mardi 2 novembre 2010

Chaque matin, un nouveau con se lève

Mi-août 2010

Encore une fois en retard, Mo. m’attendait patiemment à la sortie du métro, planté dans ses Dock’s Martin ; pas vraiment souriant. Apparemment c’était un jour « sans » . Il était 19h00 et il faisait encore une chaleur écrasante. Nous avons profité d’un peu d’ombre sous un arbre. Lui sur le banc et moi assit sur le dossier. La position était suggestive, pas trop mais assez pour laisser peu de doutes sur notre orientation sexuelle bien qu’il n’y ait rien entre nous. Il avait déjà manifestement un peu bu et dans ces conditions il devient très tactile. Nous discutions quand à quelques mètres, un mec s’apprête à passer devant nous. A son regard, je sens qu’il va se passer quelque chose et ma façon de me raidir me donne l’intuition que ça ne va pas être « cool ». Effectivement, il passe à notre niveau et murmure de manière audible : « sales PD ». Avant même que j’ai pu réagir ou même le retenir, Mo. redresse la tête, se lève et lance au mec qui nous a dépassé : « Qu’est-ce que ça peut te foutre qu’on soit PD, c’est pas toi qu’on encule ». Deux mots surgissent dans ma tête : « OH PUTAIN !» Là, le type en question se retourne et se rapproche, il commence à nous déblatérer un tas d’insultes incluant tout le vocabulaire homophobe à sa disposition. Je constate d’ailleurs, non sans plaisir, qu’il en connaît un sacré rayon sur les pratiques sexuelles masculines, j‘étais même à deux doigts d‘un début d‘érection. J’avais un peu peur qu’ils en viennent aux mains mais Mo. m’épate pour ça. Fort d’un physique quelque peu intimidant et une fois sa petite bulle sortie, il peut occulter complètement ce qui vient de se passer. Aussi, il était déjà assis continuant notre discussion, laissant notre protagoniste seul avec son monologue. Face à notre indifférence et commençant, je pense, à paraître un tantinet ridicule, il a finit par se barrer. Il y a encore quelques années, je l’aurais peut-être ouverte mais maintenant, par lassitude de certains comportements ou peut-être par lâcheté (j‘en sais rien), je n’ai pas répliqué en me disant comme souvent : « place aux cons ». Quand je croise certaines grandes gueules dans la rue avec leur petite amie, leur femme ou copains de rugby, ayant toujours « une bonne petite blague homo lourding » à raconter ou un mec un peu efféminé à singer comme un abruti et, qui changent de trottoirs, baisse la tête ou détourne le regard parce que la veille je les ai croisés dans des lieux, toute bite dehors, la bouche ou le cul grand ouvert, dans des situations parfois plus que compromettantes, cocasses et perverses, je me dis : « toi mon pauvre gars, tu ne devrais pas trop la ramener ». Mais je m‘abstiens de tout jugement sur la personne. Je peux comprendre certains comportements conditionnés par une éducation, une religion ou je ne sais quel autre précepte du genre « tu seras un homme mon fils » ou « C‘est un pêché qui t‘enverra tout droit griller en enfer». D’autres goûtent à des plaisirs et des envies avec une culpabilité qu‘ils n‘arrivent pas à assumer après. Quoiqu’il en soit, cela ne justifie en rien de s’en prendre aux autres, de manière haineuse, complètement gratuite et provocante. Bref, la phrase "Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c’est leur connerie, pas leurs différences" n'aura jamais été plus d'actualité.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Ca confirme encore une fois que ce que l'humain fait de mieux; le mal. Le silence est peut-être comme tu la fais si bien le meilleur des mépris. Personnellement je n'y arrive pas, et lorsque j' entend ces blagues 'salasses' d'une de mes oreilles, je me me lasse pas de leur répondre que cette différence sur terre on ne la mérite pas avec des gens comme eux.
Au plaisir de te lire.
http://poudrededen.blogspot.com

bebear-beboy a dit…

chaque jour, un nouveau con se lève et ... heureusement il est souvent couché quand nous sortons !! lol je comprends ta lassitude, on ne se bat pas contre des moulins à vent, il vaut mieux garder son énergie pour vivre sa vie comme on l'entend ... et avancer quels que soient les jugements ...

[Nicolas] a dit…

@ Anonyme lol : Sans altruisme mais avec conviction je pense qu'il est bon de continuer à croire en l'être humain.

@ Akenaboy : je pense qu'effectivement nous sommes notre propre juge et je partage ton opinion quant à ne pas se faire pourrir la vie par des situations énergétivores.