"Le ciel appartient aux impétueux qui de l’attendent pas" - Lou Andréas-Salomé
Il y a donc une suite à l’article précédent. Ne nous emballons pas : rien de spectaculaire. Je reste fidèle à ce non-événement au parfum d’érotisme vaporeux. À mon rituel, à savoir mes séances de sport, s’est greffé quelque chose de désormais réglé dans mes semaines : lui.
Nous partageons les mêmes horaires, la même motivation sportive… le même vestiaire.
Je ne connais toujours pas son nom. Nos échanges demeurent discrets : un bonjour, parfois une poignée de main. Et toujours ce regard aux contours flous, ce sourire dont j’ignore encore s’il est simplement poli ou chargé d’autre chose. L’imagination, elle, s’agite. Les faits, beaucoup moins. Les occasions de parler existent, pourtant je n’en saisis aucune.
Sous couvert d’une pudeur un peu feinte, je me dévêts en lui tournant le dos, sans savoir s’il m’observe. Peut-être que oui, peut-être que non. Pour l’instant, cette incertitude suffit à nourrir le trouble.
Souvent, nos douches se terminent ensemble. Ensuite, sans retenue, je le regarde s’habiller, lentement. Il sait que mes yeux suivent la ligne de ses jambes galbées, le tracé du tatouage qui glisse le long de sa colonne vertébrale, ses fesses franchement attirantes.
Puis vient un dernier regard, un au revoir. Rideau. À la prochaine.
Marié, peut-être, aucune alliance. En couple ou célibataire ? Impossible à dire. Hétéro ou homo ? Mystère. Drague en suspens ? Je n’en suis pas certain. Une histoire possible ? Peu probable.
Ces moments sont pourtant intensément attendus. Ils excitent, ils appellent. Mais l’ambiguïté de ces instants me suffit encore, pour le moment. Je me demande seulement jusqu’où je serais prêt à aller si un signe apparaissait. Est-ce que je le veux vraiment, d’ailleurs ? Peut-être pas entièrement. Ou juste assez pour ne pas refuser si l’occasion se présentait. Un geste franc, un mouvement sans appel, et je pourrais bien répondre, franchir la distance restante.
Jusqu’à présent, je me suis refusé la grande artillerie. Après tout, certaines attentes sont souvent plus troublantes que leur aboutissement. Je me contente d’observer, de ressentir, et de laisser le désir esquisser sa propre trajectoire… ou s’évanouir doucement.
3 commentaires:
Fonce. Qua ça marche ou pas, tu n'auras pas de regret !
Laisser durer sans que ça ne dure trop…
À la (re)lecture de ces 2 billets, je me demande si je ne suis pas plus curieux d’une suite à cette histoire que toi… 😉
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