jeudi 29 octobre 2009

Sang froid, ni loi

C'était un petit trajet de rien du tout... 1h00 à peine. J'avais du précipiter mon départ en me hâtant dans cette petite gare de campagne si je ne voulais pas rater ma correspondance à Lyon. C'est dimanche, pas de guichet d'ouvert et une borne automatique défectueuse. Je monte dans le TER et j'interpelle la contrôleuse afin de m'acquitter en bon citoyen que je suis, de mon titre de transport. Je m'aventure à lui signaler qu'il doit y avoir une erreur sur le prix qu'elle m'annonce. D'un air hautain elle m'informe du prix majoré en m'assénant d'une remarque du genre : « M'sieur, fallait prévoir votre voyage plus tôt ». Je reste calme. Je retiens avec beaucoup d'efforts le mot «connasse». Après un bref exposé de ma situation, je lui propose de payer mon titre de transport sans supplément, comptant sur un geste commercial, en glissant au passage qu'un service public qui majore un titre de transport à plus d'1/3 de son prix c'est frôler l'arnaque. Ma requête reste vaine et moi intransigeant. La demoiselle n'est pas d'humeur à communiquer et encore moins à négocier. 45 min plus tard à ma sortie du train, je suis entouré de trois agents des forces de l'ordre. Je reste calme. En moins de 3 minutes, je suis menacé de garde à vue, car force de l'ordre ou pas, il est hors de question que l'on me prenne pour une vache à lait. Remarque: cette réflexion est susceptible d'être considérée comme outrage à agent. Je reste calme. C'est donc un procès verbal qui m'est dressé face à mon inflexibilité et pour me remercier de mon honnêteté envers la SNCF. J'ai refusé de signer, ne sachant pas quel document allait sortir de la petite boite électronique sur laquelle on me demanda d'imposer ma griffe. Tant d'histoire pour quelques malheureux euros me dit-on auquel je rétorque que ce n'est pas la somme l'important (cf. plus haut) en ajoutant que cette situation surréaliste ne me rassure pas sur ma condition de contribuable dont les impôts payent ce petit groupe de fonctionnaires qui usent d'un arsenal d'intimidations sur une proie facile qui sans doute leur donnera l'impression d'avoir fait du « bon travail ». Parfois, j'ai un peu honte de la France... mais je reste calme.

vendredi 23 octobre 2009

No Comment


90 %
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La proportion de billets de banque, aux Etats-Unis, qui contiennent des traces de cocaïne, notamment dans les grandes agglomérations.
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"Les insolites du mois en chiffres" - TGV magazine n°118 - octobre 2009
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jeudi 15 octobre 2009

Rétrospective - Part. 3


Dans mon travail de l'époque, je pense que j'étais plus un soi-niant qu'un véritable soignant, au cabinet j'étais capable de traiter de lourds troubles anxiogènes et j'étais incapable de gérer les miens, j'étais plutôt perspicace concernant les problèmes des autres et incompétent par rapport à ceux que je vivais. A la longue, j'ai fini par me demander comment avec les connaissances que j'avais acquises, j'arrivais si peu à évoluer dans ma vie personnelle. Bien sûr, toutes mes lectures m'ont beaucoup enseigné mais, la compréhension intellectuelle est parfois à mille lieues d'une véritable transformation. Il faut pour cela un autre genre de compréhension, plus émotionnelle, qui passe entre autre par une expérience vécue. Une rupture douloureuse, un coming-out auprès de mes Parents perturbant, une situation financière dramatique, une légère addiction à l'alcool, des difficultés à me concentrer sur mon travail et en parallèle sur mes études , des problèmes avec l'environnement professionnel, le décès mes deux Grand-Parents qu'il me restaient ; bref, toutes les merdes sont tombées en même temps. Avec le recul, je me dis que c'était aussi bien ainsi. Je préfère gérer les évènements dans leur globalité plutôt que de les voir apparaître interminablement les uns après les autres. Je profitais de cette crise, pour justement mettre en pratique ce qui me semblait la meilleure façon pour moi de passer à ce que je voulais être plutôt que de continuer à imaginer le devenir. En bon « voltairien » j'avais besoin d'élaguer pour mieux cultiver mon jardin. Ce fut en faite, une véritable épuration. Trop de choses encombraient mon existences et dont je n'avais que faire : meubles encombrants, objets en tout genre mais surtout ramasses poussière, paperasse sans intérêts, notes que je ne relirais jamais, souvenirs sans plus aucun liens ou douloureux ; vêtements que je ne porte plus ou que je pensais porter pt'être un jour, mais aussi relations stériles, contacts unilatéraux, connaissances sans suite alors, j'ai jeté, donné, vendu. Il en faut du temps pour se démunir de l'inutile, des fausses attaches que nous avons aux choses et dont nous devenons parfois l'esclave. Néanmoins, en quelques mois, je vivais dans 100m² d'espace... vide où chaque petite chose qui avait été épargnée par le grand nettoyage, prenait de l'importance par le vide qui l'entourait. L'homme n'est-il pas riche des choses dont il peut se passer écrivait Thoreau; encore aujourd'hui rien ne me manque de tout ce que j'avais pu accumuler durant le premier quart de ma vie, encore aujourd'hui j'apprécie comme cela a pu alléger ma vie et peut-être me rendre plus libre. Ce que j'ai fait avec le matériel, je l'ai fait avec le relationnel sans plus de regret. Il me fallait aller au bout de cette démarche. La persévérance est une qualité chez moi dont l'obsession en est l'effet secondaire. C'est durant cette remise en question sur mes fondamentaux, qu'il est apparu dans ma vie (A suivre...)
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Photo par Linkinseb

mardi 6 octobre 2009

Mé ta phore où je pense !

Si j'adore les métaphores, c'est parce qu'elles imagent les choses et les rendent plus simples à la compréhension. Ce qui est pour moi un atout considérable étant plutôt visuel et lent à la détente. Malgré tout, il en est certaines que je trouve stupides et limite aliénantes.

Lui : Je te suivrai au bout du monde !
Moi : (pensif) Et bien mon gars... tu n'as pas finis de tourner

Lui : Pour toi je décrocherais la Lune
Moi : (ironique) attends l'inversion des pôles, avec un peu de chance, elle nous tombera sur la gueule.

Lui : Mon coeur ne bat que pour toi
Moi : (cynique) c'est malin ! Et toi maintenant, comment tu vas faire pour vivre ?

Oui, il se cache une certaine cruauté en moi sans même gratter trop profond.

vendredi 2 octobre 2009

L'inconnu de la semaine


« Certaines nuits, pourquoi ne pas le dire, je me serai même endormi en tenant mon téléphone dans la main, une manière de garder le contact, au cas où. Le petit bruit réjouissant que ça fait quand m'arrive un texto, le petit tintement limpide. Ce n'est pas une torture de dormir en serrant un téléphone dans le poing fermé, non, c'est juste l'intime satisfaction de tenir quelque chose de l'autre, de ne pas avoir les bras vides à ce point. En même temps, quelle horreur d'attendre un coup de téléphone comme une épiphanie, c'est être tombé bien bas vraiment que de s'en remettre à ça, à escompter des signes de vie, pour juger que l'on est soi-même bien vivant justement. Quelle misère que de mendier sa ration de petites attentions, quelle misère de passer par tous les synonymes de la détresse, quelle misère que d'être tombé si bas dans le silence de l'autre, suspendu à rien ».

Serge Joncour « Combien de fois je t'aime »

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