mardi 24 janvier 2012

Brève

Luc, derrière son comptoir, faisait couler mon café du matin ; il s’excitait tout seul en lisant dans je ne sais quels tabloïds le témoignage d’une rescapée du  Concordia.

Luc : Non mais tu te rends compte !! Quelle idée d’aller faire une croisière quand on ne sait pas nager.

Moi : bien t’sais, moi j’prends bien l’avion et je ne sais pas voler.


Crédit : peinture de Narcisse Davim 

dimanche 22 janvier 2012

Tout à l’envers

Il n’y a rien que je trouve plus déprimant que les dimanches. Surtout ceux, mi-figue, mi-raisin ou la grisaille à raison de toutes tentatives pour essayer d’occuper la journée. Mater un film ? Ecouter de la musique ? Ouvrir un bouquin ? Aller marcher en bord de mer ? Toutes propositions recevaient la même implacable sentence : « pas envie ».  En triant paresseusement mes albums de Jazz sans aucune conviction, je lorgnais du coin de l’œil mon plaid qui semblait me murmurer de loin « ne serais-tu pas mieux dans la chaleur de mes fibres, à t’accorder une heure ou deux de sommeil » ; ne pouvant le faire taire et malgré mes deux paumes sur les oreilles pour au moins atténuer ses appels, je succombais lâchement, sans aucune volonté mais avec un plaisir honteux. Avant de fermer les yeux, je me suis demandé depuis combien de temps j’essayais de digérer cette enclume que j’avais avalée je ne sais quand et qui me rendait si flegmatique.  Après cette sieste qui me donnait la ferme impression d’avoir perdu mon temps, je louchais en luttant de toutes mes forces contre ma myopie pour tenter d’un seul œil téméraire d’apercevoir l’heure qu’il était sur la petite pendule du four pas tellement prête à coopérer (la garce)… Cet effort mental, qui me conforta dans l'idée que je n'avais pas recouvert la vue, me donna cependant l’impulsion physique pour préparer mon sac et aller au sport, les écouteurs dans les oreilles… il est 19h et je me dis que je fais vraiment tout à l’envers, jamais comme les autres. Dans l’ascenseur je me suis trouvé plutôt pas mal… L’année de plus acquise cette semaine n’était donc pas la cause de mon effondrement d’énergie de ces derniers jours, pensais-je. On a toujours besoin de plus philosophe que soi pour avancer et c’est Britney Spears qui me donna un début de réponse avec « Baby give me one more time ». Ne me demander pas comment cette chanson est tombée sur ma playlist, cela relève des grands mystères de l’univers comme le bigbang, les statues de l’île de Pâques, le comportement homosexuel, etc. Mais c’est bien le temps et surtout l’attente qui m’a affaibli ces derniers jours. En fait, en envoyant un message nous sommes tous plus ou moins consciemment ou non dans l’attente d’une réponse. Plus on y met de sincérité et d’espoir et plus l’attente est proportionnellement longue et douloureuse. Je peux tenter de me raisonner, relativiser… rien n’y fait… c’est ainsi. Moi et mon caractère séquentiel m’obligent à ne rien foutre et à me mettre en veille tant que je n’ai pas de réponse…  c’est usant. Ceci-dit le côté nettement positif, c’est que j’ai banni ce côté névrotique du challenge empirique : « si en trois pas j’arrive à la voiture rouge, j’aurais un message dans ma boîte Email » mais il faut dire aussi qu’on voit de moins en moins de voitures rouges de nos jours, et comme je ne sors que le soir, avec ma myopie ce n’est pas évident enfin bref…  Je suis revenu du Gym relativement crevé mais satisfait. Mon plaid était roulé en boule sur le lit et faisait beaucoup moins le fier ;  je ne l’entendis pas de toute la soirée. Je me suis simplement dit que finalement malgré tes promesses, d'être prêt pour notre relation, d’avoir changé et évolué, l’homme que tu es reste avec la mécanique d’origine, il est bien rare de faire du neuf avec de l’occasion… regarde moi, j’ferai toujours les choses à l’envers, jamais comme les autres… et je serai toujours myope. 


« Il y a des limites très étroites à l’expérimentation sur les êtres humains. Vous pouvez les forcer à répondre à n’importe quoi mais jamais les forcer à faire quoi que ce soit. Quant aux autres animaux, bien sûr, on ne peut rien leur demander mais on peut tout leur faire faire.» "L’homme-dé" Luke Rhinehart –

vendredi 13 janvier 2012

Polterg-Ex

REVENANT : 1°) Âme d'un mort qui se manifesterait à un vivant sous une forme physique, apparition, esprit, fantôme  2°) Personne qu'on n'a pas vue depuis longtemps et qu'on ne s'attendait pas à revoir. Larousse –


En cette période, où l’Europe est plongée dans "l’austérité", la mienne est plutôt sexuelle et je m’emploie avec "rigueur" à m’occuper de mon petit robert (aucun lien de parenté avec Larousse). Je m’aperçois, non sans étonnement, que j’arrive à prendre plus de plaisir tout seul qu’avec quelqu’un ; j’ai mes périodes comme ça. D’ailleurs, quand quelque fantôme du passé décide de faire sa réapparition, il est assez amusant qu’il choisit bien son créneau alors que de mon côté et en son temps j’étais arrivé sois disant « trop tôt » ou « trop tard », tout dépend l’angle de connerie sous lequel on l’envisage. Alors quand ce spectre refait surface après vous avoir bouffé les méninges par son souvenir pendant des années, il choisit les grands moments de solitude où par dépit vous pourriez envisager de remettre ça ou alors de vous mettre le doute sur le bien fondé d’une relation naissante. Si ajouté à cela notre Gasper vit à l’étranger en se foutant éperdument du décalage horaire, vous êtes réveillé à 3h00 du matin par une suite de textos cherchant à savoir si vous avez toujours des sentiments pour lui. Je suis bien désolé, mais moi à 3h00 du matin, je ne philosophe pas, j’ai des sentiments pour quiconque, je ne connais personne : JE PIONCE !! Péniblement, j’écris une réponse du genre « je t’envoie un Email demain » et étant donné que demain c'est aujourd'hui, que maintenant je suis bien réveillé, il me reste toute la nuit pour réfléchir à ce que je vais mettre dedans. Je soigne mon Email, le relie plusieurs fois et trois semaines plus tard aucune réaction ou réponse ne m’est parvenues me laissant entendre que je suis désormais en mesure de postuler pour rejoindre l’équipe des Ghostbusters. Que nénies, ma prétention n’aura jamais raison de sa culpabilité et de ce besoin irréductible d’exorciser une conscience trop lourde. Aussi, comme toute bonne âme en peine qui se respecte et ne pouvant trouver le repos dans un univers qui ne nous appartient plus ni à l’un ni à l’autre, j’aurais ma trimestrielle apparition accompagnée de ma récurrente… nuit blanche.


Basement Jaxx - « Good Luck » (Feat.Lisa Kekaula)

mardi 10 janvier 2012

Black is (definitely) Black – Part. 2

L.A. juin 2007
0
Al : you like black men, don't you ?
Moi: Say, I like men, whatever their color !





jeudi 5 janvier 2012

Résolutions

Les débuts d’années sont toujours propices aux bonnes résolutions. Vous savez, celles qu’on a toujours du mal à tenir car aux alentours du 3 ou 4 janvier, une fois qu’on a bien décuvé, on est plein d’énergie ce qui nous pousse à mettre la barre un peu trop haute. Mais puisque j’ai tenu celles de l’année dernière, je me suis dit qu’en 2012 je pouvais encore me lancer quelques challenges toute proportion gardée.


Courir en bord de mer une fois par semaine : pour me sortir de la salle de sport et prendre l’air. Je suis à trois minutes à pied de la promenade et je ne vois la mer qu’entre deux immeubles quand je daigne mettre un pied en ville. J’ai bien l’intention de profiter de ce privilège qui est d’habiter sur la côte.



Prendre le soleil : car j’en ai marre d’être en hiver comme en été aussi blanc que la cuvette de mon chiotte. J’pense que je ne frôlerais pas un cancer de la peau pour quelques UV dans le but d’avoir un teint un peu plus hâlé.    




Prendre un jour par semaine pour m’occuper de moi : un bain, un massage, l’esthéticienne, entretenir ma pilosité [ !?!], me détendre histoire d’entretenir ce que m’a donné la nature qui est ce qui est m’enfin ce n’est pas une raison de lui montrer trop d’ingratitude.




Déléguer : surtout au boulot afin de ne pas supporter de charge de travail supplémentaire qui empiète sur mon temps libre déjà très restreint. Je crois que c’est aussi une bonne chose pour mes collègues également afin de les responsabiliser un peu.



Ne plus considérer mon travail comme le centre de ma vie : et être présent dans la vie de ceux qui regrettent mes longs silences comme ma famille, mes amis, sortir, essayer de reprendre le contact avec une certaine sociabilité. Ce dernier point est somme toute le plus délicat car il touche directement à  un trait de caractère qui m’a construit m’enfin…

Allez… courage…   



A Man Called Adam - "Superman"

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