mercredi 31 décembre 2025

Rétrospective 12/2025

Il m’est difficile de poser un mot sur l’année qui s’achève, et plus encore de trouver l’élan pour en parler. Écrire à son sujet me demande un effort particulier, comme si les phrases butaient sur quelque chose d’encore trop proche. J’ai pourtant tenu la promesse que je m’étais faite l’an dernier : me foutre la paix. Peut-être aurais-je dû le partager avec ceux qui m’entourent, car eux, manifestement, n’ont pas eu la consigne. 

J’ai beaucoup (trop) travaillé pour remettre de l’ordre dans un site laissé trop longtemps à lui-même. J’ai eu la chance de pouvoir m’appuyer sur une équipe solide, présente, qui tient la route. Mais lorsque l’impulsion se perd au sommet, quand l’essentiel se dilue dans une succession de notes de service, d’instructions en tout genre, c’est tout le corps qui finit par s’alourdir. Les sites avancent alors à contre-courant, freinés par une accumulation de procédures qui les éloigne peu à peu de leur mission première. Si ce travail d’organisation a abouti, ma plus grande difficulté (comme souvent dans ma vie personnelle) reste la communication. Par fatigue, par pudeur ou par peur du conflit, je choisis encore trop souvent de faire à la place de dire, de réparer en silence plutôt que de nommer ce qui ne va pas. Une manière de préserver l’équilibre, peut-être ; un choix silencieux, qui apaise sur le moment, mais qui laisse toujours une trace.

Dans mon milieu professionnel, j’ai fini par comprendre que cette austérité me servait. On y apprécie l’efficacité sèche, la distance maîtrisée, cette froideur de façade qui impose un respect prudent. Ma lenteur réfléchie passe pour de la lucidité : celle d’un homme conscient d’évoluer dans un monde d’illusions, et qui tente malgré tout d’y insuffler un peu de cohérence, un peu de sens. Mais ce qui, au travail, semble être une force devient ailleurs un obstacle. Ces mêmes qualités dressent une barricade invisible autour de ma vie sociale, jusqu’à la réduire à un territoire presque vide. Je me suis rendu en quelque sorte fonctionnel, mais rare ; fiable, mais lointain. Et pourtant, j’ose croire que derrière cette apparente rigidité se cache autre chose qu’un retrait : une attente discrète, peut-être maladroite, d’un espace où cette gravité pourrait enfin se transformer en présence, et cette distance, en lien.

 


Reste une question, simple et brutale à la fois : est-ce seulement ce que je veux encore ? Et si oui, est-ce que j’en ai toujours l’énergie ? Peut-être que l’année qui s’annonce saura y répondre.


[+]La p’tite musique qui va bien avec… ⏯️ Amanda Kamara - “Face The Truth”

mercredi 24 décembre 2025

Joyeux Noël


Il rentre dans mes chaussures ?!?

dimanche 14 décembre 2025

L’entre-temps

Peut-être me fais-je des idées, mais il me semble discerner, derrière certaines invitations, la tentative bienveillante  (et légèrement maladroite) d’un couple d’amis pour rapprocher deux âmes légèrement cabossées. Je suis l’une d’elles. L’autre est presque toujours là lorsque nous nous retrouvons, comme une présence devenue familière à force d’être imposée. Je prête peut-être trop d’intentions à ceux qui n’en avaient pas tant, mais j’imagine qu’ils se sont dit que, faute d’attirance, nous pourrions au moins apprendre à nous connaître. Il n’en est rien.

Je n’accroche pas. Et, je ne serais pas étonné que ce soit parfaitement réciproque. Les rencontres arrangées n’ont de grâce que dans les films… ceux où la musique s’élève au bon moment et où la complexité humaine s’efface poliment. Dans la réalité, il reste un homme qui se sépare, qui vend la maison qu’il habitait à deux, qui cherche un nouvel appartement. Et moi, en face, je n’ai pas grand-chose à offrir en retour, sinon ce que j’ai déjà déposé ici, fragment après fragment, tout au long de ce blog. Une matière confuse, difficile à résumer, encore moins à partager. Autant dire que le pitch n’est pas très vendeur.


Je ne sais plus très bien où j’en suis émotionnellement. Je me surprends parfois à regretter une vie sociale grignotée par le travail, tout en pressentant que cette situation m’arrange plus que je ne l’admets. Ces derniers temps, je prends soin de moi, du corps, de l’esprit, et ce recentrage m’a fait du bien. J’ai retrouvé une forme d’équilibre, fragile mais réel. J’accepte ma traversée du désert avec un calme presque suspect, comme on accepte un paysage déjà connu où j’ai presque mes habitudes, mes silences, et cette façon particulière de respirer quand rien ne vient troubler l’espace. 

Je suis dans une période où le lien me fatigue, où la solitude m’apaise. Les interactions sociales m’épuisent avant même d’exister, et l’idée de nouvelles rencontres, amicales ou senti- mentales, me semble disproportion- née, presque inenvisageable. Comme souvent dans ma vie, je n’ai pas seulement besoin d’un but, mais d’un commencement crédible, d’un point de départ. Alors j’attends ; le début de l’an prochain. Après tant de secousses cette année, je verrai si cette humeur se fige dans une solitude que je découvre moins rude que prévu, ou si quelque chose en moi consent à entrouvrir la porte, à risquer un regard vers l’extérieur. Rien n’est décidé. Je demeure sur le seuil, attentif, sans empressement, dans cet entre-deux où l’on ne renonce pas encore, mais où l’on ne force plus rien. Après tout, rien ne presse… rien ne presse plus.

[+]La p’tite musique qui va bien avec… ⏯️ Ásgeir - “Borderland”