mercredi 29 décembre 2010

Les points positifs de 2011


1°) Nous ne serons plus en 2010, ce qui est plutôt une bonne chose tant cette année a été pourave.

2°) Les années impaires me sont plutôt favorables en règle générales, je n’ai pas de statistiques précises mais ça me rassure de le penser.

3°) Vénus passe dans mon signe dès le début de l’année, au mois de janvier et j’espère bien qu’elle s’arrête un petit peu le temps de me trouver un Loulou (bonne idée cadeau pour mon anniversaire) : beau, gentil, sexy et riche (d’autres critères sur tu-reve.com) ; après elle pourra se barrer, je m’occupe du reste.

4°) Mon crédit se termine ce qui donnera un peu d’oxygène à mes finances qui, à chaque fin d’année survivent sous respiration artificielle.

5°) Je vais enfin pouvoir assister au concert de Sade, ce sera en mai à Paris (merci Arnaud d’ailleurs !) et l’occasion de passer quelques jours dans la capitale si mon emploi du temps me le permet.

6°) Et bien évidemment, comme chaque année : j’arrête de fumer.

Bon réveillon et excellent début d’année 2011 à tous !!!
A l’année prochaine !!!

vendredi 24 décembre 2010

No Comment


Joyeux Noël à Tous !

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Source Homocity : Les lutins et Rémi - 1ère partie

mardi 21 décembre 2010

Rétrospective - Part.7

P'tain ça recommence : Noël

L’année dernière, j’avais prévu le coup et je m’étais barré durant les fêtes, assez loin pour dissuader tout le monde de m’appeler pour me souhaiter un joyeux Noël ou une bonne année. Décidément, cette saison n’est pas la mienne, putain d’hiver. « Le froid fige », la vague polaire s’est abattue également sur mon quotidien. Pas de pathologies particulières mais des effets indésirables. Je me suis complètement laissé dépasser, par le boulot notamment ; cela faisait bien longtemps que je n’avais pas rapporté du travail à la maison, les courriers qui s’accumulent sur le bureau, la difficulté à me concentrer, ces petites choses qui ne devraient prendre que quelques minutes et qui me prennent des heures. C’est comme si je cherchais par tous les moyens à retarder l’arrivée de cette fin d’année que je redoute. Les fêtes n’ont jamais été mon truc, pas plus cette année que les autres. Par contre, je ne vais pas y échapper cette année, surtout avec la naissance du Petit. Tu parles que le gone à 3 mois, il en a rien à battre des fêtes, des cadeaux ou du vieux con barbu qui est censé les apporter et de tout le tralala mais bon, il faut bien faire plaisir à ses Parents. Du coup, il y aura les miens aussi, ce qui m’angoisse d’autant plus, surtout que je ne les ai pas vu depuis près d’un an 1/2 maintenant. Ils sont bien venus voir le Petit plusieurs fois, mais je n’ai pas eu l’honneur de leur visite bien qu’habitant à 40 km de là. Le soucis, c’est surtout mon Père, enfin ce n’est pas vraiment un soucis puisque les seuls contacts que nous avons sont téléphoniques et les seules paroles qu’il me prononce sont : « J’te passe ta Mère ». Je crois que mon « coming-out » a été pour lui l’anéantissement de tous les espoirs qu’il portait en moi, ça date d’il y a plus de 10 ans mais il ne s’en est toujours pas remis. Je dois lui faire l’effet d’un soufflé qu’on regarde cuire, dorer, gonfler prétentieusement à travers la vitre et qui s’écrase comme une merde à la sortie du four pour finalement ne ressembler à plus rien ; aucune comparaison avec l’image de la fiche cuisine. Je n’ai jamais voulu lui imposer ce que j’étais mais je ne voulais pas lui mentir non plus, alors le jour où il a été prêt à me poser la question, j’ai simplement dit la vérité. Je ne renie rien de ce que je suis, bien au contraire, à 6 ans déjà je savais bien utiliser mes doigts et le plaisir que j’en retirai me laissait déjà peu de doute sur ce que serait mon orientation sexuelle, il me fallait donc assumer, et le plus vite serait le mieux : aucun regret de ce côté-là. Faire un choix, c’est renoncer à une autre voie, peut-être plus conventionnelle. Le choix et les opportunités je les ai eues mais j’ai préféré être ce que je suis vraiment plutôt que de prétendre être un autre. Finalement, l’image du couple « parfait » qu’on sut entretenir mes Parents, même si je sais aujourd’hui que beaucoup de choses tenaient parfois de l’illusion, a largement contribué à la construction de mes idéaux. Jusqu’à 16 / 18 ans, je pensais que je rencontrerais un prince charmant et que nous vivrions heureux pour le restant de nos jours. Puis, j’ai commencé à fréquenter un peu le milieu et là, il ne m’a pas fallu très longtemps pour comprendre qu’il était temps de quitter le monde de Disney parade. Alors oui, l’adolescence, mes débuts dans la vie d’adulte ont été difficiles à vivre. Non pas parce que je ne m’acceptais pas en tant qu’homo, comme peuvent le vivre dramatiquement certains, mais parce que l’idée que je me faisais du couple, après laquelle j’ai couru pendant pas mal de temps, était réduit en pièce par la réalité. J’ai aussi ma part de responsabilité dans cette non-réalisation, j’ose cependant croire que rien est irrémédiable. P. me pousse à lui parler, à entamer un vrai dialogue, mais parce que revivre mon passé m‘est douloureux et que j'en ai chié tout seul, je n’ai pas envie de refaire le chemin avec lui. Je n’ai pas pour habitude de me forcer, c’est peut-être un tort, mais c’est ainsi… pour l’instant du moins. Sa désertion de ma vie, je la comprends, surtout avec l’arrivée du Petit, qui me renvoi à d’inaccessibles envies de paternité, de voir un peu de vie éternelle dans la procréation de ce qui est le prolongement de soi, d’être le géniteur d’un avenir. Oui, finalement, j’ai finit sincèrement par le comprendre dans sa colère et ses déceptions, et l’on ne peut pas en vouloir à quelqu’un quand on le comprend.

« Ce que je demandais c’est d’être accepté. Pas compris… accepté » Man Ray -

Tableau de : Kent Monkman

dimanche 19 décembre 2010

Lucky Star

Pour celui qui veut se faire draguer ou baiser, je pense qu’il y a plus d’une occasion à chaque miles entre Highlands et Santa Monica pier, mais ce n’étais pas mon intention, du moins pas ce jour là. J’étais souvent dans le coin ceci-dit. J’étais passé trainasser au bookstore de Sunset cherchant une idée cadeau pour la soirée chez C. J’ai remonté Vine boulevard pour m’arrêter au Pantages. Stomp ne passait que le mois prochain, ils avaient remplacé Wicked que je voulais voir une nouvelle fois par Mary Poppins. Dégoûté, je n’ai pas acheté de places, car les bonniches qui volent, c’est pas mon truc. Tant pis, je n’irai pas au théâtre cette fois-ci. Je regarde l’heure sur mon portable en me disant qu’il faut que je me bouge le cul à remonter vers le Metro. De toute manière je suis tout le temps en retard. Il fallait bien sûr que je repasse à l’appart. Heureusement, je n’avais pas donné d’heure fixe à B. pour venir me chercher, je lui avais simplement dit de passer me prendre dans la soirée. Ça m’aurait tout de même un peu emmerdé qu’il attende devant la porte alors qu‘il devra très certainement poireauter pendant que je me prépare.


Hollywood boulevard est un perpétuel spectacle, en journée bien sûr mais surtout à la tombé de la nuit. Les vitrines, les gens, l’ambiance… je marchais et je crois que j’étais bien, je n’avais rien de particulier en tête. À quelques mètres de moi, je vois un mec qui indiquait en Espagnol leur chemin à deux nanas. Mon regard s’est posé sur lui, premièrement parce qu’il était beau et deuxièmement parce que malgré le brouhaha et cette infernale animation de la rue, ses gestes semblaient au ralenti durant tout le temps que je m’approchais de lui. A son niveau, l’échange de nos regards a été d’une violente intensité. En le dépassant j’ai senti mon cœur battre si fort que je voyais le moment où il allait faire exploser mon thorax. Je me suis retourné, il avait finit de parler et il se tenait sur je ne sais quelle étoile de star du trottoir en me fixant. Tous les quidams avaient disparus, je ne voyais plus que lui. La tension était si forte dans mon pantalon que j’ai bien cru que j’allais perdre les boutons de la braguette de mon jean sur le walk of fame. Cela a duré bien 5 minutes jusqu’à ce que j’arrive au passage pour piéton, je me retournais et lui me regardais planté là. Il a fait un léger mouvement de la tête pour me dire de venir et moi un mouvement de sourcils l’air de lui dire que ce n’était pas possible. La foule a envahi de nouveau mon espace de vision jusqu’à ce qu’il disparaissent parmi la faune environnante. Que ce serait-il passé ? En tout cas, ce genre d’émotions semblent tellement plus intenses qu’un orgasme, qui se souvient d’un orgasme un an après ?!? S’il y avait eu sexe, cela n’aurait peut-être pas autant marqué ma mémoire Ce n’est que 5 minutes de ma vie, mais un an après, jour pour jour, je me souviens encore de lui et je le revois comme si c’était hier.

Photo : « Los Angeles Hell on Earth » by Aishado

mercredi 15 décembre 2010

Très colère !

C’est symptomatique chez toi bordel de merde !!! Chaque fois que je sors le samedi soir, tu as toujours quelqu’un pour te dire avec qui j’étais et ce que je faisais. Et voilà que tu me fais le rapport de mes soirées auxquels tu n’étais pas. Où est l’intérêt de tout ça ou plutôt quelle en est la finalité ? Tu n’as pas voulu de moi, basta, non ?! Je te fais peur sois disant, et quand je t‘ai demandé « pourquoi ?», tu m‘as simplement répondu « Tu me fais peur, c‘est tout. » J‘suis bien avancé tien !! Il n‘y a pas de conversation possible, tu clos la communication par la fuite. « Tu étais bien entouré hier », « Je suis jaloux », « Il est beau, tu as de la chance ». Oui mais voilà monsieur « Jesaitoudetoulemonde », vous êtes mal renseigné, vos tuyaux sont percés de toute part. Je refuse d’entrer dans ton jeu, de répondre à tes pseudo-questions ou tes ersatz de certitudes. Je te laisse dans ce marasme car je ne peux rien pour toi, arrête simplement de me contacter pour ce genre d’échange stérile qui me fait perdre mon temps et ma patience. Arrête de me contacter tout court d’ailleurs si c’est pour maintenir des espoirs que tu es incapable de concrétiser. Si tu ne sais rien, c’est qu’il n’y a rien à savoir. Par contre, tu fais erreur, ce que tu ressens, ce n’est pas de la jalousie, mais de l’ego mal placé ; même une huître pourrait comprendre ça.

lundi 13 décembre 2010

Narcissisme : mode d’emploi

«Je suis décidé à ne fréquenter que mes égaux, je ne fréquente bien évidemment personne puisque je suis sans égal.»
« La conjuration des imbéciles » John Kennedy Toole -

samedi 11 décembre 2010

Rétrospective - Part.6

Le sang mêlé

Le portable n’est pas une troisième main chez moi, je ne suis pas très téléphone, mais je le gardais tout de même à porté puisque le jour approchait. Effectivement, c’est vers 9h30 du matin que je reçois un appel de mon beau-frère : « Nico, j’emmène ta frangine à la clinique, elle va accoucher ». J’ai balbutier un truc qui ressemblait à : « heu, ok, heu oui d’accord » alors que je voulais dire toute autre chose comme « courage », « j’espère que ça se passera bien » enfin un truc dans le genre, mais j’ai entendu ma Sœur en arrière plan qui criait : « P’tain mais ta gueule ! conduis plus vite merde !!! » ; ça m’a perturbé et ça a coupé. Quelques heures plus tard, je recevais un MMS avec une photo d’Emy tout sourire avec le Petit et quelques mots en dessous : « Et voilà le travail ! » comme si elle avait accouché depuis une quinzaine, le gamin lui, paraissait bien du jour pourtant. Je ne pensais pas que cela me rendrait aussi nostalgique… pas triste mais nostalgique.



Je n’ai pas pu m’empêcher de cogiter et de penser que, quelque part, tout n’est pas dans l’ordre des choses. Au départ, déjà la relation que nous avons est un peu faussée. Avec les 10 années qui nous séparent, c’était trop souvent moi l’autorité, nos Parents se refusant à gueuler sur leurs gosses le peu de temps qu’ils passaient avec eux quand à l‘époque ils étaient absorbés par leurs activités. Après, je me suis installé à l’étranger et je ne peux pas vraiment dire qu’elle me manquait car les responsabilités familiales avaient été difficiles à supporter jusqu’à ma majorité mais il me tardait de la retrouver. Je sais que je suis un pilier pour elle. Elle me le répète assez car malgré tout un grand frère, même d’1m70 c’est important. Alors, j’ai assumé mon rôle et même peut-être un peu plus. Ce sont, les premières sorties en tant que chaperon, les confidences, les secrets « à ne surtout pas répéter à Papa et Maman », essuyer les larmes, les dettes, les échecs, les conflits, les emmerdes et m’occuper des cons car quand il y en avait un à 50 km à la ronde, à coup sûr il était pour elle. Elle est d’une incroyable vitalité et spontanéité. À 8 ½ mois de grossesse elle courait encore dans les rayons du menuisier suédois qui a fait fortune, en ville pour faire du shopping, elle organisait l’anniversaire de mon Beauf pour une trentaine de clampins et les ramenait chez eux à 5h du mat aussi plein que des barriques. Elle peint, dessine, travaille, prend du temps pour les autres et « à l’occasion, pique aussi à la machine ». Elle est pleine de ressources qu’elle tire de je ne sais où. Je ne pense pas qu’il y ait plus différent que nous : le brun / la blonde ; l’introverti / l’extravertie ; l ‘insociable / la sociable ; le réaliste / l’idéaliste. Et pourtant, c’est une incroyable complicité qui nous fait nous comprendre en un regard, rire aux mêmes choses alors que les autres ne captent rien. C’est peut-être simplement la magie de la génétique. Nous avons peut-être en commun cet humour décalé qui est souvent notre mode de communication comme quand en lui disant un jour : « tu sais Emy, je pense que tu devrais prendre soins de . . .» et qu’elle finit ma phrase par «. . . de mon utérus ? », elle m’annonçait qu’elle était enceinte.

jeudi 9 décembre 2010

Pour en finir avec Canto

Courrier des lecteurs : Dépêche de Toulouse du 09/12/2010

G. Nièvre > [À la suite de l’article « L’appel d’Eric Cantona fait chou blanc au guichets des banques. »] Ce qui me choque, c’est que personne ne soit choqué par le fait qu’il soit pratiquement impossible en fait de retirer son propre argent ! La banque n’est aucunement propriétaire des fonds déposés, et son organisation interne ne concerne qu’elle. Lorsque je dépose mon argent dans une agence, on ne me demande pas mon accord pour en faire ceci ou cela, le transférer au siège de la société ou ailleurs. On me prend sans me demander de délai ! Pour moi il est supposé être liquide et rester dans l’agence où je l’ai mis. La perversité de tout ce système c’est qu’en fait ils ont réussi le hold-up parfait, celui que plus personne ne remarque : tu me donnes ton argent (de toute façon la loi t’y oblige), j’en fais ce que je veux, et je te le rends soit au compte-gouttes, soit avec un délai que je fixe moi-même. C’est pas beau ?

lundi 6 décembre 2010

Débit immédiat

Voici une vidéo qui ferait mentir un ami qui pense que « les sportifs c’est intelligent que quand ça ferme sa gueule ». La vidéo, je l’ai découverte il y a quelques jours sur le Blog Couleurs d’aencre et le dessin dans Le Monde de ce matin. Honnêtement, je voudrais que l’idée de Cantonna soit relayée et fasse le tour du monde, c’est juste . . . Jubilatoire.



dimanche 5 décembre 2010

1, 2, 3, etc. et puis s’en va

Il n’y a pas si longtemps…

Un jour, tu m’as demandé :
« comment sais-tu que tu m’aimes ? » et je t’ai répondu : « Parce que quand tu vas prendre ta douche, tu me manques déjà ». Si le fait d’être heureux m’appartient, le bonheur d’être avec toi passe par de petites choses que tu me procures, sans même t‘en rendre compte. La façon dont tu me souris, ton regard, ta manière délicate que tu as d’arroser tes plantes vertes, quand le matin tu choisis tes vêtements et que tu boutonnes précautionneusement ta chemise devant le miroir, quand tu m’embrasses en murmurant « on se voit ce soir », ce petit texto que tu envois en milieu de matinée pour me dire que je te manque, dans la façon que tu as de me prendre dans tes bras, quand tu t’appuis au chambranle de la porte et que tu me demandes en souriant ce qu’il y a de bon à manger ce soir, quand tu me suis du regard dans nos sorties, etc. etc. etc. Et je voudrais que cela continue à jamais, que chaque aujourd’hui soit hier pour que ces menus plaisirs ne s’altèrent pas demain dans cette putain de garce d’habitude qui abime tout. Je voudrais savoir qui de nous deux aime le plus l’autre ? Si tu m’aimeras toujours ? Quand cet Amour se changera-t-il en de l’attachement seulement ? Etc. etc. etc. Et à chacun de ces moments vécus à t’observer et à bien d’autres encore, mes interrogations s’envolent. Mon bonheur est dans ces petites choses que tu fais,elles sont simples mais pas simplistes pour la personne qui chaque jour en est le témoin. Cette alchimie de faits anodins font des battements de mon cœur autre chose qu’un simple réflexe maintenant la fonction vitale. La multitudes de choses qui peut me rendre heureux sont sans doute aussi nombreuses que nous sommes d’êtres humains sur terre et pourtant, à un moment de ma vie, il semblerait que tu ais été le seul capable de les transformer en bonheur. Il m’arrive de me demander comment ma vie était possible avant toi ou ce qu'elle aurait été sans. Est-ce donc ça Aimer ? Si c’est ça… je veux t’aimer encore, etc. etc. etc.


Craig Armstrong "World Trade Center OST"

jeudi 2 décembre 2010

Effet miroir

« Comment lui dire que nous les dieux préférons les athées et les agnostiques dont l'esprit disponible est capable d'entendre nos nouveaux messages alors que les religieux bouclés dans leurs certitudes nous ferment tout accès à la communication ? »

« Le mystère des dieux », Bernard Werber - (… et non Charlie Brown)


« Tous ceux qui sont sérieusement, je dis bien sérieusement, impliqués dans la science, finiront par comprendre qu’un esprit se manifeste dans les lois de l’univers ; un esprit immensément supérieur à celui de l’homme. Je crois au dieu de Spinoza, au dieu révélé dans l’harmonie du monde mais pas en un dieu qui se préoccuperait des faits et gestes de chacun. »

Albert Einstein - (… et non Snoopy)

mercredi 1 décembre 2010

dimanche 28 novembre 2010

11/11


Tiens… aujourd’hui j’ai pensé à toi. Nous devions nous appeler le 11 novembre. C’est toi qui me l’avais proposé en fait. Je t’ai envoyé un texto pour te demander à quelle heure tu étais dispo et tu n’as pas répondu. Finalement, cela m’a arrangé ; je crois que ça me faisait un peu chier de payer une communication internationale simplement pour se demander comment on allait l’un et l’autre et se raconter des banalités qui ne mènent à rien. De toute façon, j’aurais très certainement menti. Oui, aujourd’hui j’ai pensé à toi ; sur la playlist est passée notre chanson qui n’est que la mienne d’ailleurs maintenant et, comme un con, j’ai encore chialé… va savoir pourquoi ? Sans doute parce que le fait de ne plus t’aimer est tout autant douloureux que le contraire.



Musique : « In my mind » by Heather Headley
Photo : « The end » by Poprage

vendredi 26 novembre 2010

L'inconnu de la semaine


Wow !!! Ça y est, je commence à me peler les miches ici, l'hiver est là c‘est sûr, le temps est venu de se rapprocher du « poil ».

mardi 23 novembre 2010

Vole pas haut

En marchant jusqu’au bureau je me disais que les semaines de grève, notamment des éboueurs, auront profité à certains : aux pigeons ! P’tain ils sont énormes ici, ils ont du se gaver dans les poubelles. Une amie m’a dit qu’elle croyait avoir croiser un chat dans la rue mais en fait, elle s’est rendue compte que c’était un rat… eux aussi devaient être de mèche avec les syndicats. Quant à moi, quand un pigeon me survole d’un peu trop prêt maintenant j’ai l’impression qu’une poule me tombe dessus.

lundi 22 novembre 2010

Carte Postale

Certains matins sont plus difficiles que d’autres... ces matins qu'on sait sans avenir. Je m’étais glissé du lit en silence et il m’a demandé ce qu'il se passait. Je lui ai répondu que je devais aller acheter deux/trois trucs s’il voulait manger quelque chose. A mon retour à l’appartement, j’étais accueilli par son sourire, il était encore allongé sur le lit et plus beau que la veille. Je lui ai tendu une serviette et à sa sorti de la salle de bain, le petit déjeuner s’étalait généreusement sur la table. Il a pris l’éclair au chocolat en me disant que c’était son préféré moi, la seule chose que j’ai réussit à décrocher c’est que même ses ronflements la nuit étaient attachants… il a rit et je n’ai plus rien dit. Il ne m‘a rien laissé, ni numéro de téléphone, ni Email, juste un dernier câlin et l‘odeur de sa peau de latino sur les draps… Je l’ai regardé descendre les escaliers jusqu’au métro supposant que ce serait la dernière fois que je le verrais. Cet après-midi il sera à Carcassonne, demain à Madrid, après-demain à Lisbonne, sans doute plus tard de retour au Salvador et moi ici…

Photo : "The Reflection" by
Nickunlimited


samedi 20 novembre 2010

15

Comme en gastronomie, je suis plus gourmet que gourmand de littérature. J’aime lire, incontestablement mais je ne peux, malheureusement, consacrer à la lecture « loisirs » que très peu de temps. Quand je réussi à finir deux ouvrages dans le mois, en plus des livres plus professionnels lus à côté, je m’estime satisfait. Je réponds donc au « Tag » de Calyste, craignant sa déception quant à la légèreté de certains choix ; mais la lecture doit répondre à deux critères non négociables mais dissociables qui sont : me distraire et m’éduquer.


Socrate : Commencer par un philosophe qui n’a laissé aucun écrit peut paraître un peu étrange mais l’Antiquité a toujours suscité une fascination chez moi. A l’époque, ils avaient déjà bien cerné l’être humain. Quand à ce que je préfère chez Socrate c’est Platon et « La République ».

Sénèque
:
Pour les mêmes raisons que ci-dessus avec en plus le fait que cet auteur a vraiment influencé et influence encore ma philosophie de vie. J’ai apprécié de lui principalement « De la colère ».

Rabelais : car je lui doit énormément de points d’avance pour être tombé sur lui au Bac de Français. « Gargantua » reste sans doute son œuvre la plus célèbre et la seule que j’ai lue.

Voltaire : Qu’est-ce que j’ai pu aimer cet auteur ! Franchement, qui aime Voltaire au Lycée ? Je l’aime encore car son œuvre complète que je pense avoir lue en entier même les textes qu’il a signés sous un pseudo me parlaient… je le considère comme « le premier » humaniste et bien que « Candide » ne soit pas son meilleur écrit (pour moi) c’est sans doute celui qui à une certaine période de ma vie me correspondait le plus. Si seulement les étudiants savaient les leçons que l’on reçoit en lisant ce genre d’auteurs. L’important c’est de s’en rendre compte plus tard si on n’a pas eu des professeurs trop cons.

Henry David Thoreau
:
pauvre Henry, si tu savais comme rien a changé ici !! Grâce à toi, je suis passé d’anarchiste à apolitique et il m’arrive encore de me replonger dans « La Désobéissance civile » en espérant un jour avoir ton courage.

Oscar Wilde
:
Je ne sais pas si c’est le personnage ou ses écrits spirituels et ses « bons mots » que j’aime avant tout. Ce que je sais par contre c’est que c’est un exemple, parmi tant d’autres comme Swift ou Bernard Shaw de la contribution irlandaise à la littérature anglo-saxonne trop souvent appelée « anglaise » dont je me suis régalé durant mon adolescence. D’Oscar j’ai aimé l’incontournable « Portrait de Dorian Gray » mais également « Un mari idéal » (et bien voyons !)

Karl Otto Schmidt
:
c’est une sorte de Dale Carnegie Allemand. C’est Farid qui me fait découvrir son livre « Le secret du bonheur » quand nous faisions nos études ensemble. Lui a oublié mais pas moi. Cela peut paraître étrange de le trouver ici dans cette liste, mais je crois que sa pensée sur la psychologie dynamique est pour beaucoup dans le virage de ma carrière il y a une dizaine d’année.

Albert Camus
:
Il me fascine, chacun de ses livres me transportent dans les profondeurs les plus sombres et les plus cachées de mon être mais toujours muni d'une torche. Et un type qui commence un livre «Le mythe de Sisyphe» par la phrase : « Il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux : c’est le suicide » ne peut que susciter mon intérêt.

J. D. Salinger : et le début de mon goût prononcé pour la littérature américaine avec (bien sûr) « L’attrape coeur ». Mais ce qui est passionnant chez cet auteur c’est aussi cette vie en retrait du système « such un-american, doesn‘t it? ».

Armistead Maupin : découvert grâce à Arnaud qui pour un Noël m’a offert la série complète «Des chroniques de San Francisco» que j’ai dévorée avec passion, si bien qu’il fut déchirant de quitter les personnages au dernier volume. Je ne parlerai pas de « Michael Tolliver est vivant » dont beaucoup ont apporté une critique personnelle sur leur blog (moi j’ai aimé). Cette année aux States est sorti également « Mary Ann in Autumn » je ne sais pas s’il paraîtra en Europe.

Christiane Singer : juste une femme dont les écrits comme « Où cours-tu, Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ? » arrivent à me tirer les larmes des yeux ou de plus loin parfois ; l’âme peut-être. Pleine de sagesse et de spiritualité œcuménique, il est bon parfois de lire certains mots qui rassurent sur notre raison d’être sur cette terre.

Cui Zi’en : « Lèvres pêche » restera pour moi, le roman de l’année 2010. Un ouvrage absolument bouleversant où l’on retrouve toute la sensibilité de la poésie chinoise grâce à une traduction magnifiquement réussie.

Daniel Pennac : découvert grâce à Karine qui m’avait dit simplement « tu vas aimé ». Elle ne me conseille pas : elle sait… et elle sait juste pour moi. Qu’est-ce que j’ai pu rire en suivant les aventures de la famille Malaussène. Récemment, j’ai lu « Chagrin d’Ecole » le temps d’un voyage en train où j’ai redécouvert ce style d’écriture incomparable.

Bret Easton Ellis : pour « Moins que zéro » et « Les lois de l’attraction ». On s’éloigne de la douceur satinée de la littérature européenne pour un style beaucoup plus abrupte, très inspiré de Salinger d’ailleurs.

Clamp : je me rappelle à la bibliothèque quand un membre du personnel m’avait demandé comment je pouvais lire des Mangas. Simplement parce que c’est une autre lecture, une autre façon de se divertir. Les auteurs des éditions Clamp mélangent souvent des personnages ambigües et je suis fasciné comme le rendu des émotions peut-être si intense avec juste quelques traits de crayon. La série XXX Holic est très réussie et passionnante.

Je ne Tag personne bien que je sois curieux de savoir ce qui se trouve sur vos tables de chevet, vos besaces et autres étagères, ne serait-ce que pour donner des idées concernant mes prochaines lectures.

mercredi 17 novembre 2010

À point

S. : Alors ?! Que fais-tu finalement ? Comptes-tu prendre quelques jours pour remonter chez toi à Noël ?

Moi :
Non, peut-être en janvier, pas sûr…

S.
:
tu ne vas pas pouvoir profiter de la bonne cuisine de ta Maman pour les fêtes de fin d’année alors ?

Moi :
non, et puis de toute façon ma Mère elle ne cuisine pas. . . elle brule.

dimanche 14 novembre 2010

Immortel

Ce dont je me souviens, c’est que l’endroit était plongé dans le noir. Cela aurait dû m’angoisser en temps normal mais je n’avais aucune crainte. Je ne sais pas où je suis, ni comment j’y suis arrivé. J’entends mes pas qui résonnent sourdement et je sais qu’il faut que je continue à marcher tout droit. Je ne sais pas combien de temps j’ai marché, sans doute longtemps mais j’ai perdu complètement la notion du temps. Au loin, j’ai commencé à apercevoir une zone éclairée ; j’essaie de comprendre d’où vient cette lumière pâle sans réussir à trouver sa source. Progressivement il m’apparaît au loin une silhouette qui se tenait près d’une chaise : un homme mince, grand, silencieux et immobile qui me regarde m’approcher vers lui, je crois qu’il portait un costume sombre, je ne me souviens plus, je ne suis pas certain d’avoir vu son visage non plus. Le chemin qui mène à lui me semble long et laborieux, mais maintenant je suis tout proche d’ où il se tient. L’endroit me paraît tellement vaste, peut-être un hangar mais impossible de le délimité à cause de l’obscurité, je me sens comme entouré par le néant ; je ne sais toujours pas où je suis et j’éprouve aucun besoin de le savoir. Tout est tellement silencieux que j’en ai même oublié le bruit de mes pas. Je suis à quelques mètres de l’homme maintenant, il tend le bras vers la chaise de manière mécanique. Il me regarde fixement, mais je ne peux pas me rappeler son visage. D’une voix douce et calme il me dit : « Voulez-vous bien attendre ici s’il vous plaît ?». La langue qu’il parle m’est totalement étrangère, l’intonation et le timbre de voix inhabituels mais j’ai compris chacun de ses mots. Puis, il s’est retourné et s’en est aller jusqu’à ce qu’il disparaisse dans l’obscurité. Et j’ai attendu sur cette chaise, elle n’étais pas inconfortable, j’étais bien ici, sans aucune envie de me lever, sans aucune envie de boire, manger, sans aucune curiosité, je ne peux ni ne veux me retourner… je me sens en total sécurité. Et il y a cette lumière diffuse qui m’entoure et tout le noir autour. Combien de temps ai-je attendu ? Combien d’heures ? Des mois ou des années peut-être ? Mais, j’étais tellement bien qu’à aucun moment je n’aurais voulu quitter cette chaise. Je ne percevais rien, aucune pulsation de mon cœur, de mon pouls… juste là à attendre dans ce paradoxisme de me voir m‘observer. Souvent, un évènement déclencheur dans l’univers onirique nous tire de notre sommeil, mais cette fois-ci j’ai juste ouvert les yeux en ramenant de ce monde énormément de détails. En état de veille j’ai ressenti la même sensation d’ambiguïtés. Ce qui était agréable, c’est de ressentir ce calme et cette sérénité au réveil. Ce qui était plus dérangeant, c’est que j’ai bien l’impression que dans ce rêve, en fait : j’étais mort.

Photo : "When I'm lost" by Thelonerimages


jeudi 11 novembre 2010

No Comment


Encore un truc "made in China"... cherchez l'erreur.
P'tain la honte du gone qui va avec ça à l'école !!!


dimanche 7 novembre 2010

Erreur 554

Mon Amour ,

Je t'écris ces quelques mots car je sais que tu ne viendras pas ici pour les lire. Tu me manques, il y a-t-il un jour où je ne pense pas à toi ? Je ne crois pas. Tu sais, ça ne vas pas ici, et quand c'est ainsi, je fais des bêtises, pour combler le vide que tu m’as laissé. C'est dans ces moments où j'essaie de toutes mes forces de t'oublier que tu es le plus présent. Quand les choses ne tournent plus rond, j’essaie de me rapprocher de ce que je connais le mieux, et ce que je connais le mieux c'est toi. Rien est simple et je ne sais que faire de cet Amour si inconfortable. Je passe mes nuits avec toi mais je me réveille en compagnie de la solitude, je m’endors avec ton absence, il me semble passer mes journées à t’attendre, je crois que je t'aime encore ; oui, ce doit être ça je t‘aime encore ; et quand dans ma tête me revient l’air de cette chanson, je sais que je t'aime toujours.


Devics "Just One Breath"

samedi 6 novembre 2010

Mauvais Esprit(s)

Peut-être avait-il besoin d’avoir quelqu’un près de lui ou simplement voulait-il que nous continuions la discussion entamée durant la soirée en nous laissant surprendre par le sommeil, quoiqu’il en soit, j’ai dormi avec lui, dans cette grande chambre qui donnait sur une magnifique cours intérieure en plein cœur de Marseille. Avant que je me couche il me regarde et dit :

Steph : Nico, ton caleçon est à l’envers…
Moi : ah ? Oui ça ! Je sais…
Steph : tu comptes le mettre à l’endroit ? (rire)
Moi : non, mettre quelque chose sur son envers éloigne les mauvais esprits disait ma Grand-Mère
Steph : es-tu sérieux ? (rire un peu foutage de gueule) p’tain mais Nico t’es plus un gamin quand même. Et bien évidemment tu crois en ce genre de trucs ?
Moi : Euh… en attendant, il faut croire que ça fonctionne car il ne m’est jamais rien arrivé la nuit
Steph : (soupir)

Combien de choses comme celles-ci ai-je rapporté de mon passé, ces choses sans fondement qui se sont installées dans ma vie, sans que je me rende vraiment compte de leur impact sur moi… et sur les autres. Me rassurent-elles encore ? Est-ce une façon de me souvenir ? Est-ce une façon de sauvegarder mon passé ou de me protéger de l’avenir ?

mardi 2 novembre 2010

Chaque matin, un nouveau con se lève

Mi-août 2010

Encore une fois en retard, Mo. m’attendait patiemment à la sortie du métro, planté dans ses Dock’s Martin ; pas vraiment souriant. Apparemment c’était un jour « sans » . Il était 19h00 et il faisait encore une chaleur écrasante. Nous avons profité d’un peu d’ombre sous un arbre. Lui sur le banc et moi assit sur le dossier. La position était suggestive, pas trop mais assez pour laisser peu de doutes sur notre orientation sexuelle bien qu’il n’y ait rien entre nous. Il avait déjà manifestement un peu bu et dans ces conditions il devient très tactile. Nous discutions quand à quelques mètres, un mec s’apprête à passer devant nous. A son regard, je sens qu’il va se passer quelque chose et ma façon de me raidir me donne l’intuition que ça ne va pas être « cool ». Effectivement, il passe à notre niveau et murmure de manière audible : « sales PD ». Avant même que j’ai pu réagir ou même le retenir, Mo. redresse la tête, se lève et lance au mec qui nous a dépassé : « Moi aussi je t’aime… CONNARD ! ». Deux mots surgissent dans ma tête : « OH PUTAIN !» Là, le type en question se retourne et se rapproche, il commence à nous déblatérer un tas d’insultes incluant tout le vocabulaire homophobe à sa disposition. Je constate d’ailleurs, non sans plaisir, qu’il en connaît un sacré rayon sur les pratiques sexuelles masculines, j‘étais même à deux doigts d‘un début d‘érection. Mais je pense que notre individu se rapproche davantage du slogan des frites McCaine que d’un ami de Dorothy. J’avais un peu peur qu’ils en viennent aux mains mais Mo. m’épate pour ça. Fort d’un physique quelque peu intimidant et une fois sa petite bulle sortie, il peut occulter complètement ce qui vient de se passer. Aussi, il était déjà assis continuant notre discussion, laissant notre protagoniste seul avec son monologue. Face à notre indifférence et commençant, je pense, à paraître un tantinet ridicule, il a finit par se barrer. Il y a encore quelques années, je l’aurais peut-être ouverte pour crier un truc du genre « Qu’est-ce que ça peut te foutre qu’on soit PD, c’est pas toi qu’on encule ». Mais maintenant, par lassitude de certains comportements ou peut-être qu‘avec l‘âge je deviens plus lâche (j‘en sais rien), je n’ai pas répliqué en me disant comme souvent : « place aux cons ». Quand je croise certaines grandes gueules dans la rue avec leur petite amie, leur femme ou copains de rugby, ayant toujours « une bonne petite blague homo lourding » à raconter ou un mec un peu efféminé à singer comme un abruti et, qui changent de trottoirs, baisse la tête ou détourne le regard parce que la veille je les ai croisés dans des lieux, toute bite dehors, la bouche ou le cul grand ouvert, dans des situations parfois plus que compromettantes, cocasses et perverses, je me dis : « toi mon pauvre gars, tu ne devrais pas trop la ramener ». Mais je m‘abstiens de tout jugement sur la personne. Certains adoptent certains comportements car ils sont endoctrinés par une éducation, une religion ou je ne sais quel autre précepte du genre « tu seras un homme mon fils » ou « C‘est un pêché qui t‘enverra tout droit griller en enfer». D’autres goûtent à des plaisirs et des envies avec une culpabilité qu‘ils n‘arrivent pas à assumer après. Quoiqu’il en soit, cela ne justifie en rien de s’en prendre aux autres, de manière haineuse, complètement gratuite et provocante. Bref, la phrase lu chez Homocity résume bien où nous en sommes finalement encore aujourd'hui (au XXIème siècle s‘il était besoin de le rappeler), et cela ne s‘applique pas seulement à l‘homophobie : « Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c’est leur connerie, pas leurs différences ».

samedi 30 octobre 2010

L'inconnu de la semaine

En me levant le matin, voici à quelque chose près, ce que je voudrais trouver dans la salle de bain.

mardi 26 octobre 2010

Con-promis

Livré à mes premières tâches administratives du matin, je ne l’ai pas vu arriver. J’ai juste entendu un « Bonjour » ferme et souriant. J’ai levé la tête et j’ai piqué un fard ; il était là, devant moi : mon facteur.

Lui : J’ai beaucoup de courrier pour vous aujourd’hui !
Moi : Vous allez m’aider à le dépouiller alors ?!
Lui : si je n’avais pas le reste de la tournée, ce serait avec plaisir.

Sur le moment, je ne trouve jamais rien à dire, par contre les neurones, eux, font de l’excès de vitesse dans les méninges : « Dis quelque chose », « Fais quelque chose ». Ce n’est qu’une fois qu’il est parti que la circulation neuronale devient plus fluide. J’aurais pu lui demander son prénom ou quand il repasse sur ma tournée, etc… mais rien ! nada ! quedal ! pa-thé-tique !
« S’il revient demain, je tente quelque chose : promis !! ». Et il est revenu, le lendemain matin mais, la situation n’était pas idéale : du monde dans mon bureau, mon collègue aux basques et moi au téléphone. Mon regard ne le lâchait pas, j’avais envie de lui dire que je le trouvais beau, séduisant mais les mots restaient collés au palais tout comme celui écrit sur un petit carton planqué dans ma main fébrile qui n’aura jamais finit par trouver le courage de se tendre pour le lui donner. Et je le vois repartir en serrant les dents dans un « Grrr !!! » rageur qui tape du pied ; mon fantasme subsiste et mon espoir avec lui.
« S’il revient demain, je tente quelque chose : promis !! » Mais demain, il ne viendra pas, ce ne sera pas lui. Ce n’est pas tant la peur qu’il ne soit pas homo ou de me prendre un râteau qui m’empêche d’agir mais la crainte de voir son regard brillant et son sourire s’effacer derrière la gêne que pourrait générer la révélation de mon attirance pour lui.
« S’il revient, je tente quelque chose : promis !! »
car je ne pourrais pas continuer à me contenir ainsi plus longtemps ; à un moment l’envie sera si forte que sur l’arrête du plongeoir, je n’aurais pas d’autre choix que le grand plongeon avec comme ultime espoir qu’il y ait de l’eau au fond. Un pas de plus… un pas risqué… mais le dernier. Bien sûr, je resterai ouvert et attentif à ce qui se passe autour de moi, il ne s’agit pas de me renfermer, mais à force de faire le premier pas, j’ai déjà parcouru beaucoup trop de kilomètres et c’est bien connu : les kilomètres… ça use !

« Nos doutes sont des traîtres, et nous privent de ce que nous pourrions souvent gagner de bon, parce que nous avons peur d’essayer » William Shakespeare

Dessin (assez ressemblant) de
Teddy.B

samedi 23 octobre 2010

Fou du volant

Lui : B’hein Nico, tu ne m'as pas entendu hier, je t’ai croisé sur l’avenue, j’ai klaxonné, klaxonné, même pas tu t’es retourné : t'es sourd ou quoi ?!?

Moi : non… mais en même temps, je ne m’appelle ni « tutute » ni «pouette-pouette»

dimanche 17 octobre 2010

Pas comme un Lundi


Comme titre XXL Mag, Kanye West « On aime ou on déteste » mais ce mec là a du talent et il sait remuer par sa provocation le petit monde artistique étriqué américain. Ce qu’il fait est créatif et audacieux (surtout d’ailleurs quand il travaille pour les autres). Je ne crois pas une seconde à son mariage avec Amber Rose et j’ai vraiment des doutes sur sa sexualité… ça c’est juste pour nourrir mes fantasmes. Quoiqu’il en soit, le clip de son titre The Good Life est très réussi et me donne vraiment la pêche pour bien commencer la semaine.

[+] Kanye West Official website
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XXL Mag Official website
[+] Video Music Awards 2010

vendredi 15 octobre 2010

Jour-née sous X


Tu m’as dit : « je viendrai jeudi ». J’ai répondu un simple « oui » mais mon corps tout entier exprimait l’envie de te retrouver tel un ado découvrant les prémices de l‘Amour. Puis, tu m’as dit : « viens toi, s’il te plait ». J’ai répondu « d’accord, je viendrai ». Alors, j’ai jonglé avec mes horaires, bravé la grève, préparé un sac vite fait durant la pause déjeuner et déjoué les contraintes du temps. Puis, j’ai lu sur le portable : « reportons ça à la semaine prochaine ». Là, je n’ai rien dit, je n’ai rien pensé, je n‘étais pas surpris non plus… J’ai marché, jusqu’à chez moi, mon sac dans les mains, mes billets de train dans les poches. Il y a quelque chose de si pathétique dans tout ça, là, planté ici, au milieu de chez moi ; tout était si calme, si paisible… A l’intérieur, c’était le vide, l’immensité du néant même pas la place pour un questionnement. J’ai commencé à nettoyer, astiquer, ranger, briquer, laver sans plus pouvoir m’arrêter, jusqu’à m’épuiser… que ce serait-il passé si je m‘étais arrêté (?) Et puis, pour effacer l’intuition, gommer le ressenti, j’ai écouté ce titre « Babel », allongé, les yeux fermés mais ouvert à moi-même, au plus profond de mon Être ; là où tout est paisible, calme et serein… puis je me suis endormi… je crois, sans penser à demain.



Musique : Gustavo Santaolalla - Babel

Photo : Goodbye my lover by Korny Pnk

mercredi 13 octobre 2010

Saoulé avant d'avoir bu

Chienne de vie qui me fait retomber sur des personnes dont je me serais passé et qui jamais, me ferait recroiser ceux que j'aurais envie de revoir. Petit rappel des faits : un soir je discute avec un mec, joli garçon, charmant ; nous avions en commun d'être nouveau dans la région. Il me propose son numéro et il prend le mien. Je l'utilise pour lui envoyer un texto qui n'aura jamais de réponse. J'en reste là, pas plus perturbé que ça, je le classe dans le dossier « sans suite ». Puis, je retombe sur lui l'autre soir. Pouvant difficilement faire comme s'il ne m'avait pas vu, il répond timidement à mon bonjour puis, je m’installe tranquillement, devant ma bière. Et, je ne sais pas pourquoi, il a ressenti le besoin de venir me parler alors que beaucoup de choses dans mon attitude pouvait montrer que je n’en avais pas spécialement envie. Quand je le vois se pointer, je me dis : « Oulla, mauvaise limonade, soit il veut rattraper le coup soit il veut se justifier ». Que se soit l’un ou l’autre se sera une mauvaise pioche car s’il y a bien une chose qui m’exaspère, c’est qu’on réclame mon attention pour me raconter des salades ; ça met très rapidement mon cynisme sur le bouton «ON» et abaisse mon potard de tolérance à son niveau le plus bas. Petite gorgée de Despé avant de commencer les hostilités que je souhaitais aussi brèves que possible. Et il commence à me raconter une histoire rocambolesque de portable volé, dont il a finalement retrouvé la carte SIM mais on lui avait effacé son répertoire. J’attendais le moment où il allait me dire qu’il s’était fait enlever par des extraterrestres tout en essayant de calculer le pourcentage de chance qu’a une personne de retrouver sa carte SIM après s’être fait volé son mobile. Enfin bon, un truc complètement capilo-tracté qui n’omettait aucunes excuses qui, pensais-je, n’était plus utilisées tellement elles étaient usées. Son portable ressemblait quand même bizarrement à celui qui était greffé dans sa main la dernière fois. Finalement, son flot de conneries diminue jusqu’au moment où vraisemblablement il attendait une réaction de ma part. Pour ne pas utiliser plus de mots qu’il pouvait en comprendre, j’ai simplement dit : « D’accord ». Pour moi, ce simple mot présente deux avantages majeurs selon l’intonation que l’on met dans sa prononciation. Premièrement, de monter à l’autre que l’on n’est pas dupe et deuxièmement, de clore la conversation d’une manière que l’on peut qualifier de « courtoise ».


Et comme pris d’hémorragie verbale, le voilà reparti dans sa logorrhée. Et à ce moment là, la situation commence à me casser les couilles mais, je ne l’ai pas dit, travaillant un temps soit peu sur ma diplomatie, je tenais à mettre en pratique. J’ai levé la main accompagnée d‘un sourire empli de pitié, histoire de faire comprendre que s’en était assez. Réagissant plus facilement au langage non verbal, il a finit par la fermer. Mon cerveau a enfin compris avec le temps qu’il était prioritaire face à la parole, du coup maintenant j’ai un assez bon self-control quand je vis une situation de conflit pour éviter de dire des choses que je regrette après. Là par exemple, je lui aurais bien dit que des cons comme lui j’en chiais un tous les matin, mais bon je me suis abstenu. Peut être que certain d’entre vous se disent que je suis aigri et que mon ego en a pris un coup à cause d’un texto ignoré : pas du tout, c’est déjà arrivé et cela arrivera sans doute encore. Peut être que d’autres pensent que je suis ingrat ne sachant pas apprécier quand quelqu’un vient s’excuser : un « désolé, je n’ai pas répondu à ton texto » aurait suffit. D‘ailleurs même s‘il s‘était contenté de répondre à mon bonjour, cela aurait été très largement suffisant, je n‘en demandais pas plus. Peut-être encore, que certains se disent que c’est faire un billet sur une petite affaire à la con qui n’en vaut vraiment pas la peine et que mon apparente prétention outrancière m’amène à douter constamment des explications de l’autre : là n’est pas le sujet. Non, quel que soit le niveau de gravité, ce qui m’agace ce sont ces personnes qui en plus de ne pas assumer ce qu’ils font (ou ne font pas) viennent s’assurer en en faisant des tonnes que l’autre n’a pas de rancune pour laver leur culpabilité et se donner bonne conscience. Parfois, souvent même, le silence est plus honorable.

dimanche 10 octobre 2010

Rencontre avec Leandro

J’aime ces gens simples et francs, qui sont ce qu’ils sont et se donnent pour tels, sans camouflage. Leandro avait un esprit pratique, nourri d’expérience, souple et précis, purgé de toute sensiblerie. Son intelligence, essentiellement naturelle, faisait penser à ces eaux de montagne, froides, un peu rêches, mais vives et limpides. Il n’avait pas le fétichisme des idées générales et parlait sans assurance, en homme de bonne foi qui, bien souvent déjà, avait dû modifier ses opinions ; sur la plupart des questions, il montrait des vues judicieuses, nées du contact des faits, non du maniement des livres. Sa conversation (il ne prenait d’ailleurs la parole que lorsqu’il avait vraiment quelque chose à dire) était reposante et tonique. Nul doute que sa présence ait été pour beaucoup dans le bon souvenir que je garde de cette tournée sur le rivage africain. […] Il a dit alors quelque chose de vague, comme ceci, mais avec un accent inattendu d’irritation : « Je ne sais pas comment les gens sont fait ! […] Tout leur paraît toujours invraisemblable ! Est-ce que la vie n’est pas faite presque uniquement de détails exceptionnels ? ».

« Confidence africaine » - Roger Martin Du Gard

mercredi 6 octobre 2010

The Raven




The Raven est un court métrage écrit et réalisé par Ricardo De Montreuil, qui fait travailler des acteurs toujours très très sexy . Ce film court rappelle un peu District 9. Il a été tourné en un week-end à Los Angeles. Le héro principal est joué par le beau Victor LOPEZ dans le rôle de Chris Black (je craque). C’est un acteur/cascadeur américain, assez discret, qui a dû travaillé (sauf erreur de ma part) avec Madonna. La tendance actuelle est de lancer ce genre de courts métrages sur la toile dans l’espoir qu’ils soient vus par un producteur. C’est apparemment chose faite puisque la vidéo a fait un buzz ces derniers jours et a été repérée par l’ancien New Kids on the block, Mark Wahlberg qui aurait décidé d’en produire une adaptation sur grand écran.

[+] Site officiel du Film
[+] Site officiel de Ricardo De Montreuil
[+] Site officiel de Mark Wahlberg
[+] Site officiel des NKOTB

lundi 4 octobre 2010

Est-ce que jamais la forêt ne se perd ?


En ce moment, je ne peux pas dire que ce soit la grande forme mais j'assure et je fais « comme si » et ce n'est déjà pas si mal, non ?! Beaucoup de choses en moi, me font penser que je traverse une crise. Certains signes avant-coureurs ne m'ont pas trompé : le rythme de mon sommeil, ma façon de m'alimenter, ma consommation de caféine, la perte de concentration et d'énergie, etc... De quel genre sera-t-elle ? De quelle intensité ? Avec quelles conséquences ? Pour combien de temps ? De l'extérieur, il est difficile de croire que quelque chose ne va pas mais à l'intérieur cela ressemble à une maison d'un désordre proche du capharnaüm. Une sorte de « burn-out », la façade est nickelle et l'intérieur est niqué... brulé... détruit. Et puis, il y a ce vent d'automne qui s'est levé et qui me rend fou accentuant davantage l'impression que je vais devoir crawler encore plus fort à contre courant. La ville est belle certes, et agréable à vivre bien sûr... mais la mentalité ici ne me convient pas et j'ai beaucoup de mal à m'y adapter. Le travail m'offre toujours une grande satisfaction mais mes projets me frustrent car ils demandent beaucoup d'énergie pour des résultats incertains sans être persuadé que ce ne soit pas une perte de temps ; et comme d'habitude j'irai au bout. Je me demande jusqu'à quel point ils ne constituent pas uniquement une distraction... de moi-même ? Je voudrais reprendre le sport, mais quand nous nous sommes quittés, B. est reparti avec une partie de mes fringues dont toutes celles de sport ; sans doute aura-t-il pensé qu'il n'aura pas tout perdu. Je suis également en manque d'affection et de tendresse. Ça, le sexe peut difficilement le remplacer, mais je ne cours pas après et il me le rend bien d'ailleurs . Que se cache-t-il réellement en dessous de ces périodes de mal être ? Pourquoi ai-je tant de mal à me projeter dans l'avenir comme si on me demandait de dessiner l'infini ? Jusqu'à présent, je suis sorti un peu plus fort de ce genre de périodes, j'espère qu'il en sera de même cette fois-ci encore. Tous ces choix faits ces derniers mois et par conséquent tout ce à quoi j'ai du renoncer : est-ce que cela a véritablement un sens ?

« La vie n’a pas de sens ; ni sens interdit ni sens obligatoire, elle va dans tous les sens. Elle fait mal aussi longtemps qu’on veut lui imposer un sens, la tordre dans une direction ou dans l’autre. Si elle n’a pas de sens, c’est qu’elle est le sens ! »

- Christiane Singer -


samedi 2 octobre 2010

Présent... ement

L’Ambassade, Toulouse septembre 2010

S. : … et sinon, tu la vois comment toi ta vie plus tard ?
Moi : bhein tu sais, j’ai 36 ans et étant donnée l’espérance de vie dans la famille, « ma vie plus tard » c’est maintenant.
S. : pas une minute à perdre, c’est ça ?
Moi : si seulement je pouvais en avoir conscience chaque seconde… je n’en gaspillerais pas une

mercredi 29 septembre 2010

No Comment

Il y a vraiment des choses qui ne s'inventent pas !


Source : Koreus.com

vendredi 24 septembre 2010

A/R : à recommander

Il y a vraiment un truc entre les agents de La Poste et moi, quelque chose qui passe... enfin bon, tout ça est peut-être dans ma tête. J'étais déjà tombé sous le charme d'un mec au guichet d'une Poste de Cannes qui m'a ignoré jusqu'au jours où j'ai décidé de quitter la Côte d'Azur. Il s'est réveillé... un peu tard. Peut-être que son mec l'avait largué, ou alors que les appels de phares que je lui faisais ont fini par traverser le brouillard de sa cécité, allez savoir, moi en tout cas je ne l'ai jamais su. Dommage, il me plaisait beaucoup, mais il m'a eu à l'usure et à force d'attendre qu'il se décide à me porter un peu d'attention, j'ai finit par le trouver beaucoup moins séduisant. Maintenant que c'est le courrier qui tous les matins vient à moi, j'ai déjà fait sauter un obstacle : le guichet. Les choses ne sont pas pour autant plus faciles. Il y a ce facteur que je trouve craquant. Le problème, c'est qu'il vient de manière aléatoire car je ne suis pas dans sa tournée habituelle. Du coup, l'autre matin, j'ai fait un peu de rentre dedans. Je ne sais pas si mon attitude les dernières fois laissait supposer le petit faible que j'ai pour lui, mais ce matin là, il n'a pas semblé être surpris. Son regard, sa façon de marcher, de s'habiller, de me regarder, de sourire, de me parler, absolument tout me séduit. Sa façon de prendre ses caisses de courriers pour les poser sur mon bureau est tout simplement un appel au viol. Ecrit comme ça, cela peut paraître stupide, futile voire infantile mais c'est tellement excitant à vivre tant que la déception n'est pas passée par là ; rester dans l'illusion d'un « possible ». Je pense que l'allusion sous entendu par la phrase : « vous m'avez manqué, revenez quand vous voulez » était assez explicite. Il me plaît, je ne peux rien y faire. « Oser ne demande qu'un moment d'embarras » et nous avons tout à y gagner quand on y pense. C'est pas le genre de gars sur lequel on se retourne simplement parce qu'on le trouve mignon, non, c'est autre chose... Comment expliquer ? Disons que c'est ce qu'une amie appelle « avoir des papillons dans le ventre », cette sensation qui doit tenir en grande partie aux phéromones. J'aime plutôt cette idée, j'veux dire le fait qu'une relation puisse tenir aux hormones, à la physique, la chimie, la biologie... en fait en cas de compatibilité cela réduirait les chances de se planter dans une relation. Quand je le vois, je me sens l'effet d'une bouée jetée à la mer qui flotte, dérive et divague. Même après son départ, l'effet euphorisant qu'il a sur moi persiste. Cela ne ravit pas que moi d'ailleurs, voir arriver le facteur du moins « ce » facteur, c'est l'assurance pour mes collègues d'une bonne journée pour eux aussi.

dimanche 19 septembre 2010

Barry (pas très) White

Hiver 2009

Au départ, nous étions partis pour aller à Circus, car depuis le temps, je n'y avais jamais mis les pieds et j'avais peut-être une chance de croiser A. qui dansait là-bas de temps en temps. Finalement, R. m'a proposé de terminer la soirée à Cobra mais en fait… ce n'en fut que le début. R. venait de recevoir un appel de Barry qui nous attendait là-bas. Dans la voiture, il me promit que ce serait une rencontre totalement improbable et... ce le fut. En route, il me demande de retenir deux choses sur Barry. La première, de ne pas lui poser trop de questions et la deuxième qu'il était pédé comme un phoque, mais étant donné le club où nous allions je pouvais m'en douter. L'endroit était aussi sombre que d’habitude mais près du bar se détachait une masse impressionnante: c'était Barry. Un Black aussi grand que large, tout en muscles, environ 1m90, des bras plus gros que mes cuisses, une sorte de croisement génétique entre 50 cent et King Kong. Le genre de type qui donne tout de suite l'intime conviction qu'il faut être très gentil avec lui. Quand j'ai vu ses paluches, j'ai commencé à pleurer avant même qu'il ne me sert la main. Ce qui m'a frappé dans un premier temps c'est ce sourire magnifique qui transforme son visage de gros dur en une grosse peluche attendrissante. Plusieurs choses me traversent l’esprit en le voyant, j'ai pensé d’abord à sa mère à l'accouchement, ensuite je me suis dit qu'avec lui, si tout était proportionné, il valait mieux être actif si on ne voulait pas finir le cul en choux fleur, enfin j‘étais très surpris de le trouver dans cette partie de la ville et surtout dans ce club. Nous avons siroté quelques bières, Barry un bon décalitre de coca car il ne boit pas d'alcool. Nous avons profité du club pendant deux petites heures comme des gamins en passant notre temps à filer des biftons de $1 aux éphèbes des podiums de danse, plongeant nos têtes dans la sueur de leur entre-jambes et à rigoler comme des damnés. Pendant ce temps, Barry faisait le tour de ses connaissances. Puis, nous sommes sortis pour rejoindre l'appartement de Barry. Nous avons bouffé les restes du barbecue qui s'était tenu l'après-midi chez lui. On a discuté, j'étais fasciné autant par le type que j'avais en face de moi que par l'intérêt qu'il portait aux autres. Il a commencé à raconter sa rupture qui l'avait mis dans une rage folle expliquant que la trahison pouvais le rendre un peu violent. J'ai occulté les mots « un peu » qui me paraissait être un euphémisme quand ils nous expliqua qu'il avait été arrêté cinq jours plus tôt sur la 101 pour excès de vitesse en coursant son petit ami en voiture et en possession de ce que les forces de l'ordre ont assimilé à une arme blanche : un club de golf. Il avait bien l'intention de faire comprendre à son mec qu'il ne lui donnerait plus l'occasion de fricoter avec le voisin… ni même de lui sourire. Entre un Latino et un Black je me sentais déjà très blanc mais là j'ai dû devenir livide. La conversation dévie un peu sur moi, sur mes projets de la semaine. De là, j'explique que j'allais passer une partie de mon temps dans le Metro pour me rendre aux quatre coins de la ville. Après, que j'ai eu finit d'expliquer mon « p'tit programme » il se lève et revient quinze secondes plus tard en me tendant des clés : « tu prends cette voiture » ; R. n‘en peu plus, il est plié de rire. Je refuse, mais en fait ce n'est pas une question et il temps l'index vers moi en haussant le ton en disant : « TU prends la voiture » ; on ne dit pas non à Barry quand il vous file sa Lexus. Elle ne lui manquera pas car il a deux autres « caisses » dans le sous sol. Quand j'ai vu l'engin, je me suis dit que mon permis ne serait pas suffisant et qu'un diplôme d'ingénieur dans l'aéronautique n'aurait pas été superflu. Connaissant le trafic de la ville, les voitures qui vous doublent à droite, à gauche et si elles pouvaient le faire, vous sauteraient par dessus, j'ai senti la sueur perler sur mon front. Si par malheur, il arrivait quelque chose à cette bagnole, il n'aurait qu'à me frapper du petit doigt pour que je me retrouve à tourner en orbite. Nous avons dormi chez Barry... moi plutôt mal ; j’étais très mal à l’aise à l’idée de repartir avec la voiture le lendemain matin. Avant, que l'on s'endorme, R. me glisse à l'oreille : « cool, hein !! ».Le lendemain matin nous avons attendu que Barry se lève. Il nous a fait du café. Pendant qu'il jouait à la Playstation avec R. j'ai pris une douche dans une salle de bain de la taille de mon appart actuel. Je pensais à ce mec qui ne devait pas être tout à fait « clean », qui nous accueille chez lui, qui me file sa bagnole sans rien demander en contre partie, ni même une recommandation. Moi ? Je me voyais bien avec un type comme ça mais bon, je n’ai ni la taille, ni le poids, je ne suis pas équipé pour non plus et je ne comptais pas finir avec des côtes cassées à chaque fois que l'on aurait fait un petit câlin. Le moment fatidique était venu. R. m'a devancé et nous avons rejoint Weho. Pas très rassuré au départ, la circulation n'était pas très dense et j'ai pu suivre R. sans trop de difficulté. Je ne me suis pas autant servi de la voiture durant la semaine que si cela avait été une vieille caisse pourrie, mais quand même. Trois jours plus tard, après avoir fait le plein qui m'a coûté un bras et une jambe, nous retournons chez Barry pour la petite soirée qu’il organisait pour je ne sais quelle occasion (il y en avait peut-être pas d‘ailleurs). Dernière frayeur, à un céder le passage j'entends un énorme crissement de pneus et là je me dit : « Oh putain de merde, c'est pour moi !!! », même pas envie de regarder dans le rétro, et non... Je me voyais déjà courir à toutes jambes dans la ville avec un club de golf planté dans le cul. Bref, aujourd'hui, je me demande, si je le croisait quelque part, s'il se souviendrait de moi, si en lui tapant sur l'épaule en lui disant : « Et Barry, tu te souviens ?», si ça lui reviendrait à l'esprit ou s‘il m’en collerait une. Je ne sais pas comment lui et R. se sont rencontrés, il m'a toujours fait connaître des lieux et des personnes avec lesquelles je me sens tellement différent. En réfléchissant à tout ça, je me dis que l'on perd beaucoup à ne pas aller vers les personnes qui ne nous ressemblent pas. En relisant ce texte je m'aperçois qu'il contient encore quelques préjugés concernant Barry qui lui n'en a pas eus à mon égard en me faisant confiance. Mais, je les laisse écrits, les préjugés sont parfois un système d'auto-protection, c'est ainsi, c'est humain alors pourquoi les nier. Le principal est que j’en suis conscient la plupart du temps et que je ne les laisse pas trop m’arrêter. Qu'importe qui est Barry en fin de compte, moi j'ai connu son côté tendre, généreux, cette masse protectrice et cette sincère douceur quand il vous donne un « Hug », cet incontestable tendre charme quand il pose son regard sur vous. Quoi qu’il en soit, je pense que ce fut une leçon… une de plus, bien résumée par ce qu'écrivait Marivaux en quelques mots : « Dans ce monde, il faut être un peu trop bon, pour l'être assez ».

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