mercredi 30 avril 2025

Apophtegme




Je m'acier ou je métal ? 
Que fer ? 





[+]La p’tite musique qui va bien avec… ⏯️ Lupe Fiasco (feat. Jill Scott) - “ Daydreamin'"

samedi 26 avril 2025

Les insoupçonnables pouvoirs du monde du silence - Part.4

“La solitude, ce n’est pas être seul. c’est être entouré de personnes qui ne vous comprennent pas.” - Jules Renard


Ni un cancre, ni un premier de la classe, mon enfance est à l’image de ma vie : un cheminement en équilibre sur une ligne médiane. À l’école, je rêvassais, ce que confirmaient mes carnets de correspondance. C’est tout de même un soulagement pour mes Parents qui présupposent que j’aime l’école alors que moi, j’aime surtout apprendre ; seulement, pas ce qui y est enseigné. Leur enthousiasme dégringole alors aussi sûrement qu’une colonne de mercure en plein arctique. Il fallu peu de temps à mon Père, en sautant une ligne de mon livre de lecture, pour réaliser que je savais mes leçons mais que j’étais incapable de déchiffrer un seul mot. Et c’est en classe de CP, dans des senteurs froides de colle “cléopâtre”, de copies aux odeurs d'alcool, buvards et stylos encres qui tachent, que je passe mes récréations du second semestre en cours particulier avec ma “maîtresse” ; les temps ont bien changés, n’est-ce pas ? Une fois acquise, la lecture est devenue une vraie boulimie ; ça ne m’a pas lâché.

J’ai toujours eu beaucoup de difficultés avec les autres. Pendant longtemps, je me suis dit : “reste toi-même et le monde s’adaptera”. Pas si simple en définitive, la stratégie aurait mérité quelques remaniements  et, c’est naturellement, dans les livres que j’ai tenté de trouver les correctifs. J’espérais résoudre l’insoluble équation qui m’aurait permis de rester tel que je suis tout en me défaisant de l’image que les autres avaient de moi : genre “Mercredi”, de la famille Adams, version masculine. C’était moins pour être accepter que pour comprendre :  je ne pigeais pas pourquoi certains comportements étaient évidents pour les autres et pas pour moi ? Pourquoi une phrase identique dite par un autre ou par moi était perçue de manière différente ? 

Mes espoirs résidaient dans des ouvrages aux titres prometteurs : “Pour ne plus vivre sur la planète TAIRE”, “Le courage d’être soi”, “Cessez d'être gentil, soyez vrai !”, “Si je m’écoutais, je m’entendrais”, etc. (sic). Intellectuellement, je comprenais parfaitement les concepts, quant à les appliquer, mon mental a fini par s’épuiser à force de saupoudrer les phrases de sucre rose bonbon jusqu’à ce qu’elles prennent des allures de barbe à papa géante qui ne reflétaient plus du tout le fond de ma pensée ; avec en parallèle,  un naturel et une personnalité qui se disputaient vainement leur tour de garde perdus dans un trou béant au allure de siphon. Tout cela, simplement pour ne pas heurter l’ego éminemment susceptible de collègues, le cul assis conjointement sur leur incompétence et le titre pompeux de leur fonction ou, d’ex-enfants roi d’un insondable orgueil irrespectueux à ménager à tout prix : “bichettes” : insupportable !

Dans un même temps, j’ai écumé les rayons de développement personnel.  Ces nouveaux dogmes pour la plupart inspirés de la psychologie positive et qui sont, un peu, ce que le père Noël était pour le New Age. Certaines de ces lectures sont loin d'être sans intérêt, elles m’ont même apporté des enseignements mais également leur poids de frustrations. Toutes ces pages remplies d'injonctions à peine dissimulées, donnaient à penser qu’il était anormal de ne pas être toujours souriant, plein d’amour et de bonheur, magnétique et irrésistible - rien que ça-.  C’était déjà beaucoup d’efforts pour moi de me forcer à être positif dans mon activité professionnelle alors qu’en dehors j'étais bien conscient que nier ou réprimer mes pensées ou émotions négatives ne les ferait pas disparaître. Finalement,  les frustrations m’ont mené à l'exaspération puis à l’épuisement sans même la satisfaction d’avoir évolué dans ma relation aux autres. Au contraire, je crois que j’étais largué plus que jamais. Ce serait à refaire, je m’en tiendrais aux philosophes de l’Antiquité ou autres écrivains, penseurs et poètes des Lumières ou du Romantisme : ils avaient déjà tout cerné, tout compris. À un moment de ma vie, je me suis senti complètement vidé. En guerre déjà contre tout et tout le monde, je me sentais en plus, maintenant, contraint de me battre contre ma propre nature. Difficile dans ces conditions d’être en paix avec moi-même. Il me fallait prendre un peu de distance et, c’est dans d’autres flacons que je suis allé chercher, l’illusion d’un réconfort.

(À suivre…)


[+]La p’tite musique qui va bien avec… ⏯️ Dekker - “Tethered, Wrapped Around”

lundi 21 avril 2025

De mon balcon

 

Le 6 avril à 20h48


Le 14 avril à 16h35


dimanche 20 avril 2025

Joyeuses Pâques

 


[+]La p’tite musique qui va bien avec… ⏯️ Boy & Bear - “Rabbit Song”

samedi 19 avril 2025

Les insoupçonnables pouvoirs du monde du silence - Part.3

“Ce n'est pas un signe de bonne santé mentale d'être bien adapté à une société malade.” - Jiddu Krishnamurti

Est-ce que je me sens unique dans ma merde, seul, marginal, “spécial”, incompris ? Non, pas du tout. Je pense simplement que tout le monde n’est pas fait pour suivre le courant et comme d’autres de mes congénères, pour des raisons qui nous sont aussi diverses que variées, nous avons différentes façons de le manifester. “Il me fait beaucoup penser à toi”, ce sont les mots de ma Soeur en me parlant de mon Neveu (je ne suis pas certain que ce soit un compliment). C’est en suivant son évolution, que j’ai réalisé les incommensurables efforts que mes Parents ont dû fournir pour tenter de m’amidonner dans le costume sur mesure de la conformité. C’est simple, je n’aimais pas être avec les autres ou du moins, pour modérer mon propos, d’être contraint de supporter des personnes avec lesquelles je n’avais pas choisi d’interagir. Cela m'a toujours paru hypocrite, insupportable et énergivore de céder une part de moi-même en contrepartie,
soi-disant, d’une intégration dans un monde qui tient pour moi plus de l’illusion que d’une réalité objective. Cela ne veut pas dire que je hais les gens ou que je cherche à éviter tout contact social. Malgré ma méfiance envers l’humanité dans son ensemble, il m’arrive parfois de faire crédit aux particuliers.


Plus jeune, sans pouvoir vraiment le conceptualiser, je pense que j’avais compris, dans un certain innéisme, la différence entre socialiser par choix et socialiser par obligation. Je n’ai jamais eu de patience pour les banalités, les relations superficielles, les personnes qui se sentent obliger de parler et d'agir comme ils pensent devoir le faire dans l’espoir de m’impressionner ou d’obtenir mon acceptation forcée. De mon enfance jusqu’à il y a encore une vingtaine d'années, cela se traduisait en retour par un comportement primesautier exacerbé et une réponse aux problématiques de la vie par une économie de moyen, le moins de contraintes possibles et une sincérité sans filtre. Ironie du sort, de ma préadolescence à ma vie d’adulte, je suis très exposé autant dans mes passions que dans mes activités professionnelles. Or, le simple fait d’être ce que je suis en toute franchise, m’a souvent été très lourdement préjudiciable, y-compris dans mes relations intimes. Tous, nous avons sciemment dû supporter des relations si pauvres en protéines qu’elles tenaient à peine debout, des conversations au sommet de la vacuité,  endurer la perception du mensonge sur les lèvres de notre interlocuteur, accepter la duperie de celui qui nous parle tout en cherchant l’approbation dans notre regard. J’ai dû maintes fois, par obligation (souvent professionnelle) “jouer le jeu”. Mais en fait, cette comédie à peine déguisée, me rend nerveux, chasse mon naturel qui finit par transparaître dans un langage corporel éloquent.

Que fallait-il faire ? Ouvrir les portes de la névrose à perpète et suivre le script social pour ne pas être la victime de ce que je suis ? Au milieu de ma trentaine, je m’interroge et expérimente ; moins pour être “accepté” que pour “exister”, non pour me fondre dans la masse mais pour survivre dans cette société qui veut bien qu’on soit soi-même “si et seulement si” on répond aux critères des nouveaux paradigmes sociaux et idéologies culturelles. C’est assez déconcertant de réaliser aujourd’hui, que les fruits de cette réflexion et les modus ponens en place déjà dans mon enfance aboutissent à la conclusion que le prix de la socialisation est souvent la médiocrité.

(À suivre…)

[+]La p’tite musique qui va bien avec… ⏯️ Tal Arditi - “I'm Living Again”

vendredi 18 avril 2025

Soumis (presque) sans commentaire


Bon w  k nd d  Pâqu s, j'ai caché l s "e". 

samedi 12 avril 2025

Les insoupçonnables pouvoirs du monde du silence - Part.2

“le Temps ne respecte pas ce qui se fait sans lui.” - Paul Morand

Ce n’est pas évident pour moi d’assumer d’être un pur produit des années 70, l’ère de l’exubérance consumériste, de l’âge d’or du plastique triomphant, des objets à usage unique et du tout jetable. Si l’on ajoute à cela que je m’inscris dans la typique progéniture du baby-boomer qui projette sur son gosse l'illusion d'un avenir radieux que lui, par manque de moyen ou d’opportunité, n'a pas eu l’occasion de réaliser, j’entre, a priori, dans un canevas parfaitement tracé autour duquel j’ai dû jouer à la marelle tant, ce que je pense être devenu, est en complet décalage avec l’évolution qu’a connu la société. Je l’assume, à 6 ans, j’étais déjà vieux : la préhistoire incarnée. Dans les années 1970/80, je suis moins épaté par les évolutions technologiques naissantes que par mes Grands-Parents. Tout en buvant mon cacolac, je revois mon Grand-Père paternel (que j’ai connu son existence entière en bleu de travail), démonter, nettoyer et remonter des centaines de minuscules engrenages qui se ressemblaient tous pour reconstituer sa montre ; faire apparaître un panier avec des écorces d’arbre ; aiguiser une longue faux avec “un drôle de cailloux” ; lire son journal avec une petite loupe triptyque pliante. J’entends encore avec une parfaite acuité le bruit caractéristique de son rasoir coupe-chou sur la barbe du voisin et je sens encore les essences intenses de l’eau de cologne “Tabac” sur cette peau rasée sans la moindre égratignure.

C’était également cette indulgence naturelle de cet homme, rouge à en rendre jaloux Staline, vivre heureux avec ma Grand-Mère qui me serrait contre sa chaude et opulente poitrine au service religieux du jeudi soir dans une église décidément aussi vide que glaciale ; elle m’apprenait les délicates prières à Sainte Rita, patronne des causes perdues (sic et re-sic). Tout ça, dans une langueur feutrée puisque les sentiments se suffisaient à eux-mêmes. Et ainsi s'égrènaient les vacances d’été chez mes Grand-Parents, dans un silence si paisible et profond que l’idée même du langage semblait ne jamais avoir existé. L’économie des mots, l’intensité des émotions dans un milieu où l’on était riche de rien et heureux avec peu. Cette simplicité, non seulement m'inspire encore et continue de me construire. 

A contrario, mon éducation, l’école, mon entourage, mon petit milieu social de l’époque déployaient toute leur énergie pour me faire entrer, à grand renfort de chausse-pied, dans ce qu’était pour eux la conception de “la normalité heureuse”. Cela devait nécessairement résider dans le conformisme et la connexion aux autres afin d'asseoir, j’imagine, un sentiment d’appartenance. Ce n’est pas un reproche, bien entendu, tout était pétri de bonnes intentions éducatives. Néanmoins, cela a contribué à renforcer un mal être précoce déjà bien installé. J’étais, à l'époque, incapable de l’analyser. Très jeune déjà, je me suis senti à part ; ô certainement ni plus ni moins que d’autres, seulement cela a subsisté jusqu’à aujourd’hui. Non que je me sente différent ou que j’éprouve une quelconque supériorité, bien au contraire, je me sens le plus souvent perdu, comme inadapté à la société. C’est d’ailleurs probablement la raison d’une certaine instabilité et d’un manque de confiance en moi. Même gamin, j’ai toujours eu un regard méfiant sur le monde qui m’entourait et, plus j'appréhendais le décalage entre ce que j’en percevais et ce que l’on attendait de moi, moins j’avais envie d’y appartenir.

(À suivre…)


[+]La p’tite musique qui va bien avec… ⏯️ Lucy Rose - Question It All

[+]Crédit Image Voglio Bene Tenture Sainte-Rita Cercle Rouge Store Montpellier

mercredi 9 avril 2025

Tu lis trop de livres


Où ce qui devait arriver arrive à un détail près. 
Daniel Pennac - "Aux fruit de la passion"

samedi 5 avril 2025

Les insoupçonnables pouvoirs du monde du silence - Part.1

“Combien noble est celui qui ne veut être ni maître ni esclave” - Khalil Gibran

Ce blog m’est décidément nécessaire pour poser des mots et ranger tout un bordel que j’ai dans la tête. C’est une occasion de faire taire, quand cela s’avère utile, ce consortium qui, tel un tribunal inquisitorial, tente d’imposer sa loi dans ce qui me sert de cerveau. Toutes ces voix, qui siègent là-haut, parlent trop fort aussi, il est bon parfois, de les inviter à s'asseoir et surtout à la boucler. Je me suis toujours refusée à la psychanalyse. Je n’ai rien contre et je suis persuadé que certains trouvent en elle beaucoup de bénéfices. Ce n'est juste pas fait pour moi. À tort ou à raison, avec ses limites, je valorise mon propre esprit et privilégie l’introspection (sans doute mon côté autodidacte). Je n'ai pas envie de m’engager pendant des années, allongé sur un divan, à engraisser financièrement un psy somnolent et dont les conclusions subjectives de ce qu’il aura retenu au cours de sa digestion, se révéleront être ce que je sais déjà intuitivement. Arrivée à la cinquantaine avec une grosse mémoire, surtout très encombrée, il n’est pas rare que les souvenirs mentent. “Se souvenir, c’est soustraire” ainsi, je sais qu’allongé sur un sofa qui sent bon le cuir hors de prix, me poussera inévitablement au mensonge. L’analyse est trop centrée sur l’ego. Je crains de céder à la tentation, somme toute naturelle, à voir les choses telles que je suis et non telles qu’elles sont réellement. Jusqu'à aujourd’hui, avec plus ou moins de succès, je m'efforce de réduire l’écart entre ce que pense être et ce que je suis réellement. Ça implique, du mieux que je le peux, d’aller à l’essence d’une vérité “fiable” inhérente à chacune de mes expériences vécues, une sorte de parcours phénoménologique en quelque sorte et, quelquefois, digne de l’agonie de Sisyphe. Bien qu’enrichissante, ce n'est pas toujours une démarche agréable. 

Il ne s’agit pas de tout intellectualiser seulement, jour après jour, je me rends bien compte, avec amertume, que notre société est moins avide de vérité que de réponse. On nous demande juste d’écouter, de croire sur parole, de ne rien savoir mais d’avoir réponse à tout et une mémoire courte. Tout ça, bien entendu, entretenu et exacerbé par des réseaux sociaux et autres médias bien informés qui saturent notre attention avec des informations superficielles qu’en chasse aussitôt une autre et nous éloignent de l’essentiel. Beaucoup prennent plaisir et ne voient aucun problème à prendre part à ce système. Ils adhèrent volontiers à l’emprise de cette société qui cherche ardemment à définir, les pensées, les comportements, les goûts, les passions, les rêves, en définitive, à imposer une vie qui est peut-être devenue la leur mais n’est en tout cas pas la mienne. Avec un minimum d’honnêteté et de discernement, il faut bien admettre, avec une lucidité un peu brutale, que notre société n’est plus conçue pour que les gens pensent trop mais pour les maintenir distrait, engourdir leur cerveaux (euphémisme?). En quelque sorte, au fond, une Description Méthodique Du Vide comme le définit Renepaulhenry dans son blog au titre et contenu pertinent et dont je partage souvent l’opinion. 

Je ne prétends pas toujours y arriver cependant il faut faire preuve d’une certaine volonté pour assumer ses opinions, penser différemment, voire de courage pour parvenir à être en phase avec soi-même et surtout, ne pas craindre les regards sentencieux et les jugements péremptoires de ceux enrôlés dans ces nouvelles idéologies modernes. Je suis le doute en personne, c'est plus fort que moi, c’est comme inscrit dans mon ADN. Je refuse quasi systématiquement d'accepter aveuglément les vérités auxquelles les autres me disent de croire, souvent par crainte d’être dupé ou manipulé. Ce n’est pas, comme je l’entends souvent, tel un verdict hâtif et catégorique, que j’ai un esprit de contradiction, non, c’est juste que j’ai besoin “que ça monte au cerveau”. J’ai besoin de temps pour questionner mes expériences passées, traiter ces nouvelles informations, les analyser et les valider (ou pas) afin qu’elles soient compatibles avec mes principes et mes valeurs. C’est seulement après que je peux éventuellement revenir sur ma première réaction. Je privilégie un "non" éventuellement provisoire à la fragilité d'un "oui" de circonstance et forcé.  Cette quête de cohérence avec moi-même m’a amené progressivement à, quelque peu, me marginaliser, à faire du silence une source d'équilibre, à m’isoler non pas comme une punition mais pour jouir d’une certaine paix et liberté. Seulement, malgré ça, cela n’évite pas les emmerdes, c’est probablement même, là où elles commencent.

(À suivre…)

[+]La p’tite musique qui va bien avec… ⏯️ Charlie Cunningham - “Shame I Know”

mardi 1 avril 2025

lundi 31 mars 2025

Apophtegme

 
Si le ski alpin... qui a le beurre et la confiture ?


[+]La p’tite musique qui va bien avec… ⏯️ DNCE - “TV In The Morning”

vendredi 21 mars 2025

De mon balcon

 


Le 6 mars à 18h23

[+]La p’tite musique qui va bien avec… ⏯️ Black Lilys - “Störm”

jeudi 20 mars 2025

Tu écoutes trop de musique

Tellement discret que c'est un artiste que j'avais presque oublié. J'ai réécouté recemment quelques uns de ces albums comme : "Welcome To The Cruel World" (1994), "The Will To Live" (1997) ou encore "Born To Shine" (1999). Artiste humaniste, discret et sensible, il offre toujours un moment paisible comme pour nous mettre en observateur à la marge du monde. Pour marquer la fin de l'Hiver et l'arrivée d'un Printemps tant attendu, je me suis passer "Winters Is For Lovers" trouvé en Live sur YouTube.  




dimanche 16 mars 2025

Tu écoutes trop de musique


Parfois une simple illustration d’album peut me donner l’envie d’écouter un artiste. C’est le cas pour Macroblank avec des covers originalement conçues et détournées sans grand rapport avec le contenu musical. Cela s’écrit マクロブランク mais impossible d’affirmer si l’artiste, le groupe ou le label (on ne sait pas trop) est japonais ou non. Côté son, on est sur de l’esthétique vaporwave couplée à des samples soigneusement choisis de jazz ou de soul. Beaucoup de mystères gravitent autour de ce “concept” (?) avec une importante discographie dont l’intégralité peut être achetée pour 1$ sur Bandcamp.


Dans la même veine musicale on trouve également Monodrone, Oblique Occasions, Haircuts for Men, The World We Live In ou encore Gore et sans doute d'autres. 


[+] Chaîne YouTube Macroblank

[+] Macroblank sur Bandcamp


samedi 8 mars 2025

Tu regardes trop de films

À l’origine “An Early Frost” (titre puissant en Anglais) est un téléfilm de John Erman diffusé en 1985 et servi par une très belle distribution : Gena Rowlands, Ben Gazzara, Sylvia Sidney et Aidan Quinn avec un jeu d’acteur tout en retenue et pudeur sans perdre de l’intensité émotionnelle. Je ne connaissais pas et j’ai eu un plaisir ému à le regarder. On peut reprocher beaucoup de choses aux États-Unis, mais il faut bien avouer, que pour l’époque, aborder le thème du SIDA, notamment sur une chaîne comme NBC, était audacieux  . Quand en France (sic) nous abordons les problèmes dans un déni insouciant et malhonnête (le nuage de Tchernobyl ou plus récemment “la grippette” de la pandémie de COVID), les Étasuniens diffusent une fiction prenant part à la campagne d'informations sur le virus. Plus modeste mais tout aussi puissant, ce téléfilm pose les bases solides et concrètes du scénario de “Philadelphia” (1993) dont il présente certaines similitudes. Un Printemps De Glace est disponible sur YouTube, sans coupure pub, dans une qualité, certes, très moyenne. Bien qu’usé par le temps, il pourrait tout aussi bien se regarder aujourd’hui tant les problématiques qu’il soulève semblent, somme toute, encore très prégnantes dans nos sociétés en totale régression. Je ne suis pas certain que les choses aient réellement évolué depuis plus de 40 ans, moins concernant la maladie qu’aux rapports à l’homosexualité.


samedi 1 mars 2025

La nuit tout est permis, le jour aussi !

Une étude, qui date un peu maintenant, démontrait le changement de comportement social des individus une fois rentrés dans l'habitacle de leur voiture. Je vais la résumer clairement et succinctement : “une personne civilisée et socialement adaptée peut devenir en un claquement de portière le km 0 de la connerie”. Si l’étude avait été faite dans la Loire, il est probable que les résultats dépasseraient toutes les espérances des sociologues qui auraient fait de ce département l’étalon de mesure de leurs conclusions. Sachez-le, si vous passez dans la région, la route appartient à leurs habitants, ils l’ont achetée, elle est à eux !!! Si bien, qu’en allant au travail le matin, j’ai de l'appréhension à prendre le volant par peur d'être involontairement l'auteur d'une tragédie. Je pars de chez moi à 5h45, avec encore les yeux en couille d’hirondelle, et je dois supporter, en plus des aberrations des aménagements urbains et routiers, de co-rouler, tel que soit l’état de la chaussée, qu’il pleuve, vente, neige, ou qu’il tombe de la merde à crochet, avec une Pat Patrouille dangereuse et accidentogène. Quelle genre de frustrations ces gens-là essaient-ils d'évacuer ? En cette heure matinale, je peux vous assurer, que je ne suis pas pressé d'aller au boulot et je préfère nettement arriver en retard plutôt que mort. A priori, ce n’est pas le cas de ceux qui partagent la chaussée avec moi. Je veux bien que beaucoup partent au taf vraiment au dernier moment, ce à quoi je réponds “Moi, le dernier moment, c’est celui que j’ai choisi pour mourir”.


Eux, roulent à une vitesse excessive car, bien entendu, il est évident qu'ils vont sauver le monde. J’ai du mal à supporter ces incivilités sociétales. Ces chauffards qui déboulent sur les ronds points sans ralentir ignorant ceux déjà engagés. Ceux qu'on voit dans le rétro débouler plein phare à toute berzingue, vous exhortant de vous ranger même si vous doublez car ils ont, eux, l'exclusivité de la deuxième voie. Ils vous collent systématiquement au cul comme si nous étions intimes. Ceux qui roulent, comme sur l'autoroute, à 130 / 140 sur une voie, certes rapide, mais limitée à 110. Ceux qui doublent sur des bandes blanches ou en pleine ville. Et je ne parle même pas des clignotants en option qui leur brulent sûrement trop de carburant. Et cette vitesse insupportable !!! Ils ignorent les passages piétons, zones réglementées, personnes âgées, enfants et ils transforment leur moyen de locomotion en véritable arme de guerre. L’année dernière, j’apprends la disparition d’un mec de la région. Soit disant la fameuse : “perte de contrôle du véhicule”. On sait ce que ça veut dire. Ce superman omnipotent de la route qui, pensant tout contrôler, coupe deux arbres par le milieu avant d’enrouler sa cape rouge sur le troisième. Première place sur le podium pour ce Flash McQueen de pacotille : une famille en deuil, une veuve et deux orphelins en bas âge ; chapeau l’artiste. Ouvrez le quotidien régional ici et vous obtenez une collection non exhaustive de tôles froissées avec leurs occupants pliés avec. Si seulement, ils ne mettaient pas les autres en danger. Je ressentais vraiment le besoin d'évacuer cette folie proche de la débilité clinique dans un post. Alors, en espérant que tous ces crétins n’auront pas un jour sous leur calandre un de leur gosse ou n’importe quel quidam,  je respire profondément et je laisse place aux cons en développant, dans la mesure du possible, cet art subtil de m’en foutre.

[+] La p’tite musique qui va bien avec… ⏯️ Tracy Chapman - “Fast Car”         

vendredi 28 février 2025

Apophtegme

Lorsqu’un homme vient d’être embauché aux pompes funèbres, doit-il d’abord faire une période décès ?

 Danny Yount - Six Feet Under (Opening)


samedi 22 février 2025

Still In The Air - Part.4


Lors des hivers avec des périodes de froid glacial comme nous en avons ces dernières semaines, j’enfile mon gros pull, cadeau de ma Mère il y a sans doute plus de 20 ans. Immédiatement, je me transforme en grosse pelote de laine. Elle tricote comme elle cuisine : au pif. D’un gris imprécis, sans recto ni verso, il m’arrive aux genoux, deux longueurs de bras par manche (miraculeusement égales) ; tout le monde peut rentrer dedans, et quand je dis “tout le monde”... c’est tout le monde en même temps. Il est chaud, confortable, un cocon de douceur. S. le portrait souvent quand nous vivions ensemble. Quand il faisait la gueule pour d’amphigouriques raisons, il l'enfilait pour dormir sur le canapé complétant ainsi la chaleur du plaid. Je ne l’ai jamais lavé je crois, c’est un peu mon doudou à moi. Je ne regarde plus la TV. Pour les nouvelles, je consulte vos blogs et ce que je lis ne m’encourage pas à l’allumer. Aussi, 20h30 / 21h00, il n’est pas rare que je sois déjà couché emmitouflé pour bouquiner dans le confort de ses grosses mailles. En ce moment, j’alterne entre littérature distrayante et classique. Quand on s’attaque aux Misérables de Victor Hugo, j’imagine que tout ce qui peut arriver à côté dans la vie ne peut être que mieux. Quand je referme le bouquin, les yeux restent quelques instants agrafés au plafond, tel le penseur de Rodin alité. Je me dis que finalement, cette vie bien “rangée” n’a peut-être pas lieu d’être “dérangée”. J’ai tout ce qu’il me faut et je suis sans doute plus privilégié que d’autres. Je fais ce que je veux, quand je le veux. Je peux même me permettre de ne rien faire, ce qui est une grande nouveauté chez moi qui ait toujours eu une certaine urgence à ajouter des tâches superfétatoires à ma vie, histoire de tuer l’ennui ou vaincre ce vice typiquement judéo-chrétien qu’est la paresse. Pour tout dire, j’avouerai que je peux même parfois me sentir satisfait autrement qu’à deux. Pendant trop longtemps, mon cerveau a investi dans le fantasme de mon premier amour intense. Comme pour beaucoup (peut-être ?) quand la relation a pris fin, inconsciemment, je courais toujours après pensant vivre avec un autre aussi bien sinon mieux… je recherchais les effets de ce premier “shoot” quoi ! J’en suis conscient aujourd’hui et cela me soulage de pouvoir l’accepter. L'expérience est un bon professeur ; certes, elle m'a coûté cher mais elle explique bien et quand bien même je ne comprenais pas, elle m'a rabâché la leçon jusqu'à ce que je la sâche. Ça peut prendre du temps, même si malgré tout, je pense que sur la question sentimentale, l’expérience peut être une lanterne que l’on porte dans le dos.
Je pressens qu’il va y avoir des bouleversements dans ma vie cette année ; de quel ordre, je ne pourrai le dire et, je ne sais pas pourquoi, mais je ne suis pas si pressé de le découvrir. D’après une amie de Manu, qui lit dans les boules de cristal vissées aux rampes d’escaliers, je vais rencontrer quelqu’un de plus âgé, de cultivé, qui aime lire, et qu’elle visualise dans un nuage de fumée mystique, installé dans un fauteuil confortable. Okay ! Pourquoi pas ?! Seulement le fauteuil, j’espère que je n’aurais pas à le pousser. Je ne veux pas me transformer en infirmière ou à l’inverse, je n’ai pas les moyens d’être un sugar daddy. “Alors, cette fameuse rencontre c’est pour quand ?” - “Still in the air, buddy!”  Qu’importe ! Je profite du célibat : je peux descendre de mon lit des deux côtés, pas de dispute, pas de jalousie, zéro tracas. Pour l’instant, je suis l’homme de ma vie et ça me suffit.

[+]Crédit Photo Pierre et Gilles - La Voyante
[+]La p’tite musique qui va bien avec ⏯️ Fiona Apple - “Why Try to Change Me Now”

vendredi 21 février 2025

De mon balcon

 


Le 7 février 2025 à 17h14

[+]La p’tite musique qui va bien avec… ⏯️ Kate Bush - "50 Words For Snow"

samedi 15 février 2025

Still In The Air - Part.3

Ça doit faire plus d’un an et demi que je n’ai pas eu de relation sexuelle. Je peux difficilement dater la dernière fois que s’est arrivé et en réalisant que je peux classer les acteurs de porno gay par ordre alphabétique c’est, que de toute manière, ça fait déjà trop longtemps. En plein travaux, chez moi en avril de l’année dernière, lors des premières érections printanières et des espoirs florissants, j’avais pourtant tenté une approche auprès d’un mec et entamé la conversation qui finalement tourna court. Le vent que je me suis pris m’a envoyé direct en orbite et depuis, je ne suis pas redescendu.


Désormais, je peux classer les stars de porno gay par ordre alphabêtique… et par genre. Vieillir n’est pas tellement un problème pour moi, je me sens bien dans ma cinquantaine. Il y a, évidemment, ses poils poivre et sel qui parsèment ma barbe, les cheveux blancs qui apparaissent dans ma chevelure, aussi lourds que des kilos en trop ; ils sont indéniablement les témoins des soucis mais également des déceptions données et reçues dans ma vie. Bien que, selon certains, ils ajoutent une esthétique et du charme, ils révèlent avant tout le poids des ans, ils marquent le temps qui passe, l’entrée dans une autre ère ; ils balisent les kilomètres qui restent à faire. Fini le temps où l’on me suivait dans la rue et dans peu de temps, quand cela arrivera, ce sera pour me la faire traverser. Cela ne me désespère pas mais réduit indéniablement mes espoirs de vivre et construire une relation. Fred est un ami du lycée, nous échangeons beaucoup. Il est extraverti, drôle, sans complexe, aventureux, un brin effronté, amateur de plans culs divers et variés qu’il oublie aussitôt qu’il a refait le lit. Autant dire, que l’on se ressemble à peu près… sur rien. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous sommes amis. Il est en couple communément appelé “libre” avec Malik de près de 15 ans de moins. Ça fonctionne, il forme un très beau couple attendrissant et plein de projets. Début janvier, c’est au restaurant qu’on entame une discussion, autour de clients qui ont baissé le son afin de ne rien manquer de notre échange sans discrétion : 

Fred: Tu devrais te manier à retrouver la clé du champ de tir.
Moi: C’est-à-dire ?
Fred: Te dégourdir la bite quoi !
Moi: Développe s’il te plait. 
Malik: Il veut dire que tu devrais faire des plans culs.
Moi:  Je suis complètement hermétique aux applications et sites de rencontres, ça m’énerve et me frustre.
Fred: Dans ton bar, là, en face : si quelqu’un te plait, ose ! Après tout, un moment de honte est vite passé. 
Moi: Ce qui leur plaît surtout, "dans mon bar, là, en face", c'est tout ce qui ferme sa gueule.
Fred: J’suis sûr que tu loupes des occasions car justement tu ne parles à personne.  
Malik: tu as du charme, arrête de sortir avec cette tête de cocker triste.
Fred:  Bah oui, on dirait que le dernier missile à tête chercheuse israëlien est venu s’écraser pile sur tes nouvelles baskettes.  
Moi: Je ne suis pas doué pour les coups d’un soir… pas envie
Malik: C’est dans ta tête.
Moi: Il m’est difficile de remuer la queue sans un minimum d’attachement et de sentiment ; tout n’est pas qu’une question de mécanique chez moi.
Fred: Ah bon ?!? t’attends d’avoir 80 piges et bander mou pour t’y remettre, baise ! Cela fera baisser ton taux de cortisol, dopera ta dopamine et boustera ta confiance en toi.
Moi: … pas prêt à remettre le couvert…    
Malik: T’es resté bloqué en plein milieu des 7 étapes du deuil. T’as loué une piaule entre “la colère” et “la tristesse” et tu y fais les cent pas. 
Moi: Alors ça, c’est vraiment l’argument indiscutable d’une psychanalyse réussie !  
Fred: Tu vas finir par mourir avec ta vie sentimentale devant toi Nicolas.
Moi: J’espère pas, j’en suis juste encore à me demander combien de temps il va me falloir pour m’en remettre ?
Fred: (silence)
Malik: (silence)
Moi: (silence)
Fred: Au moins, oui.

(À suivre…)

[+]Crédit Photos Nickie - Childhood Friend et Arte Gay by Larry Hill
[+] La p’tite musique qui va bien avec ⏯️ Heather Headley - In My Mind

vendredi 14 février 2025

Bonne Saint Valentin


Et surtout !!! Tu ne me touches pas !!!

"La Saint Valentin pour un célibataire, c'est un peu comme un 1er mai pour un chômeur."

[+] Album des Dessins mythologiques érotico-gays de Piros Coltman

lundi 10 février 2025

À l'ombre du cyprès

C’est en me forçant un peu et pour faire plaisir à ma Mère que je me suis rendu à une soirée organisée à l’occasion d'un jumelage avec le Liban samedi. L’invitation était émise par mon cousin qui fait partie du bureau et qui transmet les invitations par son association du sentier botanique dont je suis membre. C'était un repas festif choucroute ; ce n’est pas mon plat préféré, j’ai un peu de mal à digérer le chou cuit cependant, je dois avouer qu’elle était excellente. Maintenant, ce genre d’événement ou partout où il y a trop de monde, me rendent un peu nerveux et mal à l’aise. C’est pourtant en me mêlant à ces d’ambiances que je pourrais me re-sociabiliser, ce n'est pas gagné. Pourtant, il y avait des possibilités de rencontres ou de liens à créer mais ça, je ne sais plus trop faire... mais j'y reviens doucement.




samedi 8 février 2025

Still In The Air - Part.2

Parler de moi, à ce stade de ma vie, c’est parler du Longchamp… c’est quasi la seule interaction sociale que j’ai actuellement. Combien y a-t-il de Longchamp, bar PMU, en France ? Une bonne pelletée je pense. Celui que je fréquente trop assez régulièrement depuis plus d’un an est un endroit qui me rappelle le temps où je voyageais pas mal. Les ambiances de quais de gare, les transits dans les aéroports, les no man's lands non sans surprise, les stopovers au milieu de nul part… ça a toujours été mon truc. En fait, je n’ai jamais vraiment atterri, ni dans ma tête, ni dans ma vie. Ce bar, c’est un peu mon aéroport “d’occasion” à moi ; il atterrit là, n’importe qui, n’importe quand… parfois n’importe comment. Derrière le comptoir, un p’tit asiatique déjanté, ironiquement drôle et adorablement psychopathe tente de garder l’ordre dans l’établissement en buvant un whisky pour trois consommations servies. 


Situé en face de la gare et côté clientèle, il y a les habitués du quartier : genre le tout Belsunce marseillais avec leur café / verre d’eau qui leur fait tout l’après-midi, les petits vieux indécrottables qui notent même plus les changements de propriétaire, les piliers de bar imbibés avec leurs brèves de comptoire, leur drague hétéro ou homo lourde, les turffeurs et autres joueurs de FDJ. Parmi les consommateurs sobres financièrement, il y a également les nouveaux arrivants, fraîchement débarqués de leur pirogue et majoritairement black qui trouvent, au grand damne du patron, un endroit pour se poser et passer le temps. Beaucoup ne viennent certainement pas de pays en guerre et ne sont pas, dans le strict respect de la loi, éligible à l’asile. Cela ressemble davantage, vu de l'extérieur, à une immigration économique. C’est, à mon avis, tout aussi honorable. Se résoudre à opter pour une traversée redoutable en mer au péril de leur vie pour venir en Europe afin d’échapper à un environnement qui de toute façon ne leur apportera rien et ne permettra pas de faire vivre leur famille, est un choix impérieux que nous Occidentaux, avons de la peine à concevoir et à accepter. Intimement, je pense que la planète appartient à tout le monde. Pourtant, tel qu'elle est stupidement régentée,  je suis de ceux qui ne sont pas pour l’immigration (massive), je suis bien trop conscient qu’ils viennent se chercher en France une existence que nous ici on ne peut déjà plus s’offrir depuis longtemps.



Jeunes, beaux comme des dieux, je me dis parfois, que parmi eux, il doit bien y en avoir un ou deux dont la perpendiculaire penche vers les mecs “whity”. Si leur carrure est proportionnelle à leur équipement, il est sûr de
toute façon que je ne suis pas câblé pour. Puis, j’ai déjà fait dans l’ethnique, cela demande une ouverture d’esprit et une patience que je n’ai plus. Et,  il y a, les plus intéressants, ces inconnus de passage.  Ceux que l’on zieute du coin de l'œil en s’imaginant un regard engageant, certains avec un sourire aussi dangereux qu’une fuite de gaz et au dialogue furtif qui ouvrent l’imagination sur mille vies possibles. Ils viennent prendre un café, une bière, acheter un paquet de clopes en attendant une correspondance et laissent derrière eux le regret de ne pas les avoir suivis ou lâché un 06 avant de disparaître à jamais. Au milieu de cette faune, il y a moi, qui, depuis le début de l’année ait arrêté de faire défiler les ½ de bières ; asthénique, invisible et transparent, j’observe passivement devant mon diabolo fraise. 

(À suivre…)    


[+]Crédit photos 
George Dureau 
[+]Album George Dureau

[+]La p’tite musique qui va bien avec ⏯️ Burna Boy - “African Giant”