samedi 14 février 2026

Fugit irreparabile tempus - Part.1

Le temps fuit sans retour, une affirmation que j’ai empruntée à ce vieux poète romain, Virgile. À la fois constat, réalité et sanction irrévocables. Une phrase qui, dans mon état d’esprit actuel, sonne moins comme une citation savante que comme un rappel un peu doux-amer. Janvier, de toute façon, a toujours ce goût particulier, un mois d’ajustement, un mois-test. Celui où j’expérimente les stratégies de l’année avant de tenter de les figer en habitudes de vie (supposément) plus saines. Un paradoxe, d’ailleurs, chez quelqu’un comme moi qui n’a jamais été bien latéralisé ni dans le temps ni dans l’espace. Je ne réalise le temps qui passe que lorsqu’il laisse des traces : sur mon corps, mon énergie, ou ma patience. Bien sûr, je connais cette pure invention humaine que sont les années, mois, heures et minutes. Mais je dois avouer qu’ils me demandent un effort considérable pour devenir une mesure absolue de mes activités quotidiennes. Je ne porte pas de montre et mon rythme circadien est parfaitement réglé. Comme pour mon maître à penser Schopenhauer, le temps reste pour moi avant tout une dépendance de l’esprit.

Par exemple, demandez-moi quand j’ai passé mon bac, les dates de mes dernières vacances ou, même parfois, ma date de naissance… et là j’hésite. Je cherche. Je réfléchis. Bon, j'exagère un peu, mais tu saisis l'idée, non ? C’est sans doute pour ça que j’ai ce besoin presque vital, de faire des listes, de tenir mon agenda à jour, de tout programmer. Pas tant pour moi, au fond, mais pour répondre aux attentes des autres. Car moi, je sais que les choses finissent toujours par se faire, tôt ou tard. Simplement, en dehors de ma vie personnelle, je ne suis pas le maître des horloges.


L’année dernière, je me suis énormément investi professionnellement. À tel point qu’on m’a gentiment suggéré de lever le pied, de penser davantage à moi. Quand j’ai voulu mettre ce conseil en pratique, j’ai découvert qu’il était à géométrie variable : il fonctionnait surtout quand il ne dérangeait personne. Au travail, l’équipe est compétente, sans aucun doute. Mais chacun avance à sa manière, parfois sans réaliser que cela peut me générer une charge de travail supplémentaire, voire de sérieuses pertes de temps. Si l’on additionne mes horaires, le temps nécessaire pour récupérer, et l’énergie dépensée à colmater ce qui déborde, il ne reste plus grand-chose pour la vie personnelle. Et ça, j’ai encore un peu de mal à le digérer.

C’est précisément là-dessus que j’ai décidé d’agir. Parce que fugit irreparabile tempus et que manifestement, le temps n’a aucun scrupule à se faire employer à plein temps par d’autres pendant que moi, je cours après.

(À suivre…)

[+]La p’tite musique qui va bien avec… ⏯️ Frank Ocean - “Pink + White”



samedi 7 février 2026

No Pain, No Gain… la suite

"Le ciel appartient aux impétueux qui de l’attendent pas" - Lou Andréas-Salomé

Il y a donc une suite à l’article précédent. Ne nous emballons pas : rien de spectaculaire. Je reste fidèle à ce non-événement au parfum d’érotisme vaporeux. À mon rituel, à savoir mes séances de sport, s’est greffé quelque chose de désormais réglé dans mes semaines : lui.

Nous partageons les mêmes horaires, la même motivation sportive… le même vestiaire.

Je ne connais toujours pas son nom. Nos échanges demeurent discrets : un bonjour, parfois une poignée de main. Et toujours ce regard aux contours flous, ce sourire dont j’ignore encore s’il est simplement poli ou chargé d’autre chose. L’imagination, elle, s’agite. Les faits, beaucoup moins. Les occasions de parler existent, pourtant je n’en saisis aucune.
Sous couvert d’une pudeur un peu feinte, je me dévêts en lui tournant le dos, sans savoir s’il m’observe. Peut-être que oui, peut-être que non. Pour l’instant, cette incertitude suffit à nourrir le trouble.

Souvent, nos douches se terminent ensemble. Ensuite, sans retenue, je le regarde s’habiller, lentement. Il sait que mes yeux suivent la ligne de ses jambes galbées, le tracé du tatouage qui glisse le long de sa colonne vertébrale, ses fesses franchement attirantes.
Puis vient un dernier regard, un au revoir. Rideau. À la prochaine.

Marié, peut-être, aucune alliance. En couple ou célibataire ? Impossible à dire. Hétéro ou homo ? Mystère. Drague en suspens ? Je n’en suis pas certain. Une histoire possible ? Peu probable.
Ces moments sont pourtant intensément attendus. Ils excitent, ils appellent. Mais l’ambiguïté de ces instants me suffit encore, pour le moment. Je me demande seulement jusqu’où je serais prêt à aller si un signe apparaissait. Est-ce que je le veux vraiment, d’ailleurs ? Peut-être pas entièrement. Ou juste assez pour ne pas refuser si l’occasion se présentait. Un geste franc, un mouvement sans appel, et je pourrais bien répondre, franchir la distance restante.

Jusqu’à présent, je me suis refusé la grande artillerie. Après tout, certaines attentes sont souvent plus troublantes que leur aboutissement. Je me contente d’observer, de ressentir, et de laisser le désir esquisser sa propre trajectoire… ou s’évanouir doucement.

[+]La p’tite musique qui va bien avec… ⏯️ Oliver Koletzki feat. Fran - “Hypnotized”

dimanche 1 février 2026

Tu écoutes trop de musique


Pourquoi ? 
Ne me demandez pas pourquoi j’aime cette chanson. Sans doute parce qu’elle résonne quelque part en moi, même si je ne suis plus unhinged depuis longtemps. Le rythme, ce petit côté musical old school… allez savoir. Il y a des choses qui ne s’expliquent pas vraiment. C’est comme ça.

Okay, maybe I'm unhinged ('hinged) | Kick my ass up off the hinge (hinge) | Open doors I can't get in (ooh, ooh-ooh) | I just wanna make new friends | Dancing on a different side of the club | Calling it lust, calling it lust | Why you out there making a fuss? | Acting unjust in the court of love | Can you just let me out bail? | Swear I won't tell | If a normal girl is my destiny and my pair, I'ma go there | Listen (listen) to my body language (hear me) | I'm walking poetry (poetry) | Holy matrimony | Feast your eyes | I say listen to my body language | I'm walking poetry | Holy matrimony, feast your eyes | Okay, maybe I am unhinged ('hinged) | Kick my ass up off a hinge (hinge) | Open doors I can't get in (ooh, ooh) | I just wanna make new friends (do it again, do it again) | Come on, say… | Get so sentimental when I'm smoking on that Indo | When I'm looking out the window thinking 'bout you (thinking of…) | Get so sentimental when I'm smoking on that Indo | When I'm looking out the window thinking about you…

 

lundi 19 janvier 2026

Happy Birthday to Me !


Habituellement, je commence l’année avec une p’tite liste de bonnes résolutions. Cette fois, hormis deux ou trois broutilles sans grande importance, j’ai décidé d’arrêter de surcharger ma conscience de tâches superflues : celles qui me prennent un temps fou et ne nourrissent, au fond, qu’un ego déjà fragile, promis à s’effondrer aussi sûrement que la banquise.

Cette année, je m’envoie donc une petite e-card. Et j’ai choisi de faire dans l’ethnique, histoire de me rappeler que les années passent… et la jeunesse avec. Reste à espérer que le charme, lui, résiste. Le type sur l’image aime sûrement les daddies et ne s’enfile certainement pas un gâteau de cette taille pour afficher un corps pareil. L’objectif n’est pas de faire reculer les aiguilles de l’horloge mais au moins de préserver ce qui reste : une bonne occasion encore présentable et qui tient la route. Tu vois ?

Surtout, tenter de dépasser les aigreurs du passé pour éviter que le quinquagénaire que je suis devenu ne se transforme en pruneau : tout ratatiné et qui fait chier.

[+]La p’tite musique qui va bien avec… ⏯️ breathe. - “Are You All Good?
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samedi 10 janvier 2026

No Pain, No Gain

"Parfois un visage se met à côté du soleil et provoque une sorte d’éclipse" - Christian Bobin "La Grande Vie"

Il y a ce mec à la salle de sport. Il vient un jour sur deux. Je crois.
Aujourd’hui, il m’a regardé. Un vrai regard.

Puis il m’a souri.

Avant, j’aurais dit un truc. N’importe quoi. Une phrase un peu nulle mais efficace. Histoire de savoir s’il fallait activer la machine à espoirs.

Mais là, non. Flemme émotionnelle, sans doute ?

J’ai envie de faire comme si ce micro-moment était déjà quelque chose. Comme si ça suffisait. Sans objectif. Sans suite prévue.

Je sais qu’il sait que je l’ai remarqué. Et nous faisons semblant que non. Pas très mature mais bon, pourquoi pas ?

Et après ?

Rien, probablement.

Mais ce rien-là me plaît.

Ces secondes entre nos gouttes de sueur.

Ce désir immobile.

Ce luxe de ne rien provoquer.


[+]La p’tite musique qui va bien avec… ⏯️ Kate Miller - “Fortify”


dimanche 4 janvier 2026

RIP Brigitte Bardot (1934-2025)


"Rien n'est jamais à refaire... mais tout reste à faire "
- Brigitte Bardot