Pour le reste, rien de bien nouveau. Ma vie privée et sociale pourrait parfaitement définir le néant. Mon travail, qui habituellement me sert de point d’ancrage, est devenu un environnement irrespirable. À ce stade, je ne suis même plus certain de pouvoir m’entendre avec un pot à crayons. Le désinvestissement général me donne parfois l’impression de tenir la boutique à bout de bras pendant que ceux qui pourraient m’aider semblent surtout occupés à observer le bateau couler dans le calme.
Mon coup de blues en juillet et ma menace de partir ont eu leur petit effet. Il y a eu du monde pour me retenir ; beaucoup moins pour m’écouter. Quant au fameux « bien-être au travail », leur conception est décidément très pénétrante ; sans lubrifiant, elle a filé direct au fond de mon rectum : "on tient beaucoup à vous, à condition que vous acceptiez exactement ce qu’on vous propose". C’est-à-dire des mutations par monts et par vaux sauf évidemment là où je l’avais demandé. J’ai proposé de tenir mes engagements et de partir si rien de plus intéressant ne m'était proposé. Pour aller où ? À droite, à gauche, en haut, en bas… c’est le même labyrinthe dont toutes les sorties donnent sur la même merde. Alors, dès que j’ai deux jours, je me barre. Je me suis inscrit dans une deuxième salle de sport près de Lyon, où je retrouve ce qui ressemble encore à de l’énergie et de la tranquillité : nouvel environnement, quelques beaux gars bien bandants et surtout suffisamment de poids à soulever pour faire taire celui que j’ai dans la tête. Le travail me bouffe lentement et je commence à me demander combien de temps on peut tenir en fonctionnant uniquement sur les nerfs et quelques réserves de survie dont je ne connais même plus la date de péremption.
[+]La p’tite musique qui va bien avec… ⏯️ Leifur James - “Mumma Don't Tell”






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