lundi 30 novembre 2009

Rétrospective - Part. 4

« Tu es mignon » sont les seuls mots je lui ai envoyé par Email. Je n'attendais rien en retour. Mais deux jours plus tard, je reçois une réponse et la correspondance se poursuit pendant quelques semaines. Il est Américain, je suis Européen et les illusions que je ne voulais pas voir apparaître deviendront alors inévitables quand le soir, en rentrant du travail, la concierge me donne avec un sourire amusé les colis que je reçois de l'étranger. Il y aura des hauts et des bas dans nos échanges jusqu'à son arrivée en France mais, déjà, il sait très bien repêcher ma confiance. Je ressens encore cette fébrilité lorsque je le serre dans mes bras à l'aéroport. Nous prenons notre temps ensemble, même si nous savons qu'il nous est compté en quelque sorte. Nous profitons des bonnes tables lyonnaises, nous prenons un bol d'oxygène à ce qui fut « la mer de glace » à Chamonix, nous flânons dans les ruelles d'Annecy. Puis, nous descendons dans le Sud. À Avignon, je retrouve un ami avec qui nous mangeons. Antony me scrute du regard, il est mal à l'aise, je le sens bien et en sortant du restaurant, sa sentence tombe : « Cet homme ne te rendra pas heureux Nico ». Je lui demande de s'expliquer, mais il ne m'en dira pas plus. S'en suive Cannes, Nice, Monaco et San Remo où nous rejoint Juju qui lui, me dira sans délicatesse, en levant le nez de ses gnocchis : « Tu ne vois donc pas qu'il te prend pour un taxi ». Je repense aujourd'hui à toutes ces petites phrases en m'interrogeant de l'influence du cœur sur le sens de la vue et de la raison. Puis, il reprend l'avion, sans un mot, à peine un regard... en tout cas sans promesse. Je me retrouve complètement perdu dans l'aérogare. Avant qu'il ne parte, je lui ai dit que le jour où il voudrait m'avoir à ses côtés, je le rejoindrais ; et ce jour fut en fait une nuit du mois de novembre. Quelques semaines plus tard, je décolle pour les USA. Dès le premier pas posé sur le sol américain, je me rends compte que les choses ne vont pas être faciles, à sa façon de me regarder, de me parler ou de me toucher. Pendant 3 mois, je fais de mon mieux pour assumer une atmosphère malsaine entre nous. Les sentiments vont à sens unique et quand je le réalise, il me reste peu de temps avec lui, alors je ne cherche plus à me faire aimer mais juste à laisser la meilleure image de moi en ignorant les humiliations. C'était une erreur, j'aurais du rester sur mon idée de prendre mon propre appartement ; de toutes manière, notre histoire était jonchée d'erreur, dans le casting notamment. Certaines personnes nous poussent à être ce que l'on est pas, jusqu'à le devenir parce que c'est ce qu'elles attendent de nous. En répondant à ce processus vicié et pernicieux je l'ai maintenu à mes côtés tant que je le pouvais certes, mais ces efforts épuisants étaient autant d'arguments pour me faire plaquer. Cette dépense d'énergie inutile a débouché sur un vide immense... le vide c'est tout ce qu'il me restait de lui et parce qu'il était immense, c’était au moins quelque chose. Je me console et je me rassure en me disant que quand les choses ne vont plus entre deux personnes, ce n'est pas du qu'à une seule. Je dois avoir ma part de responsabilité dans cette incompatibilité ; cela ne m'a pas empêché de continuer à l'aimer.
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Déjà bien engagé dans le couloir d'embarquement, je l'ai entendu me crier quelque chose. Cela m'a paru inaudible, je n'écoutais plus, je ne me suis même pas retourné... Plus rien n'avait d'importance, c'était la fin de ce que je pensais être nous alors que depuis le début il ne s'agissait que de moi. J'ai dormi profondément pendant tout le trajet qui me ramenait vers le vieux continent ; j'ai dormi comme si je n'avais pas fermé l'œil depuis des semaines. A ma descente de l'avion, j'ai pris conscience que j'entamais une longue et douloureuse traversée du désert (A Suivre...)
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mercredi 25 novembre 2009

Ça balance !


Pour les gays qui n'aiment pas l'activité physique, le monde du sport a inventé les beaux skaters.
Pour les mélomanes qui n'aiment pas le Rap, le monde de la musique a crée le Hip-Hop.
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Lupe Fiasco "Kick Push"
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jeudi 19 novembre 2009

Il n'y a pas de journée ordinaire

6:30 Réveil difficile, je relance la sonnerie du réveil, finalement je me lève avant qu'elle ne s'enclenche. Je regarde autour de moi, comme si je découvrais la chambre pour la première fois. Trois bouteilles d'eau trainent dans la pièce ; deux à moitié pleines (au cas où j'aurais soif) et une vide (au cas où je n'aurais pas soif... évidemment).

6:45 Je suis dans la salle de bain. Deux choses me font lever le matin. La faim et la douche, plaisir toujours renouvelé de sentir la douceur du savon et l'eau chaude glisser sur ma peau.

7:20 Je me surprends à me laver les dents alors que je n'ai pas encore petit déjeuné. Étrange, je ne le fais jamais, mais bon, comme j'ai commencé, je termine.

7:30 Je suis toujours à poil et ça commence à me gêner car j'ai froid aux pieds. J'ouvre le placard et je n'ai pas à me demander comment je vais m'habiller, puisque j'achète toujours des vêtements qui me plaisent et qui passent partout.

7:45 environ. Je jette un coup d'œil à mes notes, mon emploi du temps, mon planning et mon petit carnet noir. La journée et les prochains jours vont être chargés. Je souris. Je saute dans mes chaussures... j'adore les pompes dans lesquelles on saute sans avoir à les lasser.

7:57 Je peux me permettre d'être précis, je regarde l'heure sur l'écran de l'ordinateur. Je récupère le petit carton rose de mon rendez-vous, le bouquin « Mort aux cons » de Carl Aderhold que je compte finir aujourd’hui. Je sors.

8:10 ou presque, je prends mon café, lis le journal, trouve quelque chose à penser concernant cette « main miraculeuse » qui permet à nos joueurs de foot nationaux de se qualifier pour la coupe du monde et que j'aurais bien mis dans la gueule de Domenech. Je finis de lire les nouvelles.

8:30 J'en ai finit avec le journal, j'émets un soupir de satisfaction à la suite de la lecture des fais divers et de tous ces petits ou gros escrocs qui ne manquent pas d'imagination pour arrondir leur fin de mois. C'est comme s'ils s'étaient tous donné rendez-vous dans le Sud.

8:45 J'organise mes prochains jours en me disant qu'en cas de mauvaise nouvelles aujourd’hui j'aurais toujours un peu de taff pour m'occuper l'esprit.

9:00 Je passe au bureau, histoire de me rassurer sur d'éventuels changements de plannings. Je file à la gare routière. J’attends quelques minutes en énumérant ce que je dois faire professionnellement dans les prochains mois et surtout les résultats que je dois absolument atteindre.

9:15 et quelques, je monte dans le bus. Je me dis que les transports en commun sont pour moi plus une conviction écologique qu'un véritable plaisir. Cependant, je me délecte de certaines discussions ou situations.

9:35 Un petit vieux monte dans le bus et fait dégager un jeune mec en train de lire métro du siège où il est assis sans même un mot ou un merci. Quelle pédagogie ! Quel incivisme qui pousse au racisme anti-vieux. Le mec est sympa, il ne dit rien mais à notre échange de regard il n'en pense pas moins. Je repense à cette phrase du bouquin que je suis en train de lire : « Quand on ne croit plus en rien, c'est là que la connerie triomphe ».

9:45 toujours dans le bus alors que je devrais déjà être arrivé. Les rues de cette ville ressemblent à certains villages Italiens, une grosse voiture ou un camion et on est bon pour le cumul des retards. On passe devant le cimetière et je me dis que c’est imparable, dans toute les villes, il est situé à moins de 300 mètres de l’hôpital. Tiens, l’hôpital justement, mon arrêt.

10:05 ou quelque chose comme ça, de toute manière je suis déjà en retard. En me rendant au pavillon C où j’ai rendez-vous, je repense à mon Grand-Père, un peu coco et pas que sur les bords et qui se plaisait à dire : « Les docteurs ?!? Tous des charlatans, quand ils nous envoient à l’hôpital si on en ressort c’est les pieds devant ». La seule fois où il a été malade, sa mort aura eu raison de sa philosophie.

10 :20 Je suis pris d’une angoisse : « Et si ? », sueurs froides : « Ce serait bien diable quand même» , oui mais le diable se cache dans de petites choses, des détails (le connard).

10 :22 ce fut court. « Vous avez un carton rose » me dit un mec en blouse blanche, j’acquiesce. Ça a durée 2 minutes, « C’est tout bon ; vous n’étiez pas inquiet apparemment ? ». Non, je n’étais pas inquiet. En sortant, je me suis dit que finalement, parfois il y a des résultats que l’on préfère négatifs.

10 :25 je suppose, d’après le tableau d’affichage de la ligne de bus et puisqu’il arrive. Au retour rebelote, une petite vieille refait le même coup que le petit vieux du trajet de l’aller, à une jeune femme et de surcroit en bousculant une autre avec des béquilles. J’éclate de rire en pensant : « C’est pas vrai ! C’est sa femme ou quoi !!! ». Ma voisine se joint à moi comprenant l’objet de mon fou-rire. C’est cette fois une réplique d’un film de Georges Lautner qui me revient en mémoire : « Les cons ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnait » (petite note dans mon carnet noir : acheter le film).

10 :40 Des contrôleurs montent dans le bus, mon voisin se fait contrôler, il s’est planté de ticket ou je ne sais quoi. Gentiment, l’agent lui demande des explications et l’invite à acheter un autre billet. Petite réflexion prise sur le vif : « les contrôleurs de bus sont moins débiles que ceux de la S.N.C.F. » (cf. un ancien Post)

10 :45 Le bus est encore immobilisé pour une quelconque raison, je m’impatiente et je descends. J’en profite en chemin pour dire un petit bonjour à mon presseur (néologisme : le propriétaire de mon pressing).

11 :00 Longue halte pour prendre un café et finir mon bouquin.

11 :45 Petit détours par la Fnac pour acheter les Tontons flingueurs, « Les Chroniques de l’oiseau à ressort » de Haruki Murakami et « L’art de la guerre » de Sun Tsu. Ce dernier étant un ouvrage que je voulais lire depuis longtemps déjà et qui vu les anecdotes d’aujourd’hui, me semble plus que jamais de circonstance.

12 :00 Je rentre en longeant le bord de mer, m’extasiant devant les vagues en pensant à un truc à la con comme : «Chaque vague sait qu'elle est la mer. Ce qui la défait ne la dérange pas car ce qui la brise, la recrée». Je pense à Lyon aussi et à son climat qui doit être moins clément en ce moment.

12 :10 Je me fais un truc vite fait à manger. Je déjeune avec un bon Miles Davis dans les oreilles, calme et plus détendu qu’il y a quelques heures.

13 :30 Je consulte mes Emails, je réponds à certains, j’vais pisser, je travaille un peu, je prends quelques notes. Je parcours quelques pages de mes nouveaux ouvrages, j’enlève le DVD de son cellophane. J’apprécie un instant de tranquillité quand la trompette de Mr. Miles laisse place au silence. Je crois qu’à ce moment précis je me sens vraiment bien.

14 :00 / 23 :00 Je me décide à aller travailler. Journée chargée mais comme je les aime. Je vous épargne les détails.

23:15 Je rentre, je me mets à l’aise, j’écris ce post, qui à ma connaissance est le plus long de ce Blog. Puis ensuite j’irai me coucher… enfin je pense. Je fermerai les yeux en pensant qu’effectivement il n’y a pas de journée ordinaire dans la vie d’un homme.

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lundi 16 novembre 2009

No Comment

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Serait-ce une incitation à l'homosexualité ?
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dimanche 8 novembre 2009

Le temps du répit...

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« La souffrance c'est magnifique... C'est magnifique quand le mal est passé parce qu'on apprend, parce qu'on comprend, parce qu'on peut se mettre à la place de l'autre ».
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Katherine Pancol «
Un homme à distance»


mardi 3 novembre 2009

Guerre du golf

Lors d'un petit cocktail à la con l'autre soir, il y avait ce type, hautain et prétentieux, super propre sur lui, blond, la mèche de côté, qui nous vantait ses exploits au golf. Le golf !!! Je crois que c'est le sport qui après la F1 m'insupporte le plus. Encore que la F1, il reste au moins les départs tonitruants et le champagne à la fin ; ensuite le seul intérêt est de regarder des voitures tourner en rond sur un circuit dans l'attente qu'une finisse, après un double piqué, contre un mur. Honnêtement, je pense que le golf a été inventé pour ce genre de type que j'avais devant moi ce soir là, qui ne sait pas quoi faire de ses journées et encore moins de son pognon si ce n'est le dépenser dans une multitude de clubs qui servent tous à la même chose : tirer dans une petite balle blanche. Comme je commençais à sourire dangereusement avec un air de me foutre de sa gueule, il m'a finalement demandé ce qui me déplaisait autant dans ce sport. Je me suis abstenu d'évoquer les arguments ci-dessus et je lui ai répondu qu ' « il n'y a rien de plus débile à mes yeux que de courir sur de la pelouse après une petite balle blanche sur laquelle on a tirer volontairement de toutes ses forces dans l'espoir de la voir tomber dans un minuscule trou situé à des dizaines de mètres plus loin et ce pour recommencer 18 fois de suite ». Il a secoué la tête d'une manière significative, du moins je l'ai traduit comme : « pauvre naze ». J'ai bien osé dire que le jeu manquait de piquant, mais la solution pour le rendre plus passionnant ne l'a pas convaincu …
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