[+]La p’tite musique qui va bien avec… ⏯️ Orgone - “Be Thankful For What You've Got”
dimanche 14 juin 2026
Divin, Dimanche, Détente
mardi 2 juin 2026
Ce qui continue sans nous
Comment expliquer ce genre de comportement autrement que par une forme de masochisme ? Dimanche, en repassant dans le village où nous vivions, je me suis arrêté au stade. Il y avait un match. J’ai garé la voiture. C’est comme ça, mes idées foireuses commencent toujours par un mauvais stationnement. Tu étais là, sur le terrain, le numéro 6, fidèle au poste. Je ne sais pas vraiment si j’espérais que tu me voies. De toute façon, j’aurais pu me tenir au milieu de ton salon, je ne suis même pas sûr que tu m’aurais remarqué. Je t’ai regardé jouer ; une vingtaine de minutes qui ont suffi à gâcher l’après-midi. Je suis reparti, les jambes molles et la gorge serrée. Sur l’autoroute, une pensée s’est imposée : ta vie semblait continuer très bien sans moi. Et finalement, j’étais heureux pour toi.
Moi, en revanche, il est clair, vu mon état, que je t’aime toujours. Trois ans plus tard, je reste convaincu que notre relation n’était plus possible. Certains pensent que l’amour peut tout. Toi, tu pensais que l’amour n'est pas toujours suffisant. Et peut-être avais-tu raison ? J’ai longtemps cru que nous étions faits pour être ensemble. Aujourd’hui, je crois surtout qu’il existe des incompatibilités que l’amour ne sait pas réparer. Il faut vivre avec cette étrange contradiction : être persuadé d’avoir pris la bonne décision tout en regrettant encore qu’elle ait été nécessaire.
C’est comme ça.
À l'évidence, je ne suis toujours pas remis de toi. Mes intestins non plus visiblement, tant ce genre de situation facilite mon transite. Alors, une fois rentré chez moi, j’ai pris un citrate de bétaïne comme on prend un Alka-Seltzer. Dans une semaine, je ne penserai probablement plus à ce dimanche après-midi. Mais comme chaque semaine depuis trois ans, j’aurai encore une pensée pour toi. Tout finit par passer, je soupçonne simplement certaines choses de prendre volontairement la nationale plutôt que la voie rapide.
samedi 30 mai 2026
Tu lis trop de livres
Parfois, au détour d’une page, je m’arrête avec l’émergence d’un vrai “Whaou” exprimé tout haut. Dans “L’Oiseau moqueur”, un personnage évoque ainsi la chute de la société :
Et là, je me suis sincèrement dit : “Euh… elle était sacrément high-tech, la boule de cristal de Walter Tevis. Il pouvait difficilement viser plus juste vu le contexte actuel.”
Si j’ai autant d’affection pour ce livre, c’est parce qu’il parle finalement très bien de notre société actuelle, avec presque cinquante ans d’avance. Comme dans son récit, je crois que l’humanité risque de devenir toujours plus dépendante des technologies, au point d’abandonner peu à peu toute réflexion personnelle. Une humanité silencieuse et vide, où l’on ne crée plus, où l’on ne lit plus, où l’on n’aime plus vraiment, se contentant simplement de ce qu’on lui diffuse sur des écrans. Je partage avec Tevis cette vision d’un monde qui disparaît lentement, dans une sorte d’agonie tranquille, plutôt que dans une catastrophe spectaculaire :
[+]La p’tite musique qui va bien avec… ⏯️ Archive - “City Walls”
[+]“L’Oiseau moqueur” - Walter Tevis | “Ubik” - Philip K. Dick | “Fahrenheit 451” - Ray Bradbury
dimanche 24 mai 2026
Tu regardes trop de films
Le film décroche péniblement la moyenne sur la plupart des sites de critiques, mais honnêtement, j’ai trouvé ça plutôt bien ficelé. Preuve irréfutable : je ne me suis pas endormi. Et vu mon niveau de fatigue actuel, c’est presque une standing ovation. Bon, il faut reconnaître qu’en matière de films du genre, le renouvellement des thèmes n’est pas franchement révolutionnaire. On reste souvent dans des mécaniques assez classiques et, soyons honnêtes, rarement très surprenantes.
“The Prodigy” Official Trailer (2019)
samedi 9 mai 2026
Notes d’un sceptique un peu troublé
C’est sans doute mon incurable nostalgie, mêlée à l’écriture sensible de son auteur, qui me ramène régulièrement vers les Domahom’s papers. Sur ce blog, je parle finalement assez peu de ma famille. Cet espace ressemble moins à un journal intime qu’à un album de souvenirs un peu épars, alimenté selon l’humeur du moment. Pourtant, comme dans toutes les familles, j’imagine, il y a chez nous son lot d’anecdotes, de secrets éventés avec le temps et de personnages hauts en couleur. Le problème, c’est que je ne saurais pas vraiment comment en parler… ou alors avec beaucoup moins de talent que Domahom, ce qui reviendrait un peu à jouer du triangle après un concerto. Les histoires familiales me sont surtout racontées par ma Mère, qui possède ce don rare de créer du lien partout où elle passe. Moi, j’ai vécu en périphérie de la famille, un peu comme ce cousin qu’on voit sur les photos mais dont personne ne sait vraiment s’il est arrivé avant ou après le dessert.
Avec le temps, j’ai fui les grandes villes et leur agitation. Dire que je me suis “rangé” serait exagéré, mais depuis la disparition de mon Père et quelques secousses personnelles difficiles à encaisser, j’aspire surtout à davantage de calme. J’ai eu plusieurs vies, aucune vraiment ratée, aucune totalement exaltante non plus. Mais il existe un sujet que je n’arrive toujours pas à aborder : celui des vieilles âmes. Rien que l’expression a déjà un léger parfum d’encens et de librairie ésotérique, ce qui cadre assez mal avec mon tempérament cartésien. Ma Sœur avait évoqué cette idée à la mort de notre Père. Depuis, je lis régulièrement sur le sujet. Et force est de constater que, contrairement à ce qu’elle pensait, mon Père n’en était probablement pas une… alors que moi, je coche "troublamment" toutes les cases. Reste maintenant à trouver comment parler de tout ça sans donner l’impression d’avoir passé trois semaines dans une yourte à parler aux cristaux. Même si, au fond, le besoin d’écrire là-dessus devient de plus en plus difficile à ignorer.
samedi 2 mai 2026
Toujours ... au bord de quelque chose
samedi 25 avril 2026
Guide pratique du sang-froid approximatif
3h20 du matin. Le téléphone sonne : le boulot.
Effectivement, ce ne l’était pas.
Résultat : il ne m’adresse plus la parole.
À bien y réfléchir, chaque prise de parole en réunion serait un excellent prétexte pour me remettre à boire. Et curieusement, cette idée me fait sourire, heureusement.
Et là, je repense systématiquement à ce dessin 👇
samedi 18 avril 2026
Tu lis trop de livres
“Mais quand on voit l’angoisse qui résulte de ces liens brisés, ce douloureux étonnement d’une âme trompée, cette défiance qui succède à une confiance si complète, et qui, forcée de se diriger contre l’être à part du reste du monde, s’étend à ce monde tout entier, cette estime refoulée sur elle-même et qui ne sait plus où se replacer, on sent alors qu’il y a quelque chose de sacré dans le cœur qui souffre, parce qu’il aime ; on découvre combien sont profondes les racines de l’affection qu’on croyait inspirer sans la partager : et si l’on surmonte ce qu’on appelle faiblesse, c’est en détruisant en soi-même toute ce qu’on a de généreux, en déchirant tout ce qu’on à de noble et de bon. On se relève de cette victoire, à laquelle les indifférents et les amis applaudissent, ayant frappé de mort une portion de son âme, bravé la sympathie, abusé de la faiblesse, outragé la morale en la prenant pour prétexte de la dureté ; et l’on survit à sa meilleure nature, honteux ou perverti par ce triste succès.”
À ce stade, deux options s’offrent à moi : soit considérer qu’il s’agit là d’une profonde analyse de l’âme humaine, ce qui est incontestablement vrai ; soit y voir une tentative particulièrement élaborée de me mettre face à moi-même, ce que je trouve déjà beaucoup moins courtois.
Quoi qu’il en soit, j’ai refermé le livre avec le sentiment d’avoir compris quelque chose d’important et l’envie très modérée d’en faire quoi que ce soit.
Conclusion : inutile de brusquer le DJ.
[+]La p’tite musique qui va bien avec… ⏯️ Sade - “King Of Sorrow”
samedi 4 avril 2026
Tu lis trop de livres
En observant aujourd’hui les effets de certaines habitudes, celles qui consistent à n’offusquer personne, à ménager toutes les sensibilités, à éviter toute frustration, je ne peux m’empêcher de penser que ces précautions ont, semble-t-il, contribué à façonner une génération arrivée sur le marché du travail avec une faible tolérance à la contradiction. Récemment, ma N+1 m’a reproché un ton trop franc et direct. Peut-être est-ce parce que je parle peu et que, lorsque je m’exprime, mes mots résonnent plus fortement ? Pourtant, mes propos ne relèvent pas du jugement : ils sont le fruit de constats et d’observations. C’est sans doute pour cela que ce passage de La Ferme Africaine a particulièrement résonné en moi :
« Dans le monde des indigènes, c’est la somme de leurs observations qui détermine l’opinion qu’ils se font de vous, ou votre réputation. Sur ce point, certaines communautés européennes très pauvres leur ressemblent : elles ne jugent pas, elles additionnent. »
mardi 24 mars 2026
Tu regardes trop de séries
Preacher est sans doute la série la plus déjantée qu’il m’ait été donné de voir depuis Twin Peaks et American Gods. Elle reste néanmoins très commerciale.
Bon, je dois aussi avouer que je ne suis pas toujours un spectateur très assidu. Il m’arrive de m’endormir entre deux répliques : la télévision, désormais, me berce plus souvent qu’elle ne me captive. La fatigue a parfois raison même des meilleurs programmes et, pour être honnête, je la regarde de moins en moins. Je commence un épisode, je me réveille vaguement au milieu, puis je découvre la fin comme si c’était un rebondissement inattendu.
Ce qui est amusant aussi, c’est que l’acteur principal, Dominic Cooper, ressemble vraiment beaucoup à Kev Adams. Une ressemblance suffisamment troublante pour que, pendant quelques secondes, on se demande si l’on n’a pas changé de chaîne sans s’en rendre compte.
Bref, il incarne un révérend pour le moins atypique, et il y a notamment ce moment dans l’épisode 8 de la première saison où, pris de remords, il repêche Arseface, un paroissien qu’il avait lui-même damné. Je sais, il m’en faut peu… mais je trouve ce passage particulièrement savoureux.
Jesse : Alors, raconte-moi !
Eugene : Raconter quoi ?
Jesse : Ébhein, raconte… comment t’es revenu ?
Eugene : Vous… m’avez appelé… votre voix m’a appelé… alors j’ai commencé à creuser.
Jesse : Quoi ?! T’as creusé pour sortir de l’Enfer ?
Eugene : C’n’est pas si loin qu’ça
Jesse : C’est comment alors ?
Eugene : Bondé
[+]Trailer Preacher
[+]Trailer Twin Peaks
[+]Trailer American Gods Season 1
vendredi 20 mars 2026
C'est le Printemps
samedi 14 mars 2026
Chronique d’un masque annoncé
Sérieux, le mot était lâché.
Elle me brandit le sachet comme si elle me remettait une relique sacrée. Je proteste. Par principe, parce que je suis un homme rationnel et légèrement de mauvaise foi. Mais j’aime la manière qu’elle a de vouloir réparer le monde en commençant par moi.
Toujours inquiétant, les « tu verras ».
Une fois la prêtresse repartie invoquer les éléments vers ses clairières énergétiques, j’ai oublié le machin à l’argile au fond du frigo entre des carottes en fin de règne et un concombre en pleine dépression liquide. Ce qui, avec le recul, est déjà une victoire car c’est un miracle que je ne l’aie pas tartiné sur un toast un soir de désespoir.
Puis, la semaine dernière, je l’ai retrouvé. Il m’attendait. Je me suis dit que ce serait drôle d’essayer. Grave erreur ou excellente idée ? Je ne sais toujours pas.
Je me suis appliqué le machin à l’argile. Déjà, la texture évoquait une boue décidée à ne coopérer avec aucune structure faciale humaine, obéissant avec une détermination admirable à la gravité. J’ai donc dû aller pisser, puis me coucher, la tête inclinée à 90 degrés, comme un gisant médiéval perdu au fond d’une cathédrale humide.
Allongé là, immobile, je me suis fait une réflexion tout à fait raisonnable : si je mourais cette nuit, que dirait le rapport des secours.
« Sujet retrouvé allongé, teint verdâtre, expression figée. Probablement transformation inachevée. »
Je ressemblais à un mélange entre une statue oubliée et…
Le masque de boue n’a rien transformé mais le fou rire, lui, a tout changé. Le genre de fou rire qui nettoie plus sûrement que l’argile.
samedi 7 mars 2026
Fugit irreparabile tempus - Part.4
“Penser, c'est parler avec soi-même.” - Miguel de Unamuno
- Alors ? Qu’est-ce que tu vas faire de tout ça, en ce début d’année ?
- Il t’a vraiment fallu cinquante ans pour en arriver là ?!
Non. J’en étais conscient depuis longtemps. Mais pris dans un flot de responsabilités, et sans doute dans ce besoin un peu maladif de toujours vouloir bien faire, j’ai sacrifié une partie de ma vie privée à des tâches chronophages. Pour finalement me rendre compte d’un truc assez frustrant et amer : on remarque surtout ce que tu n’as pas eu le temps de faire, rarement tout ce que tu as accompli. Et c’est d’ailleurs assez symptomatique, pas seulement dans le boulot, mais aussi dans la vie personnelle.
- Et le but, au fond ? Te dégager du temps pour une vie sociale et privée actuellement proche du coma artificiel ?
Oui et non, le système à mon niveau, à ma façon, version soft power, procrastination light, mode avion assumé, communication parfois imparfaite, mais suffisamment claire pour tenir.
- Ça promet de grands moments, non ?
Peut-être. J’en sais rien, en réalité. Mais ce sont des solutions qui ne me demandent ni de me trahir ni de me réinventer, qui s’installent sans violence, simples à mettre en place et plutôt alignées avec ce que je suis. Et puis le temps passe. À un moment donné, je n’ai pas envie de réaliser trop tard que je suis passé à côté de ce qui compte vraiment, de ce qui fait sens.
Mes envies profondes, ma famille. mes amis, accessoirement, moi-même ; en somme : ma vie
samedi 28 février 2026
Fugit irreparabile tempus - Part.3
“Il n’y a qu’un moyen d’avoir trouvé sa place, c’est d’être arrivé là d’où littéralement l’on ne peut pas bouger.” - Paul Claudel (Saint-Louis)
(À suivre…)







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