samedi 9 mai 2026

Notes d’un sceptique un peu troublé

C’est sans doute mon incurable nostalgie, mêlée à l’écriture sensible de son auteur, qui me ramène régulièrement vers les Domahom’s papers. Sur ce blog, je parle finalement assez peu de ma famille. Cet espace ressemble moins à un journal intime qu’à un album de souvenirs un peu épars, alimenté selon l’humeur du moment. Pourtant, comme dans toutes les familles, j’imagine, il y a chez nous son lot d’anecdotes, de secrets éventés avec le temps et de personnages hauts en couleur. Le problème, c’est que je ne saurais pas vraiment comment en parler… ou alors avec beaucoup moins de talent que Domahom, ce qui reviendrait un peu à jouer du triangle après un concerto. Les histoires familiales me sont surtout racontées par ma Mère, qui possède ce don rare de créer du lien partout où elle passe. Moi, j’ai vécu en périphérie de la famille, un peu comme ce cousin qu’on voit sur les photos mais dont personne ne sait vraiment s’il est arrivé avant ou après le dessert.



Avec le temps, j’ai fui les grandes villes et leur agitation. Dire que je me suis “rangé” serait exagéré, mais depuis la disparition de mon Père et quelques secousses personnelles difficiles à encaisser, j’aspire surtout à davantage de calme. J’ai eu plusieurs vies, aucune vraiment ratée, aucune totalement exaltante non plus. Mais il existe un sujet que je n’arrive toujours pas à aborder : celui des vieilles âmes. Rien que l’expression a déjà un léger parfum d’encens et de librairie ésotérique, ce qui cadre assez mal avec mon tempérament cartésien. Ma Sœur avait évoqué cette idée à la mort de notre Père. Depuis, je lis régulièrement sur le sujet. Et force est de constater que, contrairement à ce qu’elle pensait, mon Père n’en était probablement pas une… alors que moi, je coche "troublamment" toutes les cases. Reste maintenant à trouver comment parler de tout ça sans donner l’impression d’avoir passé trois semaines dans une yourte à parler aux cristaux. Même si, au fond, le besoin d’écrire là-dessus devient de plus en plus difficile à ignorer.

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samedi 2 mai 2026

Toujours ... au bord de quelque chose

Parfois, la vie nous sert des instants de pur délice… courts, trop courts, mais délicieusement onctueux. J’étais au volant, en route pour rendre visite à la Reine Mère, quand, au bord de la route, sans même lever le pouce, j’aperçois une silhouette “dans les fougères et les nénuphares”. On aurait dit Black Panther en pause syndicale, abandonné par Marvel au milieu de nulle part. Je ralentis… et là, dans son costume de motard, un beau Black court vers la voiture. Je lui demande s’il est en panne. Il m’explique qu’il a laissé sa moto au garage et qu’il est bon pour rentrer à pied, faute de chauffeur (tragédie moderne). Je ne sais pas si c’est mon célibat qui a pris ses aises ou juste une intuition, mais le courant passait. Enfin… il aurait pu. Parce que créer du lien, chez moi, c’est devenu un sport de haut niveau. Un ami m’a demandé récemment si je me rendais “accessible”. Verdict : non. Fermé pour travaux intérieurs, visiblement. Je le dépose quelques kilomètres plus loin, on se regarde, on se sourit... la porte se referme, "fin". On aurait pu aller boire un verre, discuter un peu plus, je pouvais même proposer un détour héroïque pour récupérer sa moto une fois révisée… mais non. Rien. Le néant. Moi qui, autrefois, avais une audace insolente. Là, silence radio, comme si une partie de moi n’y croyait plus vraiment. En repartant, je me suis dit que je laissais passer des occasions… et que je les regrettais souvent. Mais peut-être que ce n’est pas complètement un hasard.
Peut-être que, derrière ces hésitations, ces élans fantasmés, ces rencontres belles et improbables, il reste quelque chose de vivant, une envie douce et persistante d’aimer encore.

[+]La p’tite musique qui va bien avec… ⏯️ Sololyfe / AMYRA - “Don't Look Back”