mercredi 28 janvier 2009

L’enfer... c’est soi-même

Mes nuits sont chargées d’espoir et d’interruptions momentanées de sommeil. Les silences sont plus violents que les mots de la vérité. Mes émotions sont plus fortes que ma raison et cela me porte sur les nerfs. Elles m’asservissent d’une manière pernicieuse et je les laisse faire avec un masochisme qui me ressemble bien. C’est un autre moi qui dirige ma vie, dicte mes gestes et me pousse vers le ridicule sans même que j’ai l’envie de l’arrêter. Je hais ma façon incontrôlable de réagir, cette manie stupide de me jeter sur le portable quand un texto arrive, attendre 3 secondes espérant voir apparaître son nom et ressentir une déception à la hauteur de mes attentes. Inutile de dire qu’il en va de même lorsque j’ouvre la boîte d’Email rempli de "pourriels". Le cœur s’emballe face à ces situations énergétivores répétées. Je m’en veux à moi et non à lui, de générer moi-même de la souffrance inutile que je pourrais simplement remplacer par de la patience ou une décision radicale. J’opte systématiquement pour la patience puisque j’en ai à revendre ne sachant pas très bien sur quel terrain mouvant elle m’entraînera et si ses fruits auront raison de cette attente qui a tout d’un supplice. Mes forces s’amenuisent au regard des mes échecs passés d’un tel comportement, c’est comme une érosion émotionnelle. J'ai bien peur d'être invisible, de ne pas exister, de n'être finalement rien de plus qu'une rencontre sans lendemain, celles qui me font si mal. Alors j’essais de croire que la route mènera quelque part, puisqu’ il m’a embrassé et que ses baisers avaient le goût des sens partagés et que cela justifie tout le temps que j’ai envie de lui donner. Encore une illusion ?

L'inconnu de la semaine



“Je n'avais jamais vu un aussi bel homme. Il était seul et la solitude fait beaucoup pour la beauté.”

Christian Bobin - Tout le monde est occupé

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lundi 26 janvier 2009

Le Passage


Ce sont souvent de petites choses qui arrivent à baisser le son des voix de la rumination incessante et de mes pensées intoxicantes ; celles qui nous suivent comme des ombres dans les périodes de doute, quand l’estime de soi se prend un bon coup de pelle et que je me demande « où est le problème ?». Le mois de janvier apporte avec lui un peu de soleil en plus. En allant au sport, en fin d’après-midi, je peux voir le soleil encore haut et chaud. Ses rayons sont filtrés par les feuilles des palmiers et c’est comme si je sentais déjà un peu de l’odeur du printemps. Cette sensation qui oscille entre nostalgie et renouveau. A faute de soulever l’enthousiasme en ce moment, je vais soulever de la fonte et en ressortant je me sens bien, détendu, apaisé. C’est comme si je n’avais assez d’énergie que pour marcher jusqu’à chez moi. Et là, je vis ce moment sacré de la journée, celui où notre vision est indistincte, c’est le temps du crépuscule, là où la lumière et les ténèbres vont se lier dans un ciel teinté de pourpre. Rien n’est totalement clair, ni vraiment obscur ; l’équilibre entre l’homme et ce qui l’entoure est mis à l’épreuve. Alors, c’est comme si la nature me lançait le défit de ne pas craindre l’obscurité, de ne pas en être effrayé jusqu’à ce que la nuit passe et qu’un nouveau soleil brille le lendemain.

vendredi 23 janvier 2009

Pluviométrie


Il y a des jours comme ça où l’improbable goût des autres me laisse une insatiable amertume sur le cœur. Il y a certaines semaines où je me demande si les personnes qui m’entourent et auxquelles je tiens sont conscientes de la valeur de l’intérêt que je leur porte et si elles perçoivent vraiment que nul franchit la porte de ma vie par hasard. Si l’envie de pisser ne m’avait pas pris, je pense que je serais toujours assis dans ce bar où j’ai posé mes fesses, pour réfléchir à cette réflexion stérile dont quelle que soit la conclusion donnée, n’apportera aucune solution susceptible de tourner à mon avantage. Mes amis me voient comme quelqu’un de fort et de confiance sur lequel on peut poser un peu tout et n’importe quoi car je serais en mesure de m’organiser pour porter les choses les plus lourdes sur les épaules, peut-être même le monde s’il le fallait. Ils n’ont pas tout à fait tort sur ma résistance à rester debout à l’extérieur puisque je leur épargne le pire lorsque je suis sur les genoux une fois rentré chez moi. Cette apparente robustesse n’est pas que factice mais elle est fragile et elle a ses limites. En une poignée de jours, j’ai du ingurgiter et digérer du mieux que j’ai pu, des annonces douloureuses, qui me font sans aucun doute plus de mal à moi qu’à ceux qui me les ont livrées. Je dois également, respecter les choix, même les plus injustes, irréfléchis de celui que j'aime d'amitié ou de celui que j'aime d'Amour. D'ailleurs, que pouvons-nous vraiment faire face aux décisions des autres sinon les accepter ? Je ne sais plus ce que je dois ressentir. Je suis en mode automatique, comme si mon cerveau analysait mon passé et ordonnait à mes émotions d’établir un comportement stéréotypé par rapport à la situation présente : aujourd’hui ça sera « tristesse refoulée » ou « déception prédictible à supprimer » et encore « afficher sourire et bonne humeur pour sauver les apparences ». Au fond de moi, j’ai vraiment mal, vraiment mal pour moi en fait : mes viscères sont serrées à bloc, je ne respire que par le haut de la poitrine, j’ai les yeux gonflés, tout n’est que vide. Je n’ai de l’énergie que pour ce que je maîtrise c'est-à-dire mon travail, mes projets. Pour le reste, j’abandonne tout effort ; je ne veux pas avoir la sensation de me battre pour gagner l’amour de quelqu’un. Ce qui me sauve, c’est cet incroyable espoir que j’arrive à pérenniser malgré les coups et cette fierté d’être quelque part un peu en marge. Mais être marginale, n’est-ce pas une forme de solitude ?

mardi 20 janvier 2009

vendredi 16 janvier 2009

Oxymoron


Qu’est-ce qui doit être vécu et qu’est-ce qui peut être évité ? Souvent, je me pose cette question étant donné ma tendance à foncer droit dans le mur et, en klaxonnant en plus ! C’est le choc provoqué qui répond à de nombreuses interrogations souvent très anciennes… c’est comme une petite mort où je revois les épisodes de ma vie, sans les juger et avec en prime le soulagement d’enfin comprendre. Il y a cependant un petit soucis, c’est quand à côté de soi dans le véhicule, un passager, qui lui n’a rien demandé, va subir lui aussi l’intensité de la collision. Il est rare d’éviter les dommages collatéraux. Il restera toujours en moi, des blessures du passé, des saignements du cœur de l’homme passionné. Cela ne m’empêche en rien de laisser de la place à quelqu’un d’autre dans ma vie. Ceux qui me disaient : « tu n’es pas prêt Nico » se trompaient. Mais, celle qui m’a dit : « Ressens-tu ce petit quelque chose au fond du ventre pour lui » avait vu juste. Surtout, lorsqu’à cette question, je répondais négligemment : « Il a un beau sourire ». Je savais que j’étais dans l’erreur, que là où il y a de l’attachement, il n’y a pas forcément de l’Amour. Mais avec lui, j’ai compris ce qu’avait pu ressentir celui qui m’avait quitté 1an ½ plus tôt car je ressentais à mon tour les mêmes sentiments qui font dire : « non, ce ne sera pas possible ». Sauf que j’ai pu mettre des mots dessus, expliquer, ne pas laisser l’autre face à de faux espoirs ou pire encore, face au silence. Bien sûr, cela ne guérit pas, mais cela atténue la violence du coup. Je n’ai pas honte d’avouer qu’une autre rencontre m’attendait, elle était inéducable. Je l’évitais depuis si longtemps, je ressentais déjà l’impact qu’elle allait avoir sur moi, peur de retomber dans les mêmes schémas… irrésistiblement attiré. Je ne me suis pas trompé… trop tard… c’est fait… à l’intensité des battements de mon cœur, au premier regard, dans la douceur de ses baisers : j’ai su et j’ai tremblé aussi ; j’ai aimé. Et, en le quittant, je me suis senti d'une tristesse heureuse.
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Rob Dougan "Speed Me Towards Death"

jeudi 15 janvier 2009

No Comment

Marseille le 11/01/2009
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vendredi 9 janvier 2009

Alors... que faire ?!?


"Maintenant je sais une bonne fois pour toutes qu'on ne chasse pas les images, et encore moins les brèches invisibles qui se creusent au fond des ventres, on ne chasse pas les résonances ni les souvenirs qui se réveillent quand la nuit tombe ou au petit matin, on ne chasse pas l'écho des cris et encore moins celui du silence"
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Delphine de Vigan "No et moi..."
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jeudi 8 janvier 2009

Vivement le retour de Morphée

L’année 2008 ne m’a pas permis de tout régler mais j’ai fait une belle avancée. Dans les difficultés, mon instinct félin reprend vite le dessus. C’est une sorte d’agressivité maîtrisée dirigée vers le rétablissement de la situation à mon avantage ; une sorte d’homéostasie en fait. A la fuite, j’ai toujours privilégié le combat. Et me battre, je sais le faire, surtout envers moi-même pour dépasser les situations dans lesquelles je me trouve. Néanmoins, la maîtrise de mon environnement m’est toujours plus facile que celle de mon psychisme qui à tendance à tourner en boucle. Le conscient connaît les réponses que l’inconscient refuse d’appliquer, ou bien est-ce l’inverse, pouvons-nous vraiment savoir ? Du coup, depuis le début de l’année, les nuits sont difficiles. Le sommeil vient rapidement, claqué le plus souvent par mes journées de boulot sans fin. Puis, vers 1h30 du matin, je me lève et je vais bouffer… il faut remplir et il est probable que le manque n’est pas seulement qu’au niveau de l’estomac. Il faut aussi me relaver les dents c’est par forcément une corvée mais bon à cette heure-là j’aurais mieux à faire. Puis, j’essais de me recoucher sans vraiment avoir sommeil. Il y a un manque affectif, c’est presque une évidence (même si je n’aime pas trop utiliser ce terme). Mettre quelqu’un dans mon pieu serait plutôt aisé, mais me réveiller à côté de quelqu’un qui vit en moi et pour qui j’existerais, l’est déjà moins. Du coup, je me regarde un porno, bande un peu parfois je passe à l’acte du coup ça me calme. Mes hormones frétillantes font moins les malines et signent les arrêts de jeux peut-être par lassitude de diriger leur action vers l’auto-contentement. Il y a du taff pour 2009, mais ce n’est pas la motivation qui manque. Peut-être devrais-je écouter Karine qui me dit que : « seul il est parfois difficile de s’en sortir » ou m’autoriser à écouter mon intuition qui est souvent la bonne… Cependant, et comme pour ce garçon qui occupe certains soirs mon esprit, je préfère la censurer par crainte de ne plus vivre.

mardi 6 janvier 2009

Noctam-bulles

Apéro au champagne, repas gargantuesque arrosé de bons vins rouges, nous parlons du passé (à quoi bon ?), quelques cigarettes plus tard, nous envisageons l’avenir (est-ce bien prudent ?), nous partageons le présent (c’est ce qui me semble le plus pertinent) et puis je rentre. Le copieux repas n’aura pas eu raison de l’alcool, je crois que je suis fais. L’état d’ébriété me rend angoissé, mais rien ne vient… pas une larme, pas un soupir. Je pénètre discrètement dans la résidence, mais je me fais capter par l’agent de sécurité. Nous échangeons quelques mots et je trouve que j’ai encore assez de cohérence vu mon état mais pas de quoi me décerner l’oscar du meilleur acteur. Une fois chez moi, je jette un dernier coup d’œil à mes Emails… des fois que… Je n’arrive pas à me coucher ; je n’ai pas peur de la nuit mais de ce que mes rêves vont inventer pour l’occuper. Le portable est resté dans la poche, je n’attends plus rien de lui. Il faut que je dorme, mais je repense à cette phrase de J.P. Donleavy : « Encore toute une nuit avant de s’endormir, qui rend demain si lointain. »
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