vendredi 20 mars 2026
C'est le Printemps
samedi 14 mars 2026
Chronique d’un masque annoncé
Sérieux, le mot était lâché.
Elle me brandit le sachet comme si elle me remettait une relique sacrée. Je proteste. Par principe, parce que je suis un homme rationnel et légèrement de mauvaise foi. Mais j’aime la manière qu’elle a de vouloir réparer le monde en commençant par moi.
Toujours inquiétant, les « tu verras ».
Une fois la prêtresse repartie invoquer les éléments vers ses clairières énergétiques, j’ai oublié le machin à l’argile au fond du frigo entre des carottes en fin de règne et un concombre en pleine dépression liquide. Ce qui, avec le recul, est déjà une victoire car c’est un miracle que je ne l’aie pas tartiné sur un toast un soir de désespoir.
Puis, la semaine dernière, je l’ai retrouvé. Il m’attendait. Je me suis dit que ce serait drôle d’essayer. Grave erreur ou excellente idée ? Je ne sais toujours pas.
Je me suis appliqué le machin à l’argile. Déjà, la texture évoquait une boue décidée à ne coopérer avec aucune structure faciale humaine, obéissant avec une détermination admirable à la gravité. J’ai donc dû aller pisser, puis me coucher, la tête inclinée à 90 degrés, comme un gisant médiéval perdu au fond d’une cathédrale humide.
Allongé là, immobile, je me suis fait une réflexion tout à fait raisonnable : si je mourais cette nuit, que dirait le rapport des secours.
« Sujet retrouvé allongé, teint verdâtre, expression figée. Probablement transformation inachevée. »
Je ressemblais à un mélange entre une statue oubliée et…
Le masque de boue n’a rien transformé mais le fou rire, lui, a tout changé. Le genre de fou rire qui nettoie plus sûrement que l’argile.
samedi 7 mars 2026
Fugit irreparabile tempus - Part.4
“Penser, c'est parler avec soi-même.” - Miguel de Unamuno
- Alors ? Qu’est-ce que tu vas faire de tout ça, en ce début d’année ?
- Il t’a vraiment fallu cinquante ans pour en arriver là ?!
Non. J’en étais conscient depuis longtemps. Mais pris dans un flot de responsabilités, et sans doute dans ce besoin un peu maladif de toujours vouloir bien faire, j’ai sacrifié une partie de ma vie privée à des tâches chronophages. Pour finalement me rendre compte d’un truc assez frustrant et amer : on remarque surtout ce que tu n’as pas eu le temps de faire, rarement tout ce que tu as accompli. Et c’est d’ailleurs assez symptomatique, pas seulement dans le boulot, mais aussi dans la vie personnelle.
- Et le but, au fond ? Te dégager du temps pour une vie sociale et privée actuellement proche du coma artificiel ?
Oui et non, le système à mon niveau, à ma façon, version soft power, procrastination light, mode avion assumé, communication parfois imparfaite, mais suffisamment claire pour tenir.
- Ça promet de grands moments, non ?
Peut-être. J’en sais rien, en réalité. Mais ce sont des solutions qui ne me demandent ni de me trahir ni de me réinventer, qui s’installent sans violence, simples à mettre en place et plutôt alignées avec ce que je suis. Et puis le temps passe. À un moment donné, je n’ai pas envie de réaliser trop tard que je suis passé à côté de ce qui compte vraiment, de ce qui fait sens.
Mes envies profondes, ma famille. mes amis, accessoirement, moi-même ; en somme : ma vie
samedi 28 février 2026
Fugit irreparabile tempus - Part.3
“Il n’y a qu’un moyen d’avoir trouvé sa place, c’est d’être arrivé là d’où littéralement l’on ne peut pas bouger.” - Paul Claudel (Saint-Louis)
(À suivre…)
samedi 21 février 2026
Fugit irreparabile tempus - Part.2
En lisant un article passionnant il y a peu, j’ai découvert quelque chose d’assez étonnant: à force de trifouiller protons et neutrons pour mesurer le temps à l’atome près, les scientifiques ont fini par tomber sur un os. À l’échelle infinitésimale des particules, le temps ne semble plus avoir de direction. Passé et futur deviennent comme interchangeables, comme si la flèche du temps se dissolvait. Une idée qui me plaît énormément. Finalement, le temps n’est peut-être pas ce cadre rigide que j’ai parfois l’impression de subir. Mon pote Schopenhauer, avec deux siècles d’avance, avait finalement raison, c’est bien une construction mentale, a priori. En tout cas, une conception bien plus fragile que je ne l’imaginais et, peut-être, une piste pour revoir ma propre manière de l’habiter. Tout ça m’a occupé l’esprit ces derniers temps. Pas au point de m’empêcher de dormir, mais suffisamment pour que la question revienne assez souvent : Comment, au juste, je pourrais exploiter cette information ? Je sais, dit comme ça, ça peut sembler un peu débile. Et pourtant.(À suivre…)
[+]La p’tite musique qui va bien avec… ⏯️ Moloko - "The Time Is Now”
mardi 17 février 2026
Tu lis trop de livres
Hugh Laurie - "Tout est sous contrôle"
[+]Crédit Photo : Thought Petals by Lupidog
samedi 14 février 2026
Fugit irreparabile tempus - Part.1
[+]La p’tite musique qui va bien avec… ⏯️ Frank Ocean - “Pink + White”
samedi 7 février 2026
No Pain, No Gain… la suite
"Le ciel appartient aux impétueux qui de l’attendent pas" - Lou Andréas-Salomé
Il y a donc une suite à l’article précédent. Ne nous emballons pas : rien de spectaculaire. Je reste fidèle à ce non-événement au parfum d’érotisme vaporeux. À mon rituel, à savoir mes séances de sport, s’est greffé quelque chose de désormais réglé dans mes semaines : lui.
Nous partageons les mêmes horaires, la même motivation sportive… le même vestiaire.
Jusqu’à présent, je me suis refusé la grande artillerie. Après tout, certaines attentes sont souvent plus troublantes que leur aboutissement. Je me contente d’observer, de ressentir, et de laisser le désir esquisser sa propre trajectoire… ou s’évanouir doucement.
dimanche 1 février 2026
Tu écoutes trop de musique
Pourquoi ? Ne me demandez pas pourquoi j’aime cette chanson. Sans doute parce qu’elle résonne quelque part en moi, même si je ne suis plus unhinged depuis longtemps. Le rythme, ce petit côté musical old school… allez savoir. Il y a des choses qui ne s’expliquent pas vraiment. C’est comme ça.
lundi 19 janvier 2026
Happy Birthday to Me !
samedi 10 janvier 2026
No Pain, No Gain
Puis il m’a souri.
Avant, j’aurais dit un truc. N’importe quoi. Une phrase un peu nulle mais efficace. Histoire de savoir s’il fallait activer la machine à espoirs.
Mais là, non. Flemme émotionnelle, sans doute ?
J’ai envie de faire comme si ce micro-moment était déjà quelque chose. Comme si ça suffisait. Sans objectif. Sans suite prévue.
Je sais qu’il sait que je l’ai remarqué. Et nous faisons semblant que non. Pas très mature mais bon, pourquoi pas ?
Rien, probablement.
Mais ce rien-là me plaît.
Ces secondes entre nos gouttes de sueur.
Ce désir immobile.
Ce luxe de ne rien provoquer.
[+]La p’tite musique qui va bien avec… ⏯️ Kate Miller - “Fortify”



















