mercredi 29 septembre 2010

No Comment

Il y a vraiment des choses qui ne s'inventent pas !


Source : Koreus.com

vendredi 24 septembre 2010

A/R : à recommander

Il y a vraiment un truc entre les agents de La Poste et moi, quelque chose qui passe... enfin bon, tout ça est peut-être dans ma tête. J'étais déjà tombé sous le charme d'un mec au guichet d'une Poste de Cannes qui m'a ignoré jusqu'au jours où j'ai décidé de quitter la Côte d'Azur. Il s'est réveillé... un peu tard. Peut-être que son mec l'avait largué, ou alors que les appels de phares que je lui faisais ont fini par traverser le brouillard de sa cécité, allez savoir, moi en tout cas je ne l'ai jamais su. Dommage, il me plaisait beaucoup, mais il m'a eu à l'usure et à force d'attendre qu'il se décide à me porter un peu d'attention, j'ai finit par le trouver beaucoup moins séduisant. Maintenant que c'est le courrier qui tous les matins vient à moi, j'ai déjà fait sauter un obstacle : le guichet. Les choses ne sont pas pour autant plus faciles. Il y a ce facteur que je trouve craquant. Le problème, c'est qu'il vient de manière aléatoire car je ne suis pas dans sa tournée habituelle. Du coup, l'autre matin, j'ai fait un peu de rentre dedans. Je ne sais pas si mon attitude les dernières fois laissait supposer le petit faible que j'ai pour lui, mais ce matin là, il n'a pas semblé être surpris. Son regard, sa façon de marcher, de s'habiller, de me regarder, de sourire, de me parler, absolument tout me séduit. Sa façon de prendre ses caisses de courriers pour les poser sur mon bureau est tout simplement un appel au viol. Ecrit comme ça, cela peut paraître stupide, futile voire infantile mais c'est tellement excitant à vivre tant que la déception n'est pas passée par là ; rester dans l'illusion d'un « possible ». Je pense que l'allusion sous entendu par la phrase : « vous m'avez manqué, revenez quand vous voulez » était assez explicite. Il me plaît, je ne peux rien y faire. « Oser ne demande qu'un moment d'embarras » et nous avons tout à y gagner quand on y pense. C'est pas le genre de gars sur lequel on se retourne simplement parce qu'on le trouve mignon, non, c'est autre chose... Comment expliquer ? Disons que c'est ce qu'une amie appelle « avoir des papillons dans le ventre », cette sensation qui doit tenir en grande partie aux phéromones. J'aime plutôt cette idée, j'veux dire le fait qu'une relation puisse tenir aux hormones, à la physique, la chimie, la biologie... en fait en cas de compatibilité cela réduirait les chances de se planter dans une relation. Quand je le vois, je me sens l'effet d'une bouée jetée à la mer qui flotte, dérive et divague. Même après son départ, l'effet euphorisant qu'il a sur moi persiste. Cela ne ravit pas que moi d'ailleurs, voir arriver le facteur du moins « ce » facteur, c'est l'assurance pour mes collègues d'une bonne journée pour eux aussi.

dimanche 19 septembre 2010

Barry (pas très) White

Hiver 2009

Au départ, nous étions partis pour aller à Circus, car depuis le temps, je n'y avais jamais mis les pieds et j'avais peut-être une chance de croiser A. qui dansait là-bas de temps en temps. Finalement, R. m'a proposé de terminer la soirée à Cobra mais en fait… ce n'en fut que le début. R. venait de recevoir un appel de Barry qui nous attendait là-bas. Dans la voiture, il me promit que ce serait une rencontre totalement improbable et... ce le fut. En route, il me demande de retenir deux choses sur Barry. La première, de ne pas lui poser trop de questions et la deuxième qu'il était pédé comme un phoque, mais étant donné le club où nous allions je pouvais m'en douter. L'endroit était aussi sombre que d’habitude mais près du bar se détachait une masse impressionnante: c'était Barry. Un Black aussi grand que large, tout en muscles, environ 1m90, des bras plus gros que mes cuisses, une sorte de croisement génétique entre 50 cent et King Kong. Le genre de type qui donne tout de suite l'intime conviction qu'il faut être très gentil avec lui. Quand j'ai vu ses paluches, j'ai commencé à pleurer avant même qu'il ne me sert la main. Ce qui m'a frappé dans un premier temps c'est ce sourire magnifique qui transforme son visage de gros dur en une grosse peluche attendrissante. Plusieurs choses me traversent l’esprit en le voyant, j'ai pensé d’abord à sa mère à l'accouchement, ensuite je me suis dit qu'avec lui, si tout était proportionné, il valait mieux être actif si on ne voulait pas finir le cul en choux fleur, enfin j‘étais très surpris de le trouver dans cette partie de la ville et surtout dans ce club. Nous avons siroté quelques bières, Barry un bon décalitre de coca car il ne boit pas d'alcool. Nous avons profité du club pendant deux petites heures comme des gamins en passant notre temps à filer des biftons de $1 aux éphèbes des podiums de danse, plongeant nos têtes dans la sueur de leur entre-jambes et à rigoler comme des damnés. Pendant ce temps, Barry faisait le tour de ses connaissances. Puis, nous sommes sortis pour rejoindre l'appartement de Barry. Nous avons bouffé les restes du barbecue qui s'était tenu l'après-midi chez lui. On a discuté, j'étais fasciné autant par le type que j'avais en face de moi que par l'intérêt qu'il portait aux autres. Il a commencé à raconter sa rupture qui l'avait mis dans une rage folle expliquant que la trahison pouvais le rendre un peu violent. J'ai occulté les mots « un peu » qui me paraissait être un euphémisme quand ils nous expliqua qu'il avait été arrêté cinq jours plus tôt sur la 101 pour excès de vitesse en coursant son petit ami en voiture et en possession de ce que les forces de l'ordre ont assimilé à une arme blanche : un club de golf. Il avait bien l'intention de faire comprendre à son mec qu'il ne lui donnerait plus l'occasion de fricoter avec le voisin… ni même de lui sourire. Entre un Latino et un Black je me sentais déjà très blanc mais là j'ai dû devenir livide. La conversation dévie un peu sur moi, sur mes projets de la semaine. De là, j'explique que j'allais passer une partie de mon temps dans le Metro pour me rendre aux quatre coins de la ville. Après, que j'ai eu finit d'expliquer mon « p'tit programme » il se lève et revient quinze secondes plus tard en me tendant des clés : « tu prends cette voiture » ; R. n‘en peu plus, il est plié de rire. Je refuse, mais en fait ce n'est pas une question et il temps l'index vers moi en haussant le ton en disant : « TU prends la voiture » ; on ne dit pas non à Barry quand il vous file sa Lexus. Elle ne lui manquera pas car il a deux autres « caisses » dans le sous sol. Quand j'ai vu l'engin, je me suis dit que mon permis ne serait pas suffisant et qu'un diplôme d'ingénieur dans l'aéronautique n'aurait pas été superflu. Connaissant le trafic de la ville, les voitures qui vous doublent à droite, à gauche et si elles pouvaient le faire, vous sauteraient par dessus, j'ai senti la sueur perler sur mon front. Si par malheur, il arrivait quelque chose à cette bagnole, il n'aurait qu'à me frapper du petit doigt pour que je me retrouve à tourner en orbite. Nous avons dormi chez Barry... moi plutôt mal ; j’étais très mal à l’aise à l’idée de repartir avec la voiture le lendemain matin. Avant, que l'on s'endorme, R. me glisse à l'oreille : « cool, hein !! ».Le lendemain matin nous avons attendu que Barry se lève. Il nous a fait du café. Pendant qu'il jouait à la Playstation avec R. j'ai pris une douche dans une salle de bain de la taille de mon appart actuel. Je pensais à ce mec qui ne devait pas être tout à fait « clean », qui nous accueille chez lui, qui me file sa bagnole sans rien demander en contre partie, ni même une recommandation. Moi ? Je me voyais bien avec un type comme ça mais bon, je n’ai ni la taille, ni le poids, je ne suis pas équipé pour non plus et je ne comptais pas finir avec des côtes cassées à chaque fois que l'on aurait fait un petit câlin. Le moment fatidique était venu. R. m'a devancé et nous avons rejoint Weho. Pas très rassuré au départ, la circulation n'était pas très dense et j'ai pu suivre R. sans trop de difficulté. Je ne me suis pas autant servi de la voiture durant la semaine que si cela avait été une vieille caisse pourrie, mais quand même. Trois jours plus tard, après avoir fait le plein qui m'a coûté un bras et une jambe, nous retournons chez Barry pour la petite soirée qu’il organisait pour je ne sais quelle occasion (il y en avait peut-être pas d‘ailleurs). Dernière frayeur, à un céder le passage j'entends un énorme crissement de pneus et là je me dit : « Oh putain de merde, c'est pour moi !!! », même pas envie de regarder dans le rétro, et non... Je me voyais déjà courir à toutes jambes dans la ville avec un club de golf planté dans le cul. Bref, aujourd'hui, je me demande, si je le croisait quelque part, s'il se souviendrait de moi, si en lui tapant sur l'épaule en lui disant : « Et Barry, tu te souviens ?», si ça lui reviendrait à l'esprit ou s‘il m’en collerait une. Je ne sais pas comment lui et R. se sont rencontrés, il m'a toujours fait connaître des lieux et des personnes avec lesquelles je me sens tellement différent. En réfléchissant à tout ça, je me dis que l'on perd beaucoup à ne pas aller vers les personnes qui ne nous ressemblent pas. En relisant ce texte je m'aperçois qu'il contient encore quelques préjugés concernant Barry qui lui n'en a pas eus à mon égard en me faisant confiance. Mais, je les laisse écrits, les préjugés sont parfois un système d'auto-protection, c'est ainsi, c'est humain alors pourquoi les nier. Le principal est que j’en suis conscient la plupart du temps et que je ne les laisse pas trop m’arrêter. Qu'importe qui est Barry en fin de compte, moi j'ai connu son côté tendre, généreux, cette masse protectrice et cette sincère douceur quand il vous donne un « Hug », cet incontestable tendre charme quand il pose son regard sur vous. Quoi qu’il en soit, je pense que ce fut une leçon… une de plus, bien résumée par ce qu'écrivait Marivaux en quelques mots : « Dans ce monde, il faut être un peu trop bon, pour l'être assez ».

mercredi 15 septembre 2010

Sur ses lèvres

« Chaud et ondoyant, le souvenir de sa bouche est resté longtemps sur la mienne ; aujourd’hui encore je pourrais presque le retrouver. Il m’est plus tard arrivé d’avoir une impression de rougeoiement secret comme des pétales de fleurs humides et ardents en train de danser sous la bruine ».

Cui Zi’en « Lèvres pêche »

[+] Site de Kinu Sekigushi

vendredi 10 septembre 2010

Mauvais’œil

Depuis deux jours, je sentais bien que mon œil gauche me faisait un peu mal. Je pestais encore contre la clim du boulot me promettant de la couper le jour suivant. Seulement, dans la nuit je me réveille, je touche ma joue et je me dis : « P’tain, mais merde, tu pleures !! ». Je pleurais effectivement, que d’un œil… le gauche. Trop flémard pour me lever, je me rendors. Au levé, je prépare le café, je passe sous la douche, à l’aveugle, comme tous les matins et là quand je me regarde dans la glace, l’horreur, je ressemble à un Picasso. Je remue la tête, pour éclaircir ma vision comme si par enchantement, tout allait se remettre en place. J’ai l’œil gauche enflé comme si je m’étais reçu un coup. A ce moment là, je commence à m’énerver, à tourner en rond dans la cuisine pour trouver un truc à mettre dessus. Même pas un morceau de glace (fais pas bon venir boire l’apéro chez moi). Je continue à m’exciter tout seul, commençant à jurer et à envoyer des « bordel de merde » d’un côté et des « fait chier » de l’autre, sans que ça n’arrange évidemment quoi que ce soit. Je finis par me préparer dans un dernier « nom de dieu » et je file au boulot. J’ouvre le bureau et quand mon collègue arrive, j’ai encore l’infime illusion qu’il ne remarquera rien. Cette illusion explose en plein vol dans ses premiers mots avant le bonjour habituel :

Lui : Oh putain ! Mais qu’est-ce qui t’es arrivé ? T’es battu ?
Moi : j’n’en sais rien, c’est peut-être la clim, une piqure ou morsure d’insecte… Avec les travaux ici en ce moment, et nos mains toujours dégelasses, je me suis peut-être frotté et mis quelque chose dans l’œil… j’sais quedal sur ce que peut avoir cet œil.
Lui : et bien… toi qui dit qu’il ne t’arrive quelque chose que quand tu le décides, tu l’avais prévu ça ?
Moi : non

Non, je ne l’avais pas décidé et c’est bien ce qui m’emmerdait d’ailleurs. Un de mes gros problèmes, c’est de vouloir tout maîtriser et le fait que mon corps m’échappe m’est totalement insupportable. J’ai pas le temps d’être malade. Chez moi, je n’ai qu’une boite de doliprane histoire de me rassurer dans mes récurrentes migraines. Je pense toujours que rien n’est grave et là, je suis forcer de constater que je ne pouvais pas faire comme s’il ne se passait rien. Sur ces pensées, passe dans le couloir, M. la secrétaire du Dr. C. qui a son cabinet deux étages au-dessus :

Moi : M. s’il te plaît, peux-tu voir avec le Dr. C s’il peut me voir ce matin.
Elle : c’est pour ça (pointant son doigt vers mon œil)
Moi : bhein ça alors ? Tu as deviné ?!
Elle : (rires) ok, je lui en parle

Mon œil est devenu au cours de la première heure de taff, le principal sujet de conversation. Le pire dans ce genre de situation, c’est d’écouter l’entourage qui y va de son propre diagnostic dont certains m’ont foutu tellement les pétoches que j’étais prêt à débloquer l’argent de mon assurance vie pour profiter des derniers instants qu‘on me donnait. Le téléphone sonne, c’est M. : « Nico, monte ». Je grimpe les marches deux à deux pour arriver enfin chez Dr. C :

Dr. C. : bon sang, mais qu’est-ce qui t’arrive ?!!
Moi : J’comptais bien que tu me le dises
Dr C. : (soupir) faudrait que tu vois un ophtalmo
Moi : mais tu ne peux pas me donner quelque chose en attendant ?
Dr C. : (montrant une affiche dans son cabinet) le docteur des yeux c’est l’ophtalmologiste et si je te donne quelque chose tu ne vas pas y aller. En plus, il m’est difficile de voir ce que c’est, je ne peux pas prendre de risque sur un collyre sans être certain de ce que tu as, tu comprends ? Vas chez Dr. D, elle est à 250 mètres, elle te recevra en urgence.

La matinée fut super longue. On était vendredi, le jour où je m’autorise des sorties jusqu’au petit matin pour oublier les contraintes de la semaine. A la radio passait « get fresh at the weekend » et je me disais que la semaine n’avait déjà pas été très « funky » mais que j’avais définitivement le week-end dans le puetsch. J’appelle l’ophtalmo et je tombe sur le secrétariat qui me dit qu’en raison des vacances des autres ophtalmos, le Dr. D est surchargée et ne pourra pas me recevoir. J’insiste. Elle joint le Dr D. qui confirme son impossibilité à me recevoir et m’invite à aller voir un généraliste ou de me rendre aux Urgences. Mais bien sûr… j’vais surement pas aller aux Urgences pour confier mon œil gauche à un interne, qui va l’ausculter en cinq minutes chrono, en sachant que si ça se passe mal, il ne me restera que l’œil droit. A 14h00, je me rends quand même chez le Dr. D, je passe la barrière du secrétariat :

La secrétaire : vous avez rendez-vous ?
Moi : non, mais j’attends quand même !

Les minutes passent, la salle d’attente se rempli au point qu’à un moment, je me dis : « c’est mort » et je me casse pour retourner au bureau.

La secrétaire : (confuse) je vous l’avait dit.
Moi : t’inquiète… je reviens ce soir.
La secrétaire : mais m’sieur… (pas le temps d’écouter le reste de la phrase dont je devine le contenu)

Dans l’après-midi, j’appelle ma frangine et je lui explique la situation et la conversation dévie sur un ami dont j’étais très proche :

Moi : tu te souviens de P. tout a commencé par l’œil, les médecins ne savaient pas ce qu’il avait et un an il a été tortillé, non seulement il me manque mais en plus je lui en veux de me laisser avec ce traumatisme.
Emy : mais arrête tes conneries Nico, il était taxidermiste
Moi : et alors ?!?
Emy : déjà, je me demande comment on peut passer son temps libre avec une passion pareil, franchement !! Avec toutes les carcasses de bestioles ramassées je ne sais où et entassées dans son congel, il se sera bien attrapé une merde à cause de ça.
Moi : je ne pense pas que ça ait un quelconque rapport… et puis quand même, ça a commencé par l’œil aussi.
Emy : mais arrête avec cet œil !!! il faut bien que ça démarre par quelque chose, tu aurais préféré que ça commence au bout d’ta bite.

Sur ce point, le soucis avec ma frangine… c’est qu’elle est comme moi : « rien n’est jamais grave ».


La journée terminée, je pars un peu plus tôt du travail et me voilà arrivé, moi et ma tronche de Joseph Merrick à 17h30 dans la salle d’attente du Dr. D. Les patients défilent. Puis, m’ayant déjà remarqué en début d’après-midi, le médecin se tourne vers moi :

Dr. D. : vous attendez quelqu’un ?
Moi : oui, vous
Dr. D. : c’est vous qui avez appelé ce matin et qui êtes venu en début d’après-midi
Moi : oui, c’est ça
Dr. D. : (soupir) très bien, je vais vous prendre, mais vous allez devoir attendre.

Et j’ai donc attendu… 3h00 ! Et croyez moi, durant tout ce temps-là, j’ai eu le temps de cogiter. Je n’étais pas inquiet, ni même anxieux. Je pensais en fait, à ce que mon corps essayait de me dire. J’étais en recherche de sens. Il m’est revenu en mémoire ce manga où le héro se fait voler son œil par une araignée car, en faisant le ménage il lui avait détruit sa maison, sa toile. Dans ma salle de bain, une araignée avait installée la sienne. Cela ne me dérangeait pas plus que ça jusqu’à cette semaine où je me suis rendu compte qu’elle avait fait rappliquer ses copines et bon, il y a des limites à mon hospitalité et j’avais durant le ménage hebdomadaire foutu tout ce petit monde à la porte. Cela m’a fait sourire, sans doute le premier sourire de la journée. Et, puisque ce sera la base des mes études à partir d’octobre, j’ai tourné ma réflexion vers la tradition orientale . Pour la médecine chinoise, l’œil gauche est assimilé au Yang qui représente la personnalité de l’individu et au bois qui représente le niveau de perception le plus en relation avec les sentiments et l’être. Et mon Yang justement, il avait pas mal morflé cette semaine. J’étais revenu sur certains évènements du passé avec pas mal de colère, de tristesse et une telle intensité émotionnelle que cela m’avait remué au point ces derniers jours de souvent retenir mes larmes pour ces choses qui m’enflammaient. Quand je relis cette dernière phrase, je me rends compte combien les mots sont significatifs et que si ces larmes avaient justement été lâchées au moment où elles le devaient, elles auraient peut-être éteint cette inflammation de l’œil que le Dr D. a diagnostiquée.

Moi : merci Dr. D. je vous suis reconnaissant de m’avoir reçu, je sais qu’il est tard et je suis navré pour m’être quelque peu imposé.
Dr D. : ce n’est rien, ne vous en faites pas, à la fin du week-end cela ira déjà mieux. Il ne devrait pas y avoir de risque d’abcès. Continuez le traitement jusqu’à la fin de la semaine prochaine et il n’y aura aucune complication.

Dans ce monde dans lequel je n’arrête pas de m’agiter dans tous les sens, mon corps à su me trouver du temps pour m’arrêter sur moi ; au moins pendant 3h00 dans une salle d’attente et un week-end. Finalement, cet épisode « oculaire » m’en a dit long sur moi, et sur justement : ce que je refuse de voir et ces abcès difficiles à crever. Que mes réflexions soient justes où à côté de la plaque, elles m’amènent tout de même à penser, que « garder un (seul) œil sur soi » n’est peut-être pas suffisant.

« Le corps est toujours saisi dans la trame du sens […] le lieu et le temps où le monde se fait homme immergé dans la singularité de son histoire personnelle ». David Le Breton

mercredi 8 septembre 2010

L’inconnu de la semaine



Il y a encore 2 ans, je ne savais pas qui il était. C’est un ami à Cannes qui me dit un jour : « Je suis un ami d’enfance de François Sagat ». Ce à quoi je réponds : « ah ouais… tiens, au fait, c’est qui François Sagat ? ». Je pense que leurs relations ont dû s’espacer à la sortie de chez la nourrice car il ne m’a jamais proposer de le rencontrer (ou de me filer son numéro). Quand bien même, c’est le genre de garçon qui rentre le soir avec une bonne excuse pour ne pas faire l’amour vue les journées qu’il passe. Bref, c’est un mec qui semble mener intelligemment sa carrière. Ce qu’il fait est toujours très esthétique. L’Express du 16/08/2010 lui a consacré un article qui est bourré de liens et qui contient également les bandes annonces des 2 films où il apparaît : « Homme au bain » de Christophe Honoré et « L.A. Zombie » (ça ne doit pas être un film d’auteur vu le titre) du réalisateur américain Bruce LaBruce. Enfin… tout ça pour dire que le cul, c’est comme le fric : ça mène à tout ; encore faut-il bien s’en servir.

[+] Couverture des Inrockuptibles Juillet/Août 2010
[+] Site officiel de François Sagat
[+] Le Blog de François Sagat

dimanche 5 septembre 2010

Mille feuilles - Sept.

La presse ne me fait pas sourire, au point où je me suis auto-interdit la lecture des journaux le week-end. Cette semaine encore, les articles ne cessent de relater la décadence de la France, la perte de ses valeurs bafouées par ses plus hauts dignitaires et responsables. Pourtant, entres les pages des papelards, mes yeux se sont posés sur la photo d’Abdellah Taïa au charme qui donne vraiment envie de lire son nouveau livre « Le jour du roi ». Homo avéré, on ne peut pas dire que la presse Marocaine soit tendre avec lui malgré les reportages qui lui ont été consacrés… je suppose que le talent, c‘est d‘être capable de créer de l‘émotion telle qu‘elle soit.
Justement, sans vraiment de raison rationnelle et sans qu’elle soit vraiment originale, j’ai tout particulièrement aimé l’affiche du 36ème festival du cinéma américain de Deauville. Il aura, entre autres, comme invité Terry Gilliam ; un des réalisateurs dont j’aime énormément le travail et la créativité. Avec beaucoup d’humour, il a déclaré pour 20 minutes : « ça va être atroce, ces gens qui m’adulent » … j’adore !!!
Puis, dans la Dépêche, un titre qui m’a fait sourire : « Les prostituées indignées d’être notées sur Internet ». Le fonds de l’article est plutôt grave pour ces femmes (ou hommes) qui sont plus préoccupés par les notes négatives qui leur sont attribuées leur faisant perdre de la clientèle que par le côté graveleux de ce procédé. J’ai vraiment un profond respect et une certaine considération pour ce «corps» de métier, notamment parce que si l’Etat s’indigne de ce travail illégal, il est beaucoup moins regardant quand ils s’agit de prélever l’impôt sur le revenu sur ceux qui l’exerce. Une aberration de plus…

Sources : Le Monde (N° 20407) ; La Dépêche (vend. 3/09) ; 20 min
utes (vend. 3/09)

mercredi 1 septembre 2010

A la baguette !!!

Samedi matin, 9h00, la tête dans le seau, fraîchement passée sous l’eau, les cheveux en pétard, me voici parti, yeux mi-clos, à la boulangerie, bien décidé en revenant à me faire « LE » méga brunch.

Moi : Bonjour M’sieur
Mon boulanger : é-bonjour

1ère observation : dans le sud, d’est en ouest, on ne dit pas « bonjour » on dit « é-bonjour », je suppose qu’ils l’écrivent comme ça, j’suis pas sûr de l’orthographe.

Moi : une baguette, un croissant et un pain au chocolat s’il vous plaît.

Tout se déroule normalement jusqu’au croissant. Puis, arrivé au pain au chocolat, le boulanger reste scotché devant moi avec un air circonspect et non dénué d’un certain mépris.

Moi : ?!? (5 secondes)

Mes yeux flottent à droite puis à gauche pour voir si je n’aurais pas loupé un épisode depuis la petite minute et demi que je suis dans l’échoppe.

Moi : ?!? (5 secondes supplémentaires… c’est long)

Je fais ma petite moue avec le sourire du mec qui attend patiemment, les deux mains dans les poches, ce qui me donne le plus souvent l’aspect d’un attardé tant mon malaise est palpable.

Mon boulanger : il vous fallait autre chose (sur un ton quelque peu menaçant)
Moi : heu… oui… un pain au chocolat s’il vous plaît
Mon boulanger : Pardon ?!?

Et là, timidement, presque avec la honte du gamin qu’on dispute, je tends mon index fébrilement tel un E.T. désespéré réclamant sa maison et je montre le petit monticule de pains au chocolat en face de moi.

Mon boulanger : oui et bien ça ! Ce sont des chocolatines
Moi : (la tête sur le côté) haaa ! hum ?? ça ressemble quand même beaucoup à des pains au chocolat (l’humour ne passe pas et je ravale mon sourire faussement bonnet)

2ème observation : à Toulouse, on ne dit pas « pain au chocolat » mais « chocolatine » pour ne pas vexer son boulanger.

L’ennuyeux dans l’appellation chocolatine, c’est qu’elle occulte toute la partie viennoiserie qui entoure les barres de chocolat et c’est tout de même important car c’est là que se trouve tout le cholestérol que l’on retrouvera plus tard dans nos prises de sang. Mais, comme le dit mon Beau-Frère : « on s’en tape, le gras : c’est la vie ! ».
Une fois tout bien emballé dans les petits sacs en papier bien absorbants qui témoignent d’une bonne croissanterie traditionnelle pure beurre, je m’apprête à sortir de la boulangerie sans oublier mes bonnes manières surtout quand quelqu’un a eu la délicatesse d’enrichir mon vocabulaire d’un nouveau mot qui sera utile à mon intégration :

Moi : merci, M’sieur
Mon boulanger : avec plaisir…

3ème observation : à Toulouse, on ne dit pas « de rien », « je vous en prie » ou « pas de quoi », on dit systématiquement « avec plaisir » même si le visage et le ton de la voix indiquent tout le contraire.

Je rentre chez moi en me réjouissant de cet agréable début de journée, prêt à déguster ma baguette, mon croissant et … ma chocolatine. Sur le chemin, je pensais à ce pauvre Joe Dassin qui aurait été bien emmerdé pour faire rimer les paroles de sa chanson : « Gambadant parmi les brioches, se remplissant les poches de p’tits pains au chocolat chocolatines laï laï laï laï »

Même amusé, il m’arrive parfois de me sentir tel un étranger dans mon propre pays, alors j’imagine ceux qui le sont vraiment.

[+] Dans les Cévennes, ce n’est pas mal non plus : « Retour à la terre » Vol.1 Vol.2 Vol.3 Vol.4 Vol.5 de Manu Larcenet & Jean-Yves Ferri


Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...