit, exprimant un bonheur teinté d'angoisse pour une  relation naissante, tanguant entre tout ce qu’il y a faire et la peur que tout se défasse ; redoutant le passé et son lot d’expériences comme s’ils étaient dotés de pouvoirs maléfiques capables d’influer sur le présent en préparant les châtiments de demain.  Tout en descendant cette interminable rue dont je pourrai donner le nom de chaque enseigne en passant devant les yeux fermés, je pensais… je pensais qu’il ne pouvait y avoir que des âmes bonnes et sensibles pour craindre le futur à ce point et imaginer que le bonheur, même le plus mince, le plus court ne peut être acquis qu’en contre partie d’une souffrance.  Puis, une voix derrière moi semble m’interpeller, je me retourne, on me sourit ; « tu veux aller boire un verre », c’est bien à moi qu’on parle. Grand, brun, magnifique sourire, beau et un indéniable charme attirant… je suis pris par surprise alors je balbutie un timide « oui »… Nous partageons un demi, pendant une heure quelques bouts de nos vies, il prend mon numéro, je le raccompagne, je sens sa main sur ma taille, il m’embrasse, il m’embrasse encore… je remonte la rue sans me retourner sans l’intention de me constiper le cerveau sur ce qui pourrait advenir mais la modeste prétention de  garder en mémoire ce court instant de satisfaction et, d'en rester là… pour l’instant... 

dimanche 22 avril 2012

mardi 17 avril 2012

Cérémonie du Thé – Part.1

« Thé-Con ! »

Pour contrer mon appétit avant qu’il ne vire à la boulimie je m’en suis remis aux vertus du thé vert qui ne sont plus à démontrer pour ce qui est de drainer et de bruler les graisses. Aussi, en toute intimité, je me suis organisé une petite cérémonie «Gong Fu Cha », tout bien dans les règles : j’ai réchauffé ma théière à l’eau chaude, mis à la bonne proportion mon meilleur thé, versé l’eau chaude, pris le temps d’humer le parfum du breuvage, vidé la première eau, reversé une eau chaude sur les feuilles ainsi rincées,  puis laissé infuser en imaginant déjà tout les bienfaits curatifs… bu à petites gorgées, en alliant mon attention de purifier mon organisme et mon intention d’apprécier ce moment de pur bonheur. Après cette semaine de détox et pour me féliciter de mon infaillible volonté à conserver une hygiène de vie saine, je me suis tapé un quart de baguette avec deux belles tranches de jambon cru. 

vendredi 13 avril 2012

Funeste oraison de la pensée positive

« Rien n’est plus réel que le rien » Samuel Beckett -




Il est environ 22h00 et avant de rentrer, je me suis posé devant le rond point à regarder les voitures comme une vache dans son champ regarderait les trains passer, en me disant, que je faisais, moi aussi, parti de la famille des ruminants ; je crois que je me sens seul. Le boulot ne me laisse pas une minute de répit. Masse de travail, appels téléphoniques durant mes pauses, emails et autres textos durant mes jours de repos, etc.. Mis à part le téléphone, c’est moi qui aie l’impression de ne pas décrocher. Je pense être dans l’épicentre de ces moments de la vie où j’ai le sentiment de ne rien vivre à part un métro-boulot-dodo version raccourcie à boulot-dodo. Mes sorties se raréfient si ce ne sont mes deux heures de sport un jour sur deux, dans lesquelles je me dépense comme un dingue en me laissant attirer (en un mot) par le physique de quelques garçons qui m’ignorent. J’aime ça en quelque sorte, mes fantasmes me rassurent  sur mes capacités à toujours avoir du désir. Cette semaine, plus qu’une autre, ce à quoi j’ai pensé s’est effectivement réalisé : panne Internet au taff, contretemps, changement de plannings, rendez-vous professionnels imprévus, et autres galères mais évidemment, malgré y avoir pensé très fort, je n’ai pas recroisé cet homme qui m’a dit un « bonjour » engageant l’autre soir… allongeant ainsi la liste de mes fantasmes, un de plus… peut-être à ranger dans le rayon pensées positives. 


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