jeudi 17 mai 2012

Un lapin vaut mieux que deux tu l'auras

Quand la vie me malmène, je me répète souvent que : « de toute façon, la semaine prochaine, je n’y penserai plus et celle d’après j'aurai oublié », vive la suggestion positive et merci Emile Coué. Ce leitmotiv est sommes toutes assez efficace et fonctionne pour un tas de domaines : les emmerdes professionnels, les contrariétés de la vie courante, les rendez-vous queutés. Ce soir, c’était un rendez-vous queuté… dommage. Je suis remonté chez moi très lentement après m’être acheté un Toblerone afin de vérifier que la réputation d’antidépresseur du chocolat était bien fondée. Le premier essai n’ayant pas été concluant, j’en ai racheté un autre sans plus d’effets notables, conclusion : les Suisses nous prennent vraiment pour des cons. Toujours sur le chemin, je n’essayais même pas d’imaginer à quoi aurait pu ressembler cette soirée. En pleine folie furieuse du yield management que ma direction vient de découvrir  et tente d’appliquer à tout et n’importe quoi au boulot, cette nouvelle lubie aura eue l’avantage de m’enseigner l’économie de  rendement de mes neurones pour des pensées non productives (je suis un bon élève). Non, en fait, si je ne me sentais pas super bien, c’était en toute honnêteté, parce que mon orgueil s’était pris une belle droite en 1 round avec victoire par K.O.. Loin de me remonter le moral, je croise Eric Noleau,  âme esseulée, le pas mou et voulant paraître sûr de vers où il allait ;  je me disais qu’après en avoir mis tant dans la gueule à tout le monde, il était bien triste de sortir seul et que la notoriété n'y faisait rien à l’affaire. Une fois chez moi, j’écris ces quelques mots, livrés comme ça, comme ils viennent en me disant : « j’ai vraiment besoin de revoir L.A. ».  Je ne sais pas ce qui restera de tout ça demain matin, au réveil ; ce que je sais en revanche, c’est que la semaine prochaine je n’y penserai plus et que celle d’après j’aurai déjà oublié.      

lundi 14 mai 2012

Ice-breaker

C’est dingue, on ressent déjà l’effervescence. A la veille du début du festival du film, la ville commence déjà à voir apparaître une faune éclectique ou la beauté et le style de certains garçons en tenue d’été en sont presque aussi indécents que l’excentricité de certains autres. Les regards se soutiennent jusqu’au moment de se croiser en espérant que l’autre dira un mot ou fera un geste en s’apercevant que chacun s’est retourné pour voir si la cible a été touchée. C’est une excitation assez électrisante, ces petits jeux pour lesquels j’éprouve toujours du plaisir, à classer soit dans la perversité soit dans un certain masochisme tant ça ne mène à rien. Il fut  une époque bien lointaine où je me serais certainement retrouvé à génuflexion sous un porche, une bite à la bouche, pour officialiser une rencontre aussi éphémère qu’inutile avec un quelconque journaliste étranger en quête d’un peu d’exotisme. Non, moi j’ai craqué sur un petit vendeur de glaces au sourire angélique, 18 ans plus jeune que moi. Décidément, à ce rythme là, je ne sais pas ce que je veux prouver mais je me rapproche dangereusement du détournement de mineur. Pourtant, depuis quelque temps j’essaie d’éviter toute tentative d’approche de mâles ayant moins de 27 ans aussi stupide que cela puisse paraître pour mon entourage qui pense que je n’en profite pas assez. Aussi, ai-je droit à la fameuse rengaine : « tu ne sais pas ce que ça peut donner ». J’en ai cependant une vague idée. Le plus affreux serait qu’il soit sérieux et qu’il s’investisse dans la relation. Aussi beau et charmant soit-il je voudrais lui éviter qu’il  ne devienne une sorte d’Anna Nicole Smith poussant le fauteuil roulant de son  J. Howard Marshall adoré… beurk… sic et re-sic… tout de suite, ça refroidit.

dimanche 6 mai 2012

In & Out


C’est en voyant son sourire que deux magnifiques fossettes rendaient encore plus beau, que  je tombais sous le charme de l’ouvreur du cinéma quand en me donnant mon passe pour le festival « In & Out », ses quelques mots plein d’hésitation me permirent de comprendre que, quelque part, derrière moi, devait se trouver son copain. La salle plongée dans l’obscurité, je découvrais le film de Marie Losier « The Ballad Of Genesis & Lady Jaye » et je réécoutais avec plaisir la musique de Breyer P-Orridge Genesis, documentaire qui m’a d’autant passionné que récemment je m’étais penché sur le travail d’Orlan, revu des films de Cronenberg ; je crois que tout ce qui touche au corps, à sa maîtrise, sa transformation, me fascine jusqu’à une certaine subversivité. Puis, dans un tout autre genre,   l’autre film de la soirée était celui de Andrew Haigh « Weekend » : bouleversant et ouvrant sans doute la voie à un cinéma gay différent, plus universel où chacun est capable de se reconnaître… et cela a plutôt bien fonctionné avec moi, renvoyé directement à des questionnements et des choix qui dans le passé (peut-être encore aujourd'hui) m'ont pris de court : tout donner pour quelqu’un et au final s’oublier soi-même ou privilégier sa carrière et passer à  côté d’une histoire qui ait du sens… un sens qui peut être trop dur à assumer. Deux films d’amour finalement, l’un qui raconte comment deux êtres décident de se fondre en une seule entité par amour et l'histoire d'un autre couple, dont l'un qui pour la même raison, ne s’oppose pas au choix de l'autre. Je suis ressorti la boule à la gorge, un peu remué… le bel ouvreur m’a sourit, vous savez, ce genre de sourire qui veut dire « désolé ». Je suis rentré chez moi et je me suis mis l’album de John Grant « Queen of Danemark » dont un titre faisait partie de la B.O. de Weekend.


John Grant "Marz"

[+] Bande annonce « The Ballad Of Genesis & Lady Jaye » de Marie Losier (2011)
[+] Bandeannonce « Weekend » de Andrew Haigh 

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