L’été s’efface doucement, de ceux que j’affectionne : éclatant de soleil, brûlant parfois jusqu’à l’étouffement. Je me suis beaucoup investi dans mon travail et, à mon rythme mesuré, j’apprivoise peu à peu cette nouvelle vie ici. Je poursuis la lente clarification du passé, j’allège mon chemin, me libérant de ce qui n’a plus lieu d’être, délestant ce qui alourdit encore mes jours, qu’il s’agisse de poids matériels, de pensées superflues ou de fardeaux intérieurs. L’écriture s’est faite plus rare ces dernières semaines car j’ai le sentiment d’avoir, cette année, parcouru avec sincérité le territoire intérieur que je devais éclaircir, et déposé une part de ce qui demandait à être libéré afin de faire place au neuf.
Par choix, presque comme un appel, je suis venu me perdre ici, et c’est pourtant la première fois que j’ai le sentiment de vraiment me retrouver. La nature se déploie autour de moi dans sa brute vérité, âpre, sauvage, parfois fermée, mais profondément sincère. Les gens lui ressemblent, discrets, peu enclins aux questions ou aux curiosités indiscrètes. Cette réserve me rassure ; c’est exactement ce qu’il me fallait. Dans ce silence préservé, je peux avancer sans me justifier, vivre à ma mesure, à l’écart tout en me sentant à ma place. Cette discrétion choisie a le goût d’un équilibre retrouvé, d’une paix profonde.

Il y a dans les échanges quelque chose de subtil, presque imperceptible parfois, mais précieux. Quand, en un simple geste, dans un regard, sans abondance de mots, la confiance s’installe. Ce sont souvent des attentions simples, héritées d’un temps que l’on croit révolu, qui donnent leur véritable sens aux liens : un guide de la région ou une boîte d’œufs offerts comme une évidence, une tablette de chocolat tendue sans cérémonie, une invitation à partager une séance de CrossFit. Derrière ces personnalités fermées, presque impénétrables, se cache une délicatesse sincère, un véritable souci de l’autre, une volonté de l’atteindre là où il se sent vivant. Et bien souvent, cette justesse dépasse celle de ceux qui nous côtoient pourtant depuis toujours.
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