“Il n’y a qu’un moyen d’avoir trouvé sa place, c’est d’être arrivé là d’où littéralement l’on ne peut pas bouger.” - Paul Claudel (Saint-Louis)
(À suivre…)
“Il n’y a qu’un moyen d’avoir trouvé sa place, c’est d’être arrivé là d’où littéralement l’on ne peut pas bouger.” - Paul Claudel (Saint-Louis)
(À suivre…)
En lisant un article passionnant il y a peu, j’ai découvert quelque chose d’assez étonnant: à force de trifouiller protons et neutrons pour mesurer le temps à l’atome près, les scientifiques ont fini par tomber sur un os. À l’échelle infinitésimale des particules, le temps ne semble plus avoir de direction. Passé et futur deviennent comme interchangeables, comme si la flèche du temps se dissolvait. Une idée qui me plaît énormément. Finalement, le temps n’est peut-être pas ce cadre rigide que j’ai parfois l’impression de subir. Mon pote Schopenhauer, avec deux siècles d’avance, avait finalement raison, c’est bien une construction mentale, a priori. En tout cas, une conception bien plus fragile que je ne l’imaginais et, peut-être, une piste pour revoir ma propre manière de l’habiter. Tout ça m’a occupé l’esprit ces derniers temps. Pas au point de m’empêcher de dormir, mais suffisamment pour que la question revienne assez souvent : Comment, au juste, je pourrais exploiter cette information ? Je sais, dit comme ça, ça peut sembler un peu débile. Et pourtant.(À suivre…)
[+]La p’tite musique qui va bien avec… ⏯️ Moloko - "The Time Is Now”
Hugh Laurie - "Tout est sous contrôle"
[+]Crédit Photo : Thought Petals by Lupidog
[+]La p’tite musique qui va bien avec… ⏯️ Frank Ocean - “Pink + White”
"Le ciel appartient aux impétueux qui de l’attendent pas" - Lou Andréas-Salomé
Il y a donc une suite à l’article précédent. Ne nous emballons pas : rien de spectaculaire. Je reste fidèle à ce non-événement au parfum d’érotisme vaporeux. À mon rituel, à savoir mes séances de sport, s’est greffé quelque chose de désormais réglé dans mes semaines : lui.
Nous partageons les mêmes horaires, la même motivation sportive… le même vestiaire.
Jusqu’à présent, je me suis refusé la grande artillerie. Après tout, certaines attentes sont souvent plus troublantes que leur aboutissement. Je me contente d’observer, de ressentir, et de laisser le désir esquisser sa propre trajectoire… ou s’évanouir doucement.
Puis il m’a souri.
Avant, j’aurais dit un truc. N’importe quoi. Une phrase un peu nulle mais efficace. Histoire de savoir s’il fallait activer la machine à espoirs.
Mais là, non. Flemme émotionnelle, sans doute ?
J’ai envie de faire comme si ce micro-moment était déjà quelque chose. Comme si ça suffisait. Sans objectif. Sans suite prévue.
Je sais qu’il sait que je l’ai remarqué. Et nous faisons semblant que non. Pas très mature mais bon, pourquoi pas ?
Rien, probablement.
Mais ce rien-là me plaît.
Ces secondes entre nos gouttes de sueur.
Ce désir immobile.
Ce luxe de ne rien provoquer.
[+]La p’tite musique qui va bien avec… ⏯️ Kate Miller - “Fortify”
Il m’est difficile de poser un mot sur l’année qui s’achève, et plus encore de trouver l’élan pour en parler. Écrire à son sujet me demande un effort particulier, comme si les phrases butaient sur quelque chose d’encore trop proche. J’ai pourtant tenu la promesse que je m’étais faite l’an dernier : me foutre la paix. Peut-être aurais-je dû le partager avec ceux qui m’entourent, car eux, manifestement, n’ont pas eu la consigne.
Reste une question, simple et brutale à la fois : est-ce seulement ce que je veux encore ? Et si oui, est-ce que j’en ai toujours l’énergie ? Peut-être que l’année qui s’annonce saura y répondre.
Peut-être me fais-je des idées, mais il me semble discerner, derrière certaines invitations, la tentative bienveillante (et légèrement maladroite) d’un couple d’amis pour rapprocher deux âmes légèrement cabossées. Je suis l’une d’elles. L’autre est presque toujours là lorsque nous nous retrouvons, comme une présence devenue familière à force d’être imposée. Je prête peut-être trop d’intentions à ceux qui n’en avaient pas tant, mais j’imagine qu’ils se sont dit que, faute d’attirance, nous pourrions au moins apprendre à nous connaître. Il n’en est rien.