Sérieux, le mot était lâché.
Elle me brandit le sachet comme si elle me remettait une relique sacrée. Je proteste. Par principe, parce que je suis un homme rationnel et légèrement de mauvaise foi. Mais j’aime la manière qu’elle a de vouloir réparer le monde en commençant par moi.
Toujours inquiétant, les « tu verras ».
Une fois la prêtresse repartie invoquer les éléments vers ses clairières énergétiques, j’ai oublié le machin à l’argile au fond du frigo entre des carottes en fin de règne et un concombre en pleine dépression liquide. Ce qui, avec le recul, est déjà une victoire car c’est un miracle que je ne l’aie pas tartiné sur un toast un soir de désespoir.
Puis, la semaine dernière, je l’ai retrouvé. Il m’attendait. Je me suis dit que ce serait drôle d’essayer. Grave erreur ou excellente idée ? Je ne sais toujours pas.
Je me suis appliqué le machin à l’argile. Déjà, la texture évoquait une boue décidée à ne coopérer avec aucune structure faciale humaine, obéissant avec une détermination admirable à la gravité. J’ai donc dû aller pisser, puis me coucher, la tête inclinée à 90 degrés, comme un gisant médiéval perdu au fond d’une cathédrale humide.
Allongé là, immobile, je me suis fait une réflexion tout à fait raisonnable : si je mourais cette nuit, que dirait le rapport des secours.
« Sujet retrouvé allongé, teint verdâtre, expression figée. Probablement transformation inachevée. »
Je ressemblais à un mélange entre une statue oubliée et…
Le masque de boue n’a rien transformé mais le fou rire, lui, a tout changé. Le genre de fou rire qui nettoie plus sûrement que l’argile.


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