samedi 29 août 2026

Août : rien à déclarer

C’est sans doute mon côté obsessionnel qui me pousse à écrire avant que le mois d’août ne s’achève. Il me serait difficilement supportable de découvrir dans les archives de 2026 une année à seulement onze mois. À défaut d’avoir beaucoup de choses à raconter, les comptes seront au moins à jour. La seule véritable satisfaction de cet été aura été… la canicule. Quand les autres cherchaient désespérément un peu d’ombre, j’ai profité du grand bain de chaleur. Au-delà d’une certaine température, 5 ou 10C° de plus ne font plus vraiment de différence pour moi : je ne subis pas le changement climatique, j’en suis presque devenu un sujet d’étude.

Pour le reste, rien de bien nouveau. Ma vie privée et sociale pourrait parfaitement définir le néant. Mon travail, qui habituellement me sert de point d’ancrage, est devenu un environnement irrespirable. À ce stade, je ne suis même plus certain de pouvoir m’entendre avec un pot à crayons. Le désinvestissement général me donne parfois l’impression de tenir la boutique à bout de bras pendant que ceux qui pourraient m’aider semblent surtout occupés à observer le bateau couler dans le calme.


Mon coup de blues en juillet et ma menace de partir ont eu leur petit effet. Il y a eu du monde pour me retenir ; beaucoup moins pour m’écouter. Quant au fameux « bien-être au travail », leur conception est décidément très pénétrante ; sans lubrifiant, elle a filé direct au fond de mon rectum : "on tient beaucoup à vous, à condition que vous acceptiez exactement ce qu’on vous propose". C’est-à-dire des mutations par monts et par vaux sauf évidemment là où je l’avais demandé. J’ai proposé de tenir mes engagements et de partir si rien de plus intéressant ne m'était proposé. Pour aller où ? À droite, à gauche, en haut, en bas… c’est le même labyrinthe dont toutes les sorties donnent sur la même merde. Alors, dès que j’ai deux jours, je me barre. Je me suis inscrit dans une deuxième salle de sport près de Lyon, où je retrouve ce qui ressemble encore à de l’énergie et de la tranquillité : nouvel environnement, quelques beaux gars bien bandants et surtout suffisamment de poids à soulever pour faire taire celui que j’ai dans la tête. Le travail me bouffe lentement et je commence à me demander combien de temps on peut tenir en fonctionnant uniquement sur les nerfs et quelques réserves de survie dont je ne connais même plus la date de péremption.


Quelque chose est en train de changer, je le sens. Rien de précis, rien d’immédiat, plutôt une idée qui fait son chemin et qu’il faut laisser mûrir. Cette sensation de plus en plus nette que prochainement, quelque chose va bouger. Et cette fois, il ne s’agira peut-être pas seulement de tourner une page… encore, mais de reprendre un peu d’air.

[+]La p’tite musique qui va bien avec… ⏯️ Leifur James - “Mumma Don't Tell”