Il devient de plus en plus difficile de trouver certains classiques dans des éditions qui donnent simplement envie de les lire. Je trouve cela regrettable. Et si j’étais d’un naturel plus soupçonneux, je finirais presque par me demander : pourquoi ? Et surtout… dans quel but ? Récemment, j’ai voulu relire 1984 de George Orwell. Mon ancienne édition ayant mystérieusement disparu, je me suis rabattu sur une version récente, sans réaliser qu’il s’agissait d’une nouvelle traduction.
Les premières pages m’ont déjà laissé perplexe : quelques coquilles, ce qui surprend pour un éditeur de cette réputation. Mais le vrai choc est arrivé avec la "novlangue", devenue… "néoparler". Là, j’ai bondi de mon canapé avec l’élégance d’un ressort industriel. "Non… ils n’ont quand même pas osé ?!?" Je ne conteste évidemment pas le travail de la traductrice. En revanche, je m’interroge sur le principe. "Novlangue" n’est plus seulement un terme du roman : c’est un mot passé dans le langage courant. Le remplacer revient à effacer un repère culturel. Et l’ironie serait savoureuse si elle n’était pas tant contrariante : modifier les mots dans 1984, c’est presque mettre en pratique ce que le livre dénonce.


