samedi 27 juin 2026

Les kilomètres nécessaires

Quand je constate à quel point une simple semaine loin du travail et de mon décor habituel peut avoir des effets bénéfiques sur mon moral, ma santé physique et mon équilibre mental, je me demande sincèrement pourquoi je ne pars pas plus souvent. Peut-être parce que j’ai du mal à décrocher complètement. Cette fois, l’objectif était simple : mettre le plus de kilomètres possible entre moi et mon quotidien. Couper portable et ordi et surtout, me reposer.


Je me suis donc appliqué à cette mission avec un professionnalisme exemplaire. J’ai testé consciencieusement (par pur esprit scientifique) tous les cocktails de la carte de l’hôtel. J’ai lu tranquillement à l'ombre d'un ficus centenaire dont l’âge respectable lui donnait probablement davantage de sagesse que l’ensemble de mes décisions de ces dix dernières années. J’ai profité de la mer, de la chaleur, du soleil et j’ai fait beaucoup de sport dans un cadre si idyllique que même mes performances avaient décidé de prendre des congés. Quand je suis parti, pourtant, le moral n’était pas au beau fixe. Au-delà de la fatigue, il y avait cette impression diffuse d’indifférence. Cette sensation parfois tenace de traverser les journées sans vraiment laisser de trace, qui a fini par me convaincre que je valais un peu moins que ce que je suis réellement. Là-bas, quelque chose s’est doucement remis en place. Dès mon arrivée, le réceptionniste m’a accueilli avec un sourire à décoller le papier peint et quelques attentions qui ressemblaient davantage à du flirt qu’à un simple sens du service. Malheureusement, nous n’avons jamais eu l’occasion de nous recroiser. Une tragédie qui mériterait probablement sa propre mini-série.



Mais au fil des jours, il y a eu d’autres regards, d’autres sourires, d’autres petits gestes presque insignifiants qui, mis bout à bout, ont fait beaucoup de bien à mon ego écorché. À la fin de notre entraînement au street workout, un homme m’a suivi pour engager la conversation. Un garçon charmant, avec deux fossettes absolument scandaleuses de perfection et un regard dans lequel on aurait pu égarer ses pensées pendant plusieurs années. Je lui ai expliqué, avec tout le sérieux dont je suis capable lorsque je raconte des conneries, que les fossettes étaient une anomalie génétique et qu’il était donc, techniquement, un peu handicapé. Cela ma plu de le voir rire. J'étais surtout amusé de constater que mon humour, qui me vaut souvent des regards perplexes, n'avait, pour une fois, pas besoin de notice explicative. Nous avons pris un café ensemble. Puis il a voulu m’inviter à dîner. Seulement il n’y aurait pas de soirée. Mon retour m’attendait dans une poignée d'heures, et quelques jours plus tard, lui retraverserait l’Atlantique pour rentrer chez lui. Nos chemins ne faisaient que se croiser, une rencontre qui n’avait pas besoin d’avenir, juste assez de sensualité pour mériter d’être vécue .  


J’avais besoin de cette parenthèse. Moi qui commençais à croire que j’avais dépassé ma DLC, que je n’intéressais plus grand monde. Je suis revenu avec quelques raisons supplémentaires de ne pas toujours alimenter les doutes que je n’ai de cesse de ressasser. Parce qu’au fond, ces vacances ne m’ont pas seulement servi à revenir reposé. Elles m’ont un peu réchauffé le moral avant de retrouver certaines froideurs de mon quotidien. À reprendre confiance. À me rappeler que le regard que l’on porte sur soi est peut être parfois un peu trop dur. Ces quelques jours laissent derrière eux le souvenir de belles personnes croisées entre les palmiers, des verres partagés, des éclats de rire et cette petite chaleur au ventre qui reste encore quelques jours après avoir défait sa valise.

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dimanche 21 juin 2026

dimanche 14 juin 2026

Divin, Dimanche, Détente

Voilà… une semaine. Ce n’est pas beaucoup, mais c’est tout ce que j’ai réussi à me dégager pour prendre un peu de distance avec le travail. Samedi matin, dès que j’ai rendu l’astreinte, je suis parti. Un passage par la salle de sport, un coup de gonfleur sur les pneus, un lavage rapide de la voiture, et j’ai pris la tangente.


Aujourd’hui, dimanche, j’ai beau chercher, mon moral n’est pas dans les chaussettes et, je suis retourné faire une longue séance de HIIT au stade où j’avais l’habitude de m’entraîner il y a quelques années. C’était étrange de me retrouver là, à enchaîner les tours sur cette piste perdue au milieu de la verdure.


Il y avait quelque chose de familier et de réconfortant dans cet endroit. Comme si le temps avait passé partout sauf là. Les gens ne savent pas ce qu’ils perdent en ne faisant pas de sport. Quarante à soixante minutes pour vider son esprit, prendre soin de soi, tester ses limites, retrouver son souffle et remettre un peu d’ordre dans ses pensées. Dehors, sous un beau soleil, entouré de verdure, les problèmes paraissent soudain nettement moins lourds. Pendant quelques instants, il n’y a plus grand-chose à faire d’autre que mettre un pied devant l’autre, et… profiter.

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mardi 2 juin 2026

Ce qui continue sans nous

Comment expliquer ce genre de comportement autrement que par une forme de masochisme ? Dimanche, en repassant dans le village où nous vivions, je me suis arrêté au stade. Il y avait un match. J’ai garé la voiture. C’est comme ça, mes idées foireuses commencent toujours par un mauvais stationnement. Tu étais là, sur le terrain, le numéro 6, fidèle au poste. Je ne sais pas vraiment si j’espérais que tu me voies. De toute façon, j’aurais pu me tenir au milieu de ton salon, je ne suis même pas sûr que tu m’aurais remarqué. Je t’ai regardé jouer ;  une vingtaine de minutes qui ont suffi à gâcher l’après-midi. Je suis reparti, les jambes molles et la gorge serrée. Sur l’autoroute, une pensée s’est imposée : ta vie semblait continuer très bien sans moi. Et finalement, j’étais heureux pour toi.

Moi, en revanche, il est clair, vu mon état, que je t’aime toujours. Trois ans plus tard, je reste convaincu que notre relation n’était plus possible. Certains pensent que l’amour peut tout. Toi, tu pensais que l’amour n'est pas toujours suffisant. Et peut-être avais-tu raison ? J’ai longtemps cru que nous étions faits pour être ensemble. Aujourd’hui, je crois surtout qu’il existe des incompatibilités que l’amour ne sait pas réparer. Il faut vivre avec cette étrange contradiction : être persuadé d’avoir pris la bonne décision tout en regrettant encore qu’elle ait été nécessaire.

C’est comme ça.

À l'évidence, je ne suis toujours pas remis de toi. Mes intestins non plus visiblement, tant ce genre de situation facilite mon transite. Alors, une fois rentré chez moi, j’ai pris un citrate de bétaïne comme on prend un Alka-Seltzer. Dans une semaine, je ne penserai probablement plus à ce dimanche après-midi. Mais comme chaque semaine depuis trois ans, j’aurai encore une pensée pour toi. Tout finit par passer, je soupçonne simplement certaines choses de prendre volontairement la nationale plutôt que la voie rapide. 

[+]La p’tite musique qui va bien avec… ⏯️ Chris Rea - “The Road To Hell Part 1 & 2”