dimanche 27 avril 2008

Des cadences du plaisir – Part. 2

En quelques instants, je me suis senti plongé dans un univers à la frontière entre les décors de Twin Peaks de Lynch et l’univers de Eyes Wide Shut de Kubrick. Un grand salon distingué s’offrait à moi. Une musique lounge envahissait la pièce au volume savamment dosé. Ce qui m’a frappé c’est la décoration épurée, le mélange du mobilier résolument moderne et le style baroque de l’intérieur. Les murs étaient recouverts de tissus bordeaux qui donnaient à l’ensemble une atmosphère confinée simplement mis en lumière par des photophores. Plusieurs canapés style bretz étaient répartis dans la pièce mis en valeur par l’espace qui les entourent. Mon regard s’est posé sur l’un d’eux où deux jeunes femmes buvaient dans le même verre ; la première fumait une cigarette fine avec élégance assise sur l’accoudoir, l’autre semblait chercher quelque chose entre les jambes de sa copine. J’ai senti alors une main se poser sur mon épaule et descendre le long de mon dos. L’homme n’aurait pas été si grand, elle aurait immanquablement finie sa course sur mes fesses : « Vous prendrez une coupe ? ». Un homme, la trentaine me tendait le verre, que j’acceptais avec un sourire un peu gêné : plus par mes interrogations que par son approche. « Heu… oui merci, mais on a le droit de fumer ici ? » lui demandais-je. Il a sourit : « oui bien sûr, vous n’êtes pas dans un lieu publique ici, vous êtes chez un particulier » et il s’est éloigné. Lui comme les autres semblaient surgir de nulle part pour aller… je ne sais où. Moi et mes questions à la con, je me demandais qui pouvait bien consacrer son habitat à un tel endroit au carrefour entre le club échangiste et la backroom de luxe. Je me suis assis sur un bridge dans la pénombre, observant avec une excitation naissante. Les êtres se frôlaient, des mains caressaient des corps qui se dénudaient, plusieurs paires de lèvres s’échangeaient dans une sensualité bandante. Il y avait encore des pièces dans le fond… aucune porte, tout était ouvert au voyeurisme. Je soupçonnais même un sous-sol. Je me suis levé pour parcourir les lieux ne prêtant pas trop d’attention aux regards et en jouant ma duchesse pa-niquée qui se voulait sûre d’elle. Dans les anti-chambres, des groupes discutaient pendant que d’autres avaient déjà entamés des échanges plus intimes sous leur fausse indifférence… Hum ! Il y avait bien un sous-sol. J’entrepris de descendre, pris d’un fou rire que j’essayais de contenir, me disant : « Geese !!! Tout le monde se connaît ici, c’est pas possible ». Re-fou rire contenu en apercevant de petits réceptacles stylés au mur, ressemblant à des bénitiers contenant des préservatifs « Rhooo blasphème » me dis-je. J’étais assez admiratif de ce bordel bourgeois organisé où tout n’était que murmure de plaisir. Je n’ai pas eu le temps d’aller plus loin dans mon exploration m’évitant bien de braver la quasi obscurité de « l’underground ». Un corps s’est collé à moi, une main virile a croisée ses doigts avec les miens, une odeur légère d’Hugo Boss m’a soudain enveloppée. Mon cœur et le reste se sont soudainement excités. Son autre main tenant une coupe s’est plaquée contre mon torse m’empêchant de me retourner. Et dans ma tête cette phrase absurde : «Oups, je crois que j’ai une prise ».


A suivre…


mardi 22 avril 2008

Des cadences du plaisir – Part. 1

Karim : Franchement Nico, tu devrais y aller
Moi : je ne suis pas vraiment sûr d’avoir encore envie de ce genre d’endroit.
Karim : cela ne ressemble en rien à ce que tu peux déjà connaître, crois-moi tu ne seras pas déçu. Il ne faut pas y aller pour rencontrer l’homme de ta vie bien sûr, juste passer une bonne soirée et peut-être d’agréables moments.
Moi : J’vais pas y aller seul quand même ?
Karim : hum… pour la première fois c’est peut-être mieux comme ça, tu te sentiras plus… libre
Moi : vous y serez toi et Franck ?
Karim : non, c’est pour ça que je te refile le passe. Sans ça tu ne pourras pas entrer. Ensuite, ils vont te demander de la part de qui tu viens et tu dois donner le nom de Franck.
Moi : Putain mais tu me prends pour Mata Hari ou quoi !! C’est quoi ce plan !?!?!
Karim : nous en reparlerons Nico, à mon avis, tu vas être agréablement surpris, tout à fait le genre d’ambiance que tu aimes… l’endroit est très, comment dire : troublant ? De plus, tu n’as personne dans ta vie en ce moment et tu ne seras pas rattrapé par ta mauvaise conscience… que du plaisir !
Moi : j’ai assez confiance en toi pour ne pas me retrouver dans un sous sol sordide avec des bites aux murs et des anneaux au plafond entouré de mecs conditionnés dans du latex
Karim : (rire) non cette débauche-là sera beaucoup plus subtile mais tout aussi excitante…


Le jour J, j’ai suivit les indications de Karim pour me rendre là-bas, habillé sur ses conseils de manière sobre mais élégante. J’ai remonté les quais pour arriver à cette petite place de la vieille ville en relisant les consignes d’hygiène, de discrétion et de sécurité inscrites au dos de l’invitation. J’ai bien fait trois fois le tour du pâté de maisons pour trouver l’entrée devant laquelle je suis passé autant de fois. Devant la porte blindée noire avec le numéro de la même couleur qui contrastait avec le bâtiment renaissance, je me suis dit : « P’tain, ils ne facilitent pas le repérage ». J’ai sonné et ensuite, tout s’est déroulé comme Karim me l’avait précisé. C’était plutôt rassurant comparé à la masse qui se tenait devant moi ; gardien des lieux, il ressemblait étrangement au leader des « Garçons boucher ». Je me trouvais dans un sas assez large et j’ai poussée deux portes épaisses en cuir molletonnées marron. Face à ce qui se présentait devant moi… je me suis senti pousser des ailes.

A suivre…

mercredi 16 avril 2008

Encore elle !


Emy

: … mais tu te rends compte Nico de ce qu’elle à dit sur moi cette poufiasse !
Moi : qu’est-ce que ça peut bien faire, tu as ta conscience pour toi
Emy : peut-être mais elle me prend vraiment pour une conne !
Moi : arf, tu sais on est toujours le con de quelqu’un. Ignore tout ça c’est le meilleur moyen de lui porter sur les nerfs
Emy : c’est facile à dire
Moi : c’est facile à faire aussi crois-moi
Emy : c’est tout mon frangin ça, de toute façon Nico, qu’on dise du bien ou du mal de toi, du moment qu’on parle de toi tu es content
Moi : heu ?!?!?!

vendredi 11 avril 2008

Dans les dents !


Qui parle le plus haut n'est pas nécessairement qui dit le plus vrai : la vérité est souvent très timide et chuchote plus qu'elle ne parle : elle a le sens des nuances.

(A. Muller et non Snoopy)

dimanche 6 avril 2008

Eviter la gamelle


Ma Mère : c’est sympa de m’aider pour la vaisselle…
Moi : un instant j’ai cru que tu allais ajouter : « pour une fois »
Ma Mère : c’est pas si souvent quand même. Qu’est-ce qui te fait sourire ?
Moi : les casseroles
Ma Mère : ah ? Qu’est-ce qu’elles ont les casseroles ?
Moi : je les ai toujours connues
Ma Mère : cadeau de mariage !
Moi : ah ouai quand même, ça fait un bail
Ma Mère : elles n’ont pas bougées ; pas une trace de brûlé, les manches toujours en place, encore nickelles : de la qualité, vraiment ! Souviens-toi ! Une bonne casserole qui traverse le temps, c’est une casserole avec le cul en cuivre.
Moi : c’est bon à savoir

Conclusion : pour durer il faut un manche solide et un bon cul en cuivre !

mercredi 2 avril 2008

Comme une résolution

« Qui est le meilleur au maniement de l’épée ? » demanda le guerrier.
« Allez jusqu’au rocher qui surplombe l’océan et insultez-le » répondit le maître.
« A quoi bon ? Le rocher ne me répondra pas. »
« Alors attaquez-le avec votre épée »

« Je ne ferai pas cela non plus. Mon épée se briserait et, si je l’attaquais à mains nues, je me blesserais les doigts pour rien. Ma question était tout autre : qui est le meilleur au maniement de l’épée ? »
« Le meilleur est semblable au rocher,
répondit le maître. Sans même dégainer sa lame, il montre que nul ne parviendra à le vaincre »

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...