mercredi 7 octobre 2026

Oui, ceci n’est pas cela

Quatre ans, c’est long, quand le cerveau continue à revenir sur les questions que la rupture a laissées derrière elle. Il cherche indéfiniment les pièces manquantes qui permettraient enfin de refermer le dossier. J’ai dû me résoudre à accepter que ces pièces n’existent tout simplement pas.

Il y a quelque chose d’assez paradoxal, et parfois cruel, dans l’amour : la complicité, l’attachement, l’attirance, l’intimité, le sexe, les moments où l’on se comprend presque sans parler… tout cela peut être parfaitement réel. Et, parallèlement, la confiance peut se dégrader, les besoins devenir incompatibles, les blessures s’accumuler, jusqu’à rendre la relation impossible. Je pouvais bien savoir intellectuellement que ce n’était plus possible, mon cœur, lui, ne cessait de me répéter : « Oui, mais putain… tu l’aimes. »

Il n’y aura probablement jamais de tribunal capable de déterminer la version définitive de notre histoire. Et il aura sans doute fallu toutes ces années pour que je me libère progressivement de cette nécessité, pour passer de la question : « Comment l’oublier ? » à une affirmation beaucoup plus simple : je ne laisserai pas cette histoire déterminer la suite de ma vie.

J’ai toujours eu le souci de ne pas me raconter une histoire trop confortable. Quand ça ne va plus dans une relation, ce n’est jamais uniquement dû à une seule personne. Je ne saurai sans doute jamais exactement ce qu’il pensait, ni s’il était vraiment sincère. Mes souvenirs sont peut-être imparfaits, mais cela ne signifie pas qu’ils sont faux. Certes, je ne sais plus exactement quelle dispute a commencé comment, qui a dit telle phrase en premier, ni à quelle période précise certaines choses se sont produites. En revanche, je sais avec beaucoup de certitude que j’étais malheureux, que je me sentais seul dans cette relation, que j’avais le sentiment de ne pas être entendu. Je sais que j’ai aimé cet homme, que j’ai essayé de sauver quelque chose, que ma confiance s’est abîmée, et probablement la sienne aussi, jusqu’à ce que nous finissions par nous faire du mal. Alors oui, je peux me tromper sur certains détails. Je peux avoir mal agi. Je peux avoir mal interprété certaines choses. Mais, je peux quand même faire confiance à ce que j’ai ressenti et à ce que j’ai vécu.


Pour enfin avancer, je pense qu’il est temps d’en conclure que oui, je l’ai vraiment aimé. Oui, nous avons probablement été très complices. Oui, il m’a profondément manqué. Et oui, malgré tout cela, cette relation devait se terminer.

[+]La p’tite musique qui va bien avec… ⏯️ KUU - “We'll Always Have This Dance”

[+]Crédit Photo Michael Vincent Manalo-3


Aucun commentaire: