samedi 29 janvier 2011

Au fil du temps

« Qu’est-ce que tu attends ? Qu’ils te parlent ? ». C’est la question que je me suis posée pour enfin détourner mon regard des mannequins que je regardais depuis une bonne dizaines de minutes sans attention, à travers cette vitrine d’une grande boutique de la ville. J’étais sorti pour prendre l’air, aérer mon cerveau et finalement rentrer chez moi aussi meurtri qu'en partant. Ce fut une de ces longues soirées à tourner en rond, à chercher une concentration qui depuis quelques temps était parti en RTT. Tant de choses à faire, à lire, à rédiger, à apprendre et si peu de motivation qui me faisait hésiter entre aller me coucher ou rester éveillé si toutefois je pouvais encore sauver quelques heures, que dis-je, quelques minutes pour travailler sur quelque chose d‘utile. C’était sans espoir, je n’étais pas à ce que je faisais. Minuit quinze déjà, je soupire et relève les draps sur moi pour me fondre dans un sommeil humide au souffle court. Dans ces moments-là, j’ai toujours le vain espoir que mon activité nocturne m’octroie quelque temps d’apaisement mais me voilà déjà suspendu à un fil. A quoi me raccroche-t-il ? Je l’entortille autour de mon majeur en serrant les dents et en gémissant tellement il blesse ma main, tendu par le poids de mon corps. Je m’accroche à lui car manifestement ma vie en dépend. Je pensais que je pourrais me tirer vers le haut en continuant à l’enrouler autour de mon doigt dans un effort surhumain. Mais bon sang, mon autre main ne peut-elle donc pas m’aider à me tracter, mais jusque où ? Ma nuque dénervée reste figée devant ce mur contre lequel je suis plaqué, la tête contre mon bras étiré au maximum, je n‘ai aucune visibilité. C’est douloureux, je sens que ce mince fil gagne du terrain dans ma chair qui ne tardera pas à céder et à saigner. Je ressens la tension de ce fil de nylon blanc jusqu’au bout de mes orteils, je n’ose bouger par crainte d’user ses fibres et finir par le casser. Je me mutile et me torture, autant en finir. Qu‘importe les conséquences, j’ai alors donné un violent tour de poignet pour rompre volontairement le lien et mettre fin à cette géhenne, dans le spasme électrisant de ce qu‘aurait dû être une chute violente. Rictus imbécile au terme de ce décevant délire onirique : ma vie ne tenait à rien, puisque mes pieds n’ont jamais quitté le sol sur lequel ils reposaient. Non, ma vie ne tenait à rien, pas même à un fil. Et, c’est dans une inspiration profonde et suffocante que mes yeux se sont ouverts, les muscles épuisés par une contraction extrême, mon corps se décrispant de l’étreinte de ce rêve douloureux. Il est 4h10 du matin… une fois encore.

Photo : The End by
Salih Güler

mardi 25 janvier 2011

Tais-toi quand tu parles !

Moi : P’tain ça irait déjà mieux si les mecs que je rencontre pouvaient un peu oublier et lâcher leur ex !
Emy : Et bhein voyons… et si tu commençais déjà par en faire autant !!!
Moi : grrrr…

samedi 22 janvier 2011

Ici

C’est passionnant comme le regard des autres peut influencer le propre regard qu’on a sur soi. Bien sûr, je me connais assez ; je tends avec le temps à maîtriser certains rapports entre ce que je pense être et ce que je suis vraiment, mes forces et mes faiblesses, ce dont je suis capable et mes limites. Cependant, je dois l’avouer, depuis que je suis arrivé ici je me sens complètement inhibé. L’estime que j’ai de moi-même et du coup ma confiance ont subit des assauts blessants, elles ont souffert. La peur de passer pour un semi-débile me rend complètement immobile devant toute tentative de séduction. J’ai pu en faire l’expérience depuis mon déménagement dans la région : mon humour, mes intentions, ma façon de m’exprimer jusqu’à ma manière d’être, de m’habiller, de vivre sont sans cesse passer sous le crible de la critique et parfois même du rejet sans indulgence aucune. C’est pourquoi je ne tente rien avec toi… oui toi qui passe devant mon bureau en me regardant avec tes yeux attendrissants, tes tenues de cadre soigné, ton visage d’ange mal rasé… Toi qui n’ose pas me regarder parfois par timidité ou par peur de te révéler. Jamais tu n’as osé un sourire… pourquoi ?! Tu es comme tout le monde ici, pas le genre qui sourit, c’est ça ? Nous nous sommes trouvés en réunion ensemble cette semaine. Tu t’es mis en face de moi et parfois, quand je levais le regard, tes yeux étaient systématiquement rivés sur moi. Lors de nos déplacements dans l’immeuble tu me tenais de très près, de si près parfois que je me disais : « plus près après, ce sera dedans mon gars ». Tu as aimé j’espère : me frôler, me toucher… as-tu aimé autant que cela m’a excité ? L’après-midi, ça recommence, tu restais derrière moi, tu avais remis du parfum, ce parfum qui te va bien, qui habille ta peau de beau brun… Je me suis tourné vers toi, avant… avant ici je veux dire, avant je te l’aurais dit que ta fragrance avait des effets envoûtants. A la fin de la journée, tu semblais m’attendre et moi j’étais dans la paperasse… et l’embarras. Je t’ai vu t’inquiète… Avant… avant ici quoi, je t’aurais demandé de patienter et je t’aurais filé un Email, un téléphone en souriant avec la petite phrase sans gêne qui va bien : « fais-en ce que tu en veux mais fais en quelque chose ». Mais ce mélange de Je ne peux plus / Je ne veux plus s’est installé maintenant ; ne m’en veux pas, je ne ferai pas le premier pas ; et d‘ailleurs, pourquoi toujours moi. C’est vraisemblablement l’usure ; le manque de courage ? J’en doute. La peur ? Pas vraiment ou alors celle de tomber au combat car ici vous savez trop « comme on achève bien les chevaux ». Je ne capitule pas, parfois la meilleure stratégie n’est pas l’attaque mais la défense. Je ne suis ni armé ni équipé pour votre mentalité et l’espèce de pseudo-engeance pour laquelle vous me faîte passer n’aura jamais assez d’énergie pour faire voler en éclats vos façades hermétiques de granite.

« Même si je ne suis pas porté par des milliers de papillons aujourd’hui, la légèreté d’un battement d’ailes reste quand même possible »



Musique : Uffie "Pop the glock"

samedi 15 janvier 2011

Puisse-t-il avoir raison



L'essentiel, en ce monde,

N'est pas l'endroit
Où nous sommes,
Mais la direction
Dans laquelle nous marchons.



Olivier Wendell Holmes -



Photo : "Summertime" by Latoday

mercredi 12 janvier 2011

Temps de chien, vie de merde

Les trottoirs de cette ville sont vraiment dégueulasses. Je ne sais pas ce que je regardais encore quand mon pied se pose sur quelque chose de mou et glissant : « et merde » me dis-je et pour une fois c’était d’à-propos. Afin de ne pas m’énerver vainement contre les employés municipaux, les propriétaires de clébard indisciplinés ou autres virus gastriques canidés, je cherchais intérieurement à voir le bon côté des choses pendant que je continuais à marcher en trainant mon pied au sol comme un mec touché par la poliomyélite. Réalisant que c’était le pied gauche, je me suis dit que j’allais en profiter pour prendre un ticket à gratter puisque c‘est censé porter chance. Je rentre chez le premier buraliste en chemin, avec un peu des restes du caca qui n’a pas été décimé sur le bitume… faut pas gâcher car une chose est sûre, la chance reste moins longtemps collée au basques que la merde aux talons, c’est bien connu. Toujours est-il que j’ai gagné 8 €. Bhein oui, c’est pas beaucoup, je sais, mais en même temps c’était une petite merde , alors…


samedi 8 janvier 2011

Au chat et à la souris

Le Vélane, Toulouse janvier 2011

C’était déjà mal barré quand S. m’a poussé à l’accompagner pour manger avec des amis de ses amis. Je ne suis déjà pas trop causant avec les miens, alors avec ceux des autres je me transforme littéralement en ficus. Nous étions 7 à table ce qui est beaucoup demandé à mes aptitudes de socialisation. Et puis, il y avait ce mec, qui monopolisait toute la conversation ne laissant que des débuts de phrases en suspension et des bouches ouvertes désireuses de pouvoir intégrer en vain la discussion. Avant que je ne décroche, la scène fut à un moment assez amusante : voir toutes ces personnes faisant hypocritement « oui » de la tête comme des canards périgourdins. S. joua des coudes pour réclamer mon attention que j’avais entièrement dévouée depuis 15 bonnes minutes à un foie gras aux figues copieux et délicieux. Jusqu’au moment où, une phrase m’a extirpé de ma torpeur culinaire et que mon cerveau a repris le dessus sur mon estomac, comme une sonnerie de téléphone vous sortirait de la sieste, ça a fait tchdiiing :

Lui : bla bla bla bla … mais vous savez, chat échaudé craint l’eau chaude
Moi : Froide, il craint l’eau froide.
Lui : Non
Moi : Ah si, demande-lui.
Lui : À qui ?!
Moi : Bein au chat (je suis mort de rire… mais je suis bien le seul !)
Lui : MOI, j’ai toujours entendu chat échaudé craint l’eau chaude
Moi
: Et bien tu n’as pas dû l’entendre souvent alors. Le chat craint l’eau, pas la température de l’eau ; c’est un exemple de réflexes conditionnés de Pavlov

En fait, je n’ai aucune idée si Pavlov a utilisé cet exemple dans sa théorie. De plus, il est plus connu pour ses chiens que pour ses chats. Et puis on s‘en fou un peu car Pavlov n’a aucun rapport avec cette expression populaire seulement, elle est ainsi faite, il n’est donc nul besoin de la dénaturer ; mais la discussion étant d’un ridicule achevé, je persistais à faire le malin (sans aucune gloire ni fierté) en allant jusqu’au bout.

Lui: (ironique) et c’est un copain à toi ce Parflof ?
Moi : Pavlov… non c’est un médecin et chercheur
Lui : surement un plus malin que toi
Moi : (j’hallucine ! Quelle insolence) et bien en l’occurrence sur ce point oui, il a été prix Nobel.
Lui : ah ouai, et ce Parglof, c’est quoi ses recherches au juste en rapport avec le chat ?
Moi : Pavlov, c’est Pavlov… il démontre que si tu es conditionné à recevoir une forte décharge électrique à chaque fois que tu prononces le mot « choucroute » par exemple, tu finiras par arrêter de le dire et même d‘en manger. C‘est la même chose dans cette expression, le chat ayant eu une expérience traumatisante avec l’eau ne s’approchera pas de celle-ci, qu’elle soit froide ou chaude.
Lui : (mort de rire) et où as-tu lu ça ? Dans Pif gadget ?
Moi : oui voilà, c’est ça (sourire désabusé)

Bien sûr j’aurais eu envie de répondre « Comme quoi Pif est une lecture instructive, tu devrais t’abonner ». Mais quand on s’aperçoit qu’on a décroché la timbale, il est inutile d’aller plus loin dans le dialogue et le mieux à faire est de commander une autre bouteille de vin avant d’avoir les nerfs en capilotade.

« Le génie et la folie ont parfois des limites mais la connerie est toujours sans bornes »

mardi 4 janvier 2011

Starcrossed

A la suite de mes difficultés à le trouver , un ami m’a finalement envoyé le film du Brésilien Aluisio Abranches « Do Começo ao Fim » bien qu’il soit sorti au printemps en France sous le titre « Jamais sans toi ». Je voulais absolument le voir car j’ai eu l’occasion de rencontrer l’actrice principale Júlia Lemmertz en 2009 et car la bande annonce me rappelait un court métrage sorti en 2005, découvert sur Gayclic, qui m’avait bouleversé. Et effectivement, la similitude entre les 2 œuvres est plus que troublante. Le short film de James Burkhammer (22 ans à l’époque) transmet en 15mn une émotion (à mon sens) beaucoup plus intense que le long métrage que j’ai malgré tout apprécié.


NB : La vidéo chie un peu au début, mais cela s’arrange très vite


[+] Bande annonce du film Do Começo ao Fim
[+] Affiche de Do Começo ao Fim
[+] Affiche de Starcrossed

dimanche 2 janvier 2011

XXX Holic Vol. 15


Tu sais…
Chacun rencontre…

La personne qui lui est destinée au bon moment
Car tout est…
Inéluctable

Et…

C’est pareil pour les séparations.


[…]


Mon vœu le plus cher…
C’est que tu existes.
C’est tout.



Musique : Lamb « Gabriel »
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