samedi 19 septembre 2026
Tu écoutes trop de musique
samedi 29 août 2026
Août : rien à déclarer
Pour le reste, rien de bien nouveau. Ma vie privée et sociale pourrait parfaitement définir le néant. Mon travail, qui habituellement me sert de point d’ancrage, est devenu un environnement irrespirable. À ce stade, je ne suis même plus certain de pouvoir m’entendre avec un pot à crayons. Le désinvestissement général me donne parfois l’impression de tenir la boutique à bout de bras pendant que ceux qui pourraient m’aider semblent surtout occupés à observer le bateau couler dans le calme.
Mon coup de blues en juillet et ma menace de partir ont eu leur petit effet. Il y a eu du monde pour me retenir ; beaucoup moins pour m’écouter. Quant au fameux « bien-être au travail », leur conception est décidément très pénétrante ; sans lubrifiant, elle a filé direct au fond de mon rectum : "on tient beaucoup à vous, à condition que vous acceptiez exactement ce qu’on vous propose". C’est-à-dire des mutations par monts et par vaux sauf évidemment là où je l’avais demandé. J’ai proposé de tenir mes engagements et de partir si rien de plus intéressant ne m'était proposé. Pour aller où ? À droite, à gauche, en haut, en bas… c’est le même labyrinthe dont toutes les sorties donnent sur la même merde. Alors, dès que j’ai deux jours, je me barre. Je me suis inscrit dans une deuxième salle de sport près de Lyon, où je retrouve ce qui ressemble encore à de l’énergie et de la tranquillité : nouvel environnement, quelques beaux gars bien bandants et surtout suffisamment de poids à soulever pour faire taire celui que j’ai dans la tête. Le travail me bouffe lentement et je commence à me demander combien de temps on peut tenir en fonctionnant uniquement sur les nerfs et quelques réserves de survie dont je ne connais même plus la date de péremption.
[+]La p’tite musique qui va bien avec… ⏯️ Leifur James - “Mumma Don't Tell”
samedi 18 juillet 2026
No Pain, No Gain… suite et… fin
Il y a déjà eu un petit « crush » (raconté [ici]), une tentative de contact qui a lentement dérivé vers de l'observation discrète (ou du voyeurisme, selon les points de vue) [là], et enfin cet échange, dans les vestiaires, il y a quelques jours.
Moi : Ça fait un moment qu'on ne s'est pas vus.
Lui : Ah oui, j'étais en vacances.
Moi : Encore plus beau bronzé.
Lui : Euh... pardon... tu parles de moi ?
Moi : Il n'y a que nous deux...
À cet instant précis, il réalise. Son regard semble lancer une série de vérifications de sécurité. Moi, pendant ce temps, je récupère péniblement mon âme qui vient de quitter mon corps après l'effort colossal que m'ont coûté ces quatre mots.
Lui : (sourire... manifestement gêné) Merci, c'est gentil... euh... je suis hétéro (murmuré comme si c'était une maladie mortelle).
Moi : Ah... et ça fait longtemps ?
Ce n'était sans doute pas la réponse la plus adéquate, mais bon, quand je laisse la panique prendre le volant, mon humour s'accroche comme il peut au siège passager.
Lui : (rire... un peu crispé) Depuis toujours, autant que je sache.
Bizarre cette précision, comme s'il existait une période d'essai avec possibilité de résiliation.
Moi : Désolé, je ne voulais pas te gêner.
Lui : Non, non, ça va, pas de souci... Bon... eh bien... bon week-end.
Et là, repli stratégique. Départ en vitesse. Au cas où je déciderais de lui sauter dessus entre les haltères et la machine à leg press. Ce qui n'était pas prévu... mais là maintenant, encore moins.
Moi : Oui, à toi aussi.
Fin.
Je soupçonne qu'il ne découvrait pas exactement mon orientation sexuelle ce jour-là ; il mettait simplement un visage sur une hypothèse. Je suis curieux de connaître la vitesse de propagation de cette information et combien de temps il faudra avant que cela fasse le tour du Gym. Parce que même sans abonnement, les ragots circulent carrément plus vite que la perte de calories.
[+]La p’tite musique qui va bien avec… ⏯️ Nightmares On Wax - “You Wish”
samedi 11 juillet 2026
Rétrospective 07/2026
Ceci n’est pas l’article initial. La première version était tellement chiante qu'elle aurait pu servir de somnifère. Mais comme j’ai un goût prononcé pour la régularité, je ne pouvais pas laisser passer la moitié de l’année sans une p'tite rétrospective semestrielle.
samedi 4 juillet 2026
Tu lis trop de livres
Il devient de plus en plus difficile de trouver certains classiques dans des éditions qui donnent simplement envie de les lire. Je trouve cela regrettable. Et si j’étais d’un naturel plus soupçonneux, je finirais presque par me demander : pourquoi ? Et surtout… dans quel but ? Récemment, j’ai voulu relire 1984 de George Orwell. Mon ancienne édition ayant mystérieusement disparu, je me suis rabattu sur une version récente, sans réaliser qu’il s’agissait d’une nouvelle traduction.
Les premières pages m’ont déjà laissé perplexe : quelques coquilles, ce qui surprend pour un éditeur de cette réputation. Mais le vrai choc est arrivé avec la "novlangue", devenue… "néoparler". Là, j’ai bondi de mon canapé avec l’élégance d’un ressort industriel. "Non… ils n’ont quand même pas osé ?!?" Je ne conteste évidemment pas le travail de la traductrice. En revanche, je m’interroge sur le principe. "Novlangue" n’est plus seulement un terme du roman : c’est un mot passé dans le langage courant. Le remplacer revient à effacer un repère culturel. Et l’ironie serait savoureuse si elle n’était pas tant contrariante : modifier les mots dans 1984, c’est presque mettre en pratique ce que le livre dénonce.
samedi 27 juin 2026
Les kilomètres nécessaires
Quand je constate à quel point une simple semaine loin du travail et de mon décor habituel peut avoir des effets bénéfiques sur mon moral, ma santé physique et mon équilibre mental, je me demande sincèrement pourquoi je ne pars pas plus souvent. Peut-être parce que j’ai du mal à décrocher complètement. Cette fois, l’objectif était simple : mettre le plus de kilomètres possible entre moi et mon quotidien. Couper portable et ordi et surtout, me reposer.
Mais au fil des jours, il y a eu d’autres regards, d’autres sourires, d’autres petits gestes presque insignifiants qui, mis bout à bout, ont fait beaucoup de bien à mon ego écorché. À la fin de notre entraînement au street workout, un homme m’a suivi pour engager la conversation. Un garçon charmant, avec deux fossettes absolument scandaleuses de perfection et un regard dans lequel on aurait pu égarer ses pensées pendant plusieurs années. Je lui ai expliqué, avec tout le sérieux dont je suis capable lorsque je raconte des conneries, que les fossettes étaient une anomalie génétique et qu’il était donc, techniquement, un peu handicapé. Cela ma plu de le voir rire. J'étais surtout amusé de constater que mon humour, qui me vaut souvent des regards perplexes, n'avait, pour une fois, pas besoin de notice explicative. Nous avons pris un café ensemble. Puis il a voulu m’inviter à dîner. Seulement il n’y aurait pas de soirée. Mon retour m’attendait dans une poignée d'heures, et quelques jours plus tard, lui retraverserait l’Atlantique pour rentrer chez lui. Nos chemins ne faisaient que se croiser, une rencontre qui n’avait pas besoin d’avenir, juste assez de sensualité pour mériter d’être vécue .
dimanche 21 juin 2026
dimanche 14 juin 2026
Divin, Dimanche, Détente
[+]La p’tite musique qui va bien avec… ⏯️ Orgone - “Be Thankful For What You've Got”
mardi 2 juin 2026
Ce qui continue sans nous
Comment expliquer ce genre de comportement autrement que par une forme de masochisme ? Dimanche, en repassant dans le village où nous vivions, je me suis arrêté au stade. Il y avait un match. J’ai garé la voiture. C’est comme ça, mes idées foireuses commencent toujours par un mauvais stationnement. Tu étais là, sur le terrain, le numéro 6, fidèle au poste. Je ne sais pas vraiment si j’espérais que tu me voies. De toute façon, j’aurais pu me tenir au milieu de ton salon, je ne suis même pas sûr que tu m’aurais remarqué. Je t’ai regardé jouer ; une vingtaine de minutes qui ont suffi à gâcher l’après-midi. Je suis reparti, les jambes molles et la gorge serrée. Sur l’autoroute, une pensée s’est imposée : ta vie semblait continuer très bien sans moi. Et finalement, j’étais heureux pour toi.
Moi, en revanche, il est clair, vu mon état, que je t’aime toujours. Trois ans plus tard, je reste convaincu que notre relation n’était plus possible. Certains pensent que l’amour peut tout. Toi, tu pensais que l’amour n'est pas toujours suffisant. Et peut-être avais-tu raison ? J’ai longtemps cru que nous étions faits pour être ensemble. Aujourd’hui, je crois surtout qu’il existe des incompatibilités que l’amour ne sait pas réparer. Il faut vivre avec cette étrange contradiction : être persuadé d’avoir pris la bonne décision tout en regrettant encore qu’elle ait été nécessaire.
C’est comme ça.
À l'évidence, je ne suis toujours pas remis de toi. Mes intestins non plus visiblement, tant ce genre de situation facilite mon transite. Alors, une fois rentré chez moi, j’ai pris un citrate de bétaïne comme on prend un Alka-Seltzer. Dans une semaine, je ne penserai probablement plus à ce dimanche après-midi. Mais comme chaque semaine depuis trois ans, j’aurai encore une pensée pour toi. Tout finit par passer, je soupçonne simplement certaines choses de prendre volontairement la nationale plutôt que la voie rapide.
samedi 30 mai 2026
Tu lis trop de livres
Parfois, au détour d’une page, je m’arrête avec l’émergence d’un vrai “Whaou” exprimé tout haut. Dans “L’Oiseau moqueur”, un personnage évoque ainsi la chute de la société :
Et là, je me suis sincèrement dit : “Euh… elle était sacrément high-tech, la boule de cristal de Walter Tevis. Il pouvait difficilement viser plus juste vu le contexte actuel.”
Si j’ai autant d’affection pour ce livre, c’est parce qu’il parle finalement très bien de notre société actuelle, avec presque cinquante ans d’avance. Comme dans son récit, je crois que l’humanité risque de devenir toujours plus dépendante des technologies, au point d’abandonner peu à peu toute réflexion personnelle. Une humanité silencieuse et vide, où l’on ne crée plus, où l’on ne lit plus, où l’on n’aime plus vraiment, se contentant simplement de ce qu’on lui diffuse sur des écrans. Je partage avec Tevis cette vision d’un monde qui disparaît lentement, dans une sorte d’agonie tranquille, plutôt que dans une catastrophe spectaculaire :
[+]La p’tite musique qui va bien avec… ⏯️ Archive - “City Walls”
[+]“L’Oiseau moqueur” - Walter Tevis | “Ubik” - Philip K. Dick | “Fahrenheit 451” - Ray Bradbury
dimanche 24 mai 2026
Tu regardes trop de films
Le film décroche péniblement la moyenne sur la plupart des sites de critiques, mais honnêtement, j’ai trouvé ça plutôt bien ficelé. Preuve irréfutable : je ne me suis pas endormi. Et vu mon niveau de fatigue actuel, c’est presque une standing ovation. Bon, il faut reconnaître qu’en matière de films du genre, le renouvellement des thèmes n’est pas franchement révolutionnaire. On reste souvent dans des mécaniques assez classiques et, soyons honnêtes, rarement très surprenantes.
“The Prodigy” Official Trailer (2019)
samedi 9 mai 2026
Notes d’un sceptique un peu troublé
C’est sans doute mon incurable nostalgie, mêlée à l’écriture sensible de son auteur, qui me ramène régulièrement vers les Domahom’s papers. Sur ce blog, je parle finalement assez peu de ma famille. Cet espace ressemble moins à un journal intime qu’à un album de souvenirs un peu épars, alimenté selon l’humeur du moment. Pourtant, comme dans toutes les familles, j’imagine, il y a chez nous son lot d’anecdotes, de secrets éventés avec le temps et de personnages hauts en couleur. Le problème, c’est que je ne saurais pas vraiment comment en parler… ou alors avec beaucoup moins de talent que Domahom, ce qui reviendrait un peu à jouer du triangle après un concerto. Les histoires familiales me sont surtout racontées par ma Mère, qui possède ce don rare de créer du lien partout où elle passe. Moi, j’ai vécu en périphérie de la famille, un peu comme ce cousin qu’on voit sur les photos mais dont personne ne sait vraiment s’il est arrivé avant ou après le dessert.
Avec le temps, j’ai fui les grandes villes et leur agitation. Dire que je me suis “rangé” serait exagéré, mais depuis la disparition de mon Père et quelques secousses personnelles difficiles à encaisser, j’aspire surtout à davantage de calme. J’ai eu plusieurs vies, aucune vraiment ratée, aucune totalement exaltante non plus. Mais il existe un sujet que je n’arrive toujours pas à aborder : celui des vieilles âmes. Rien que l’expression a déjà un léger parfum d’encens et de librairie ésotérique, ce qui cadre assez mal avec mon tempérament cartésien. Ma Sœur avait évoqué cette idée à la mort de notre Père. Depuis, je lis régulièrement sur le sujet. Et force est de constater que, contrairement à ce qu’elle pensait, mon Père n’en était probablement pas une… alors que moi, je coche "troublamment" toutes les cases. Reste maintenant à trouver comment parler de tout ça sans donner l’impression d’avoir passé trois semaines dans une yourte à parler aux cristaux. Même si, au fond, le besoin d’écrire là-dessus devient de plus en plus difficile à ignorer.
samedi 2 mai 2026
Toujours ... au bord de quelque chose
samedi 25 avril 2026
Guide pratique du sang-froid approximatif
3h20 du matin. Le téléphone sonne : le boulot.
Effectivement, ce ne l’était pas.
Résultat : il ne m’adresse plus la parole.
À bien y réfléchir, chaque prise de parole en réunion serait un excellent prétexte pour me remettre à boire. Et curieusement, cette idée me fait sourire, heureusement.
Et là, je repense systématiquement à ce dessin 👇
samedi 18 avril 2026
Tu lis trop de livres
“Mais quand on voit l’angoisse qui résulte de ces liens brisés, ce douloureux étonnement d’une âme trompée, cette défiance qui succède à une confiance si complète, et qui, forcée de se diriger contre l’être à part du reste du monde, s’étend à ce monde tout entier, cette estime refoulée sur elle-même et qui ne sait plus où se replacer, on sent alors qu’il y a quelque chose de sacré dans le cœur qui souffre, parce qu’il aime ; on découvre combien sont profondes les racines de l’affection qu’on croyait inspirer sans la partager : et si l’on surmonte ce qu’on appelle faiblesse, c’est en détruisant en soi-même toute ce qu’on a de généreux, en déchirant tout ce qu’on à de noble et de bon. On se relève de cette victoire, à laquelle les indifférents et les amis applaudissent, ayant frappé de mort une portion de son âme, bravé la sympathie, abusé de la faiblesse, outragé la morale en la prenant pour prétexte de la dureté ; et l’on survit à sa meilleure nature, honteux ou perverti par ce triste succès.”
À ce stade, deux options s’offrent à moi : soit considérer qu’il s’agit là d’une profonde analyse de l’âme humaine, ce qui est incontestablement vrai ; soit y voir une tentative particulièrement élaborée de me mettre face à moi-même, ce que je trouve déjà beaucoup moins courtois.
Quoi qu’il en soit, j’ai refermé le livre avec le sentiment d’avoir compris quelque chose d’important et l’envie très modérée d’en faire quoi que ce soit.
Conclusion : inutile de brusquer le DJ.
[+]La p’tite musique qui va bien avec… ⏯️ Sade - “King Of Sorrow”







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