samedi 2 mai 2026
Toujours ... au bord de quelque chose
samedi 25 avril 2026
Guide pratique du sang-froid approximatif
3h20 du matin. Le téléphone sonne : le boulot.
Effectivement, ce ne l’était pas.
Résultat : il ne m’adresse plus la parole.
À bien y réfléchir, chaque prise de parole en réunion serait un excellent prétexte pour me remettre à boire. Et curieusement, cette idée me fait sourire, heureusement.
Et là, je repense systématiquement à ce dessin 👇
samedi 18 avril 2026
Tu lis trop de livres
“Mais quand on voit l’angoisse qui résulte de ces liens brisés, ce douloureux étonnement d’une âme trompée, cette défiance qui succède à une confiance si complète, et qui, forcée de se diriger contre l’être à part du reste du monde, s’étend à ce monde tout entier, cette estime refoulée sur elle-même et qui ne sait plus où se replacer, on sent alors qu’il y a quelque chose de sacré dans le cœur qui souffre, parce qu’il aime ; on découvre combien sont profondes les racines de l’affection qu’on croyait inspirer sans la partager : et si l’on surmonte ce qu’on appelle faiblesse, c’est en détruisant en soi-même toute ce qu’on a de généreux, en déchirant tout ce qu’on à de noble et de bon. On se relève de cette victoire, à laquelle les indifférents et les amis applaudissent, ayant frappé de mort une portion de son âme, bravé la sympathie, abusé de la faiblesse, outragé la morale en la prenant pour prétexte de la dureté ; et l’on survit à sa meilleure nature, honteux ou perverti par ce triste succès.”
À ce stade, deux options s’offrent à moi : soit considérer qu’il s’agit là d’une profonde analyse de l’âme humaine, ce qui est incontestablement vrai ; soit y voir une tentative particulièrement élaborée de me mettre face à moi-même, ce que je trouve déjà beaucoup moins courtois.
Quoi qu’il en soit, j’ai refermé le livre avec le sentiment d’avoir compris quelque chose d’important et l’envie très modérée d’en faire quoi que ce soit.
Conclusion : inutile de brusquer le DJ.
[+]La p’tite musique qui va bien avec… ⏯️ Sade - “King Of Sorrow”
samedi 4 avril 2026
Tu lis trop de livres
En observant aujourd’hui les effets de certaines habitudes, celles qui consistent à n’offusquer personne, à ménager toutes les sensibilités, à éviter toute frustration, je ne peux m’empêcher de penser que ces précautions ont, semble-t-il, contribué à façonner une génération arrivée sur le marché du travail avec une faible tolérance à la contradiction. Récemment, ma N+1 m’a reproché un ton trop franc et direct. Peut-être est-ce parce que je parle peu et que, lorsque je m’exprime, mes mots résonnent plus fortement ? Pourtant, mes propos ne relèvent pas du jugement : ils sont le fruit de constats et d’observations. C’est sans doute pour cela que ce passage de La Ferme Africaine a particulièrement résonné en moi :
« Dans le monde des indigènes, c’est la somme de leurs observations qui détermine l’opinion qu’ils se font de vous, ou votre réputation. Sur ce point, certaines communautés européennes très pauvres leur ressemblent : elles ne jugent pas, elles additionnent. »
mardi 24 mars 2026
Tu regardes trop de séries
Preacher est sans doute la série la plus déjantée qu’il m’ait été donné de voir depuis Twin Peaks et American Gods. Elle reste néanmoins très commerciale.
Bon, je dois aussi avouer que je ne suis pas toujours un spectateur très assidu. Il m’arrive de m’endormir entre deux répliques : la télévision, désormais, me berce plus souvent qu’elle ne me captive. La fatigue a parfois raison même des meilleurs programmes et, pour être honnête, je la regarde de moins en moins. Je commence un épisode, je me réveille vaguement au milieu, puis je découvre la fin comme si c’était un rebondissement inattendu.
Ce qui est amusant aussi, c’est que l’acteur principal, Dominic Cooper, ressemble vraiment beaucoup à Kev Adams. Une ressemblance suffisamment troublante pour que, pendant quelques secondes, on se demande si l’on n’a pas changé de chaîne sans s’en rendre compte.
Bref, il incarne un révérend pour le moins atypique, et il y a notamment ce moment dans l’épisode 8 de la première saison où, pris de remords, il repêche Arseface, un paroissien qu’il avait lui-même damné. Je sais, il m’en faut peu… mais je trouve ce passage particulièrement savoureux.
Jesse : Alors, raconte-moi !
Eugene : Raconter quoi ?
Jesse : Ébhein, raconte… comment t’es revenu ?
Eugene : Vous… m’avez appelé… votre voix m’a appelé… alors j’ai commencé à creuser.
Jesse : Quoi ?! T’as creusé pour sortir de l’Enfer ?
Eugene : C’n’est pas si loin qu’ça
Jesse : C’est comment alors ?
Eugene : Bondé
[+]Trailer Preacher
[+]Trailer Twin Peaks
[+]Trailer American Gods Season 1
vendredi 20 mars 2026
C'est le Printemps
samedi 14 mars 2026
Chronique d’un masque annoncé
Sérieux, le mot était lâché.
Elle me brandit le sachet comme si elle me remettait une relique sacrée. Je proteste. Par principe, parce que je suis un homme rationnel et légèrement de mauvaise foi. Mais j’aime la manière qu’elle a de vouloir réparer le monde en commençant par moi.
Toujours inquiétant, les « tu verras ».
Une fois la prêtresse repartie invoquer les éléments vers ses clairières énergétiques, j’ai oublié le machin à l’argile au fond du frigo entre des carottes en fin de règne et un concombre en pleine dépression liquide. Ce qui, avec le recul, est déjà une victoire car c’est un miracle que je ne l’aie pas tartiné sur un toast un soir de désespoir.
Puis, la semaine dernière, je l’ai retrouvé. Il m’attendait. Je me suis dit que ce serait drôle d’essayer. Grave erreur ou excellente idée ? Je ne sais toujours pas.
Je me suis appliqué le machin à l’argile. Déjà, la texture évoquait une boue décidée à ne coopérer avec aucune structure faciale humaine, obéissant avec une détermination admirable à la gravité. J’ai donc dû aller pisser, puis me coucher, la tête inclinée à 90 degrés, comme un gisant médiéval perdu au fond d’une cathédrale humide.
Allongé là, immobile, je me suis fait une réflexion tout à fait raisonnable : si je mourais cette nuit, que dirait le rapport des secours.
« Sujet retrouvé allongé, teint verdâtre, expression figée. Probablement transformation inachevée. »
Je ressemblais à un mélange entre une statue oubliée et…
Le masque de boue n’a rien transformé mais le fou rire, lui, a tout changé. Le genre de fou rire qui nettoie plus sûrement que l’argile.
samedi 7 mars 2026
Fugit irreparabile tempus - Part.4
“Penser, c'est parler avec soi-même.” - Miguel de Unamuno
- Alors ? Qu’est-ce que tu vas faire de tout ça, en ce début d’année ?
- Il t’a vraiment fallu cinquante ans pour en arriver là ?!
Non. J’en étais conscient depuis longtemps. Mais pris dans un flot de responsabilités, et sans doute dans ce besoin un peu maladif de toujours vouloir bien faire, j’ai sacrifié une partie de ma vie privée à des tâches chronophages. Pour finalement me rendre compte d’un truc assez frustrant et amer : on remarque surtout ce que tu n’as pas eu le temps de faire, rarement tout ce que tu as accompli. Et c’est d’ailleurs assez symptomatique, pas seulement dans le boulot, mais aussi dans la vie personnelle.
- Et le but, au fond ? Te dégager du temps pour une vie sociale et privée actuellement proche du coma artificiel ?
Oui et non, le système à mon niveau, à ma façon, version soft power, procrastination light, mode avion assumé, communication parfois imparfaite, mais suffisamment claire pour tenir.
- Ça promet de grands moments, non ?
Peut-être. J’en sais rien, en réalité. Mais ce sont des solutions qui ne me demandent ni de me trahir ni de me réinventer, qui s’installent sans violence, simples à mettre en place et plutôt alignées avec ce que je suis. Et puis le temps passe. À un moment donné, je n’ai pas envie de réaliser trop tard que je suis passé à côté de ce qui compte vraiment, de ce qui fait sens.
Mes envies profondes, ma famille. mes amis, accessoirement, moi-même ; en somme : ma vie
samedi 28 février 2026
Fugit irreparabile tempus - Part.3
“Il n’y a qu’un moyen d’avoir trouvé sa place, c’est d’être arrivé là d’où littéralement l’on ne peut pas bouger.” - Paul Claudel (Saint-Louis)
(À suivre…)
samedi 21 février 2026
Fugit irreparabile tempus - Part.2
En lisant un article passionnant il y a peu, j’ai découvert quelque chose d’assez étonnant: à force de trifouiller protons et neutrons pour mesurer le temps à l’atome près, les scientifiques ont fini par tomber sur un os. À l’échelle infinitésimale des particules, le temps ne semble plus avoir de direction. Passé et futur deviennent comme interchangeables, comme si la flèche du temps se dissolvait. Une idée qui me plaît énormément. Finalement, le temps n’est peut-être pas ce cadre rigide que j’ai parfois l’impression de subir. Mon pote Schopenhauer, avec deux siècles d’avance, avait finalement raison, c’est bien une construction mentale, a priori. En tout cas, une conception bien plus fragile que je ne l’imaginais et, peut-être, une piste pour revoir ma propre manière de l’habiter. Tout ça m’a occupé l’esprit ces derniers temps. Pas au point de m’empêcher de dormir, mais suffisamment pour que la question revienne assez souvent : Comment, au juste, je pourrais exploiter cette information ? Je sais, dit comme ça, ça peut sembler un peu débile. Et pourtant.(À suivre…)
[+]La p’tite musique qui va bien avec… ⏯️ Moloko - "The Time Is Now”
mardi 17 février 2026
Tu lis trop de livres
Hugh Laurie - "Tout est sous contrôle"
[+]Crédit Photo : Thought Petals by Lupidog
samedi 14 février 2026
Fugit irreparabile tempus - Part.1
[+]La p’tite musique qui va bien avec… ⏯️ Frank Ocean - “Pink + White”





















