samedi 21 février 2026

Fugit irreparabile tempus - Part.2


“Le plus grand service qu'on puisse rendre à un être : lui apprendre de très bonne heure à savoir user de la vie.” - Henry De Montherlant



En lisant un article passionnant il y a peu, j’ai découvert quelque chose d’assez étonnant: à force de trifouiller protons et neutrons pour mesurer le temps à l’atome près, les scientifiques ont fini par tomber sur un os. À l’échelle infinitésimale des particules, le temps ne semble plus avoir de direction. Passé et futur deviennent comme interchangeables, comme si la flèche du temps se dissolvait. Une idée qui me plaît énormément. Finalement, le temps n’est peut-être pas ce cadre rigide que j’ai parfois l’impression de subir. Mon pote Schopenhauer, avec deux siècles d’avance, avait finalement raison, c’est bien une construction mentale, a priori. En tout cas, une conception bien plus fragile que je ne l’imaginais et, peut-être, une piste pour revoir ma propre manière de l’habiter. Tout ça m’a occupé l’esprit ces derniers temps. Pas au point de m’empêcher de dormir, mais suffisamment pour que la question revienne assez souvent : Comment, au juste, je pourrais exploiter cette information ? Je sais, dit comme ça, ça peut sembler un peu débile. Et pourtant.

Ça rejoint le cadre de vie que je me suis construit ces dernières années et une envie plus ancienne : être moins à la merci de mon entourage, qu’il soit personnel ou professionnel (surtout profession- nel quand même). Sans vraiment l’avoir prémédité, par une forme de lassitude ou de désengagement peut-être, j’ai vu se mettre en place une sorte de retrait stratégique. Pas une grande manœuvre, plutôt un pas de côté. Une façon, peut-être maladroite, de laisser chacun reprendre la part qui lui revient. Je ne prétends pas que ce soit une méthode exemplaire, j’y vois même parfois un manque de courage. Sans compter sur cette double petite voix intérieure : celle qui me reproche de ne pas savoir dire clairement ce que j’attends, et celle qui me rappelle que « filouter » n’est pas censé être mon style, surtout quand ça me coûte plus d’énergie que ça ne m’en fait économiser. Malgré tout, cette tendance à installer une procrastination light commence à porter ses fruits. Les choses finissent par se faire, certes, mais sans grand entrain. Et quand ça traîne vraiment trop, quelqu’un d’autre s’en charge. Et ça… ça me va merveilleusement bien ! Je peux ainsi appliquer, sans complexe, l’air de rien, deux théories que je chéris entre toutes : « S'il n'y a pas de solution, il n'y a pas de problème», fameuse maxime shadok, et celle d’Henri Queuille : « Il n’est pas de problème dont une absence de solution ne finisse par venir à bout ».


Ce n’est pas très moral, hein ? Je sais. Mais franchement, je me suis épuisé pendant des années à faire en une journée ce que d’autres font en une semaine dû à une désorientation récurrente entre la machine à café et leur bureau. Aujourd’hui, je sens la limite de mon potentiel. J’en suis même arrivé à un point où les tâches les plus primordiales ont perdu leur caractère d’urgence. Et, à bien y réfléchir, il se pourrait que ce ne soit pas un bug dans mon logiciel interne… mais un légitime réajustement.

(À suivre…)

[+]La p’tite musique qui va bien avec… ⏯️ Moloko - "The Time Is Now”


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